
Alexandre Cèdre s'interroge aujourd'hui 6 novembre dans Le Figaro sur les mesures destinées à renforcer la démocratie, proposées mercredi par le président Medvedev. Dans son discours à la nation Dmitri Medvedev est revenu sur sa politique anticorruption et a révélé ses mesures destinées à renforcer l'influence de la société civile. Mais, paradoxalement, la proposition phare de cette réforme vise le chef du Kremlin lui-même : élu en mars dernier pour quatre ans, Dmitri Medvedev propose d'allonger le mandat présidentiel à six ans. Mais est ce que cette modification de la durée du mandat présidentiel sera vraiment une bonne moyen de renforcer la démocratie? Selon Alexandre Cèdre, Medevedev s'est montré assez évasif sur le sujet.
Intarissable pendant son discours de près d'une heure et demie sur la nécessité de renforcer la démocratie, Dmitri Medvedev s'est néanmoins peu étendu sur les raisons d'allonger le mandat présidentiel. Le chef du Kremlin a en fait inclus cette proposition surprise dans un ensemble plus large de mesures. Il veut notamment ouvrir davantage la scène politique aux ONG, invitées à participer plus étroitement au travail législatif. Les petits partis d'opposition devront être garantis d'avoir une présence à la Douma. Ils n'avaient pas réussi à se faire élire lors des dernières législatives. Une situation qualifiée par Dmitri Medvedev «d'injuste et qui doit être corrigée». Il a cependant refusé de défendre une proposition de l'opposition suggérant un abaissement, de 7 % à 5 % des voix, du seuil minimal nécessaire aux élections pour qu'un parti entre à la Douma. Le chef du Kremlin s'est contenté d'affirmer que ces partis doivent être représentés par «un ou deux députés». Sans donner plus de détail. Dmitri Medvedev s'est montré tout aussi évasif sur les moyens pratiques de ses autres réformes : élargir les droits constitutionnels du Parlement, contraindre le gouvernement à rendre devant la Douma des comptes annuels sur son activité, assouplir les règles d'enregistrement des partis.
Alléger la bureaucratie
«Il faut des amendements importants ne touchant pas à l'essence politique ou légale des institutions existantes mais destinés à rendre la Constitution plus précise», a déclaré Dmitri Medvedev, très en verve aussi sur la nécessité d'alléger une bureaucratie «nourrissant une seule chose, la corruption, et un mépris généralisé de la loi». Par le passé, Vladimir Poutine, son prédécesseur au Kremlin devenu un influent premier ministre, avait pareillement condamné la corruption et les insuffisances de la société civile. Mais, outre la création d'une Chambre publique, peu de mesures avaient été prises pour changer la situation. Au contraire : le Kremlin avait supprimé l'élection des gouverneurs régionaux et réduit considérablement l'indépendance de la presse. Des réformes clefs de la présidence Poutine auxquelles n'a pas voulu toucher Dmitri Medvedev, un dauphin encore très respectueux du «père».
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