February 2009 Archives

L'AFP a annoncé aujourd'hui que l'ex-patron du groupe pétrolier russe Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, a été transféré de Sibérie à Moscou où se tiendront à partir du 3 mars des "audiences préliminaires" dans le cadre d'une nouvelle affaire pour laquelle il risque  22 ans et demi de prison supplémentaires.

Michail-Chodorkwoski.jpg

Condamné en 2005 à huit ans pour fraude fiscale et escroquerie à grande échelle, Mikhaïl Khodorkovski a été transféré mardi dans la prison moscovite Matrosskaïa Tichina pour être jugé cette fois-ci pour "détournement de biens", "détournement de fonds" et pour des "opérations financières illégales"."Le détournement de biens et de fonds est passible d'au maximum 10 ans de prison et les opérations illégales de 15 ans, mais la peine cumulée ne devant pas dépasser 150% de cette dernière, il risque donc 22 ans et demi de prison supplémentaires", a indiqué à l'AFP le porte-parole d e sa défense Maksim Dbar.

Tueurs à gages

| No Comments | No TrackBacks
Le quotiden Le Monde fait état, hier 21 février, de la triste statistique: depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, en 2000, dix-huit journalistes l'ont payé de leur vie. Aujourd'hui comme hier, en Russie, ceux qui osent défier le Kremlin sont harcelés, mis en prison, battus, tués. Qui veut critiquer, enquêter ou revendiquer ses droits risque la mort.
 

Comment un pays où la vie humaine, la liberté et la justice sont à ce point méprisées peut-il prétendre rejoindre le choeur des nations démocratiques ? Comment prendre au sérieux la proposition du président Medvedev de "nouvel ordre de sécurité en Europe" quand les autocrates qui dirigent la Russie piétinent aussi ostensiblement les valeurs fondamentales de l'Europe, s'interroge Le Monde.

Quand Moscou fait sa com'

| No Comments | No TrackBacks

Dans l'édition du quotidien Le Monde datée d'aujourd'hui, Piotr Smolar analyse la tentative du pouvoir russe d'améliorer son image, sérieusement écornée dans les médias occidentaux. Mais le recours aux relations publiques peut-il faire des miracles? Est-il possible de maquiller la brutalité en bonne volonté,la culture de l'opacité en transparence, s'interroge Piotr Smolar. Il est permis de douter que les conseillers occidentaux de "PR"  peuvent modifier l'image persistante de l'économie russe : droits de propriété non garantis, absence de transparence actionnariale, système bancaire non réformé, ...

mbk021709.jpg

Au mois de janvier, la note de téléphone a été salée à GPlus Europe. Plusieurs dizaines de fois par jour, au pic de la crise gazière entre l'Ukraine et la Russie, les experts de cette société de relations publiques basée à Londres et Bruxelles ont été en ligne avec le Kremlin et le siège du gouvernement à Moscou. A l'autre bout du fil, devant leurs ordinateurs, s'affairaient les plus hauts responsables russes chargés de la communication auprès de Dmitri Med vedev et de Vladimir Poutine. Leur objectif : être réactifs ; dénoncer la responsabilité de Kiev dans le contentieux ; alimenter la presse mondiale. C'est fait : la Russie est entrée dans l'ère des "PR", les public relations.

L'Agence France Presse indique 17 février dans une dépêche que le Parquet russe a annoncé lundi qu'il allait transmettre dans les prochaines heures ses conclusions au tribunal Khamovniki de Moscou, ouvrant la voie à un nouveau procès. Le ministère public a fait savoir dans un communiqué que M. Khodorkovski et son ancien associé, Platon Lebedev, condamnés en 2005 à huit ans de prison, allaient être poursuivis pour "détournement de biens", "détournement de fonds" et pour des "opérations financières illégales".

khodorkovski.jpg

"Aujourd'hui (mardi), l'affaire criminelle avec les conclusions définitives de l'accusation ont été transmises au tribunal Khamovniki de Moscou pour être étudiée sur le fond", a indiqué le comité d'enquête du parquet dans un communiqué."Je suis sûr que les preuves rassemblées ne laissent planer aucun doute sur la culpabilité de Khodorkovski et Lebedev", a pour sa part dit le Procureur général de Russie, Iouri Tchaïka, dans un entretien à paraître mercredi dans le journal Rossiskaïa Gazeta et dont Interfax a publié des extraits mardi.

Les avocats de MM. Khodorkovski et Lebedev ont pour leur part indiqué avoir reçu les 14 volumes de l'acte d'accusation signé par le procureur général adjoint, Victor Grinia."Les bureaucrates des forces de l'ordre ont perdu plusieurs années, d'énormes sommes d'argent appartenant à l'Etat et une énorme part de leur réputation pour fabriquer ces accusations notoirement ridicules", commente la défense des deux détenus dans un communiqué. 

Fabrice Nodé-Langlois, le correspondant du Figaro à Moscou, soumet aujourd'hui sur son blog "Echos de Russie" quelques réflexions sur  les droits de l'homme, provoquées par les vifs échanges sur «l'État de droit»  entre Vladimir Poutine et José Manuel Barroso.
 
barrosoputin020609.jpg

 

Vladimir Poutine et José Manuel Barroso nous ont joué un match de ping pong sur le terrain des droits de l'homme. Un match comme il s'en dispute régulièrement entre l'homme fort de la Russie et des dirigeants occidentaux.

Dans l'article du quotidien le Figaro daté du 6 février Fabrice Nodé-Langlois analyse une rencontre russo-européenne entre José Manuel Barroso et Vladmir Poutine. Venu à Moscou pour parler énergie, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a eu de vifs échanges sur «l'État de droit» avec Le premier ministre russe, lors de la conférence de presse finale, vendredi.

PutinBarrosoAFP.jpg

Les droits de l'homme ont une fois de plus crispé un échange entre Vladimir Poutine et un dirigeant européen. José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, est venu vendredi à Moscou flanqué de neuf commissaires pour rencontrer le chef du gouvernement russe et plusieurs ministres. Au menu de ce «Bruxelles-Moscou» délaissé depuis trois ans : la sécurité énergétique après la «guerre du gaz», la crise économique, le futur accord de partenariat Russie-UE.

Dans l'édition du quotidien Le Monde datée d'aujourd'hui Michel Bezat et Marie Jégo s'interrogent sur les conséquences de la rupture du pacte d'actionnaires qui liait, depuis 2001, l'allemand Siemens au français Areva dans la fabrication des réacteurs. Désormais, l'Allemagne semble en effet se tourner vers la Russie pour développer ce secteur stratégique - au-delà des accords industriels ponctuels qui existent déjà entre le conglomérat de Munich et l'agence atomique russe (Rosatom). Est ce que ce developpemnet favorise les desseins de M. Poutine, dont la démarche est aussi politique qu'économique : diviser les Européens tout en renforçant les capacités exportatrices de la Russie dans le domaine énergétique?

Merkel%26Medwedew11.jpg

"Nous sommes prêts à passer de la réalisation de projets au cas par cas à un partenariat d'envergure entre Siemens et Rosatom, qui pourrait activement travailler en Russie, Allemagne et dans des pays tiers", a indiqué le premier ministre russe, Vladimir Poutine, au président du directoire de Siemens, Peter Löscher, mardi 3 février, en marge d'une réunion des cadres dirigeants de Siemens à Moscou.