Khodorkovski plaide non coupable, son ex-juriste libérée

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Romandie News a repris aujourd'hui 21 avril une dépêche d'AFP annonçant que l'ex-patron du géant pétrolier russe Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, a plaidé non coupable mardi dans son nouveau procès, tandis qu'une ex-juriste du groupe obtenait sa libération anticipée, dans un timide signe de libéralisation. Apparaissant derrière une vitre blindée, l'ex-homme le plus riche de la Russie a plaidé "non coupable" à la fin de la lecture de l'acte d'accusation qui a duré huit jours, tout comme son ancien associé et co-accusé Platon Lebedev. "Du point de vue du droit pénal, ce n'est pas un acte d'accusation, c'est un faux schizophrénique", a déclaré M. Lebedev.
 
h_4_ill_1162844_bb8a_mik.jpgLes deux hommes, déjà condamnés en 2005 à huit ans de prison pour escroquerie à grande échelle et évasion fiscale, comparaissent de nouveau depuis le 3 mars devant un tribunal à Moscou dans un procès qu'ils qualifient de farce judiciaire et politique.

Ils sont accusés cette fois-ci pour le détournement et la revente illégale de pétrole pour une valeur d'environ 900 milliards de roubles, soit quelque 20 milliards de dollars, des faits concernant la période 1998-2004, et encourent chacun plus de vingt ans de prison supplémentaire.

L'accusation de vol de pétrole "est complètement ridicule", a lancé mardi M. Khodorkovski, affirmant que le fait n'avait pas été "avéré" et qu'il avait toujours "agi dans le cadre de la loi".

Il a estimé que ce procès était une "conspiration de bureaucrates minables", d'"intérêts mercenaires, contraires aux intérêts du pays et de la justice".

Au fil des procès Ioukos, la défense a toujours dénoncé une opération du pouvoir visant à récupérer les précieux actifs du groupe et à neutraliser un homme d'affaires jugé trop influent et indépendant.

Au même moment, un tribunal de Moscou s'est prononcé en faveur d'une libération anticipée de Svetlana Bakhmina, ex-juriste de Ioukos, condamnée pour évasion fiscale.

Mme Bakhmina, mère de trois enfants en bas âge et qui a déjà purgé plus de la moitié de sa peine de six ans et six mois, s'était vu refuser en septembre une libération anticipée en vue de laquelle elle avait reconnu sa culpabilité et s'était repentie.

"On avait prédit qu'au départ, les autorités n'agiraient pas, après la campagne féroce de l'opinion publique pour sa libération, pour ne pas faire preuve de faiblesse, mais que quelques mois plus tard elle serait libérée", a commenté l'éditorialiste Ioulia Latynina.

Mais pour la sociologue Olga Krychtanovskaïa, de l'Académie des sciences, cette décision est "un signal politique". "Ces derniers mois, les autorités ont fait des pas certes petits, mais clairs, vers une libéralisation", a-t-elle estimé.

On observe des "tentatives de rétablir l'image de marque du président russe comme étant un homme politique libéral", avec une multiplication "des interviews, des rencontres avec les défenseurs des droits de l'Homme", a confirmé Oleg Orlov, président de l'ONG russe Memorial.

"Et maintenant, on va dire qu'il a libéré Svetlana Barkhmina", ajoute-t-il en jugeant toutefois l'opération "artificielle".

Des ouvertures qui n'ont pas échappé à M. Khodorkovski.

"Le nouveau procès Ioukos est un symbole politique important: où va aller le pays dans les années à venir, comment il sera perçu dans le monde, à quel point les bureaucrates seront autorisés à privatiser le pays, le système judiciaire, les forces de l'ordre", a-t-il dit.Toutefois, selon Mme Krychtanovskaïa, les espoirs d'un jugement clément pour M. Khodorkovski sont plus ténus. "Ce serait un pas radical, qui changerait sérieusement la situation", a souligné l'analyste, jugeant que les pouvoirs n'étaient pas prêts à de telles avancées.

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