Le fils d'Anna Politkovskaïa à Paris pour le deuxième anniversaire de l'assassinat de sa mère

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Dans l'édition d'aujourd'hui du Figaro, la journaliste Laure Mandeville rend hommage à Anna Politkovskaïa, la fameuse journaliste russe assassinée il y a deux ans, après avoir écris un livre qui dénonçait la brutalité de la campagne menée en Tchétchénie. Le procès devrait s'ouvrir ces jours-ci. Mais le commanditaire reste inconnu et l'exécutant final en fuite. Le fils d'Anna, Ilia, est actuellement à Paris à l'invitation de Reporters Sans Frontières.

Deux ans après l'assassinat de la célèbre journaliste d'opposition Anna Politkovskaïa, abattue froidement en plein jour, son fils Ilia, 30 ans, est persuadé que les personnes mises en cause par le parquet général, font bien partie d'un même groupe criminel qui a organisé l'assassinat de sa mère. «Il s'agit l0 d'un point de vue purement personnel, et certainement pas fondé juridiquement», s'em­presse-t-il de dire. Alors que le journal d'Anna, Novaïa Gazeta, a mené sa propre enquête sur le meurtre, le dossier judiciaire a été transmis jeudi 2 octobre à un tribunal militaire qui devrait juger deux Tchétchènes, les frères Djabraïl et Ibraguim Makhmoudov, un ancien policier russe Sergueï Khadjikourbanov et l'an­cien officier du FSB Pavel Riagouzov, soupçonné d'avoir fourni l'adresse de la journaliste. La justice russe affirme que le tireur qui a abattu Anna s'est réfugié à l'étranger. Autant dire que «c'est loin d'être la fin» du combat, confiait vendredi Ilia Politkovski à Paris. Une «infime partie de l'affaire sera jugée au tribunal» car «l'exécuteur et les commanditaires ne seront pas sur le banc des accusés», disait-il, dénonçant l'interférence «probable de collaborateurs du FSB … isolés».
«Accord silencieux»
«Les médias occidentaux font un amalgame en affirmant que “ le régime de Vladimir Poutine a tué Anna Politkovskaïa”» , remarque Ilia. «Ce que l'on peut dire, c'est que ce régime, par le contexte politique qu'il a créé, a rendu possible l'assassinat de ma mère», dit-il, avec cette précision qu'il a héritée de la journaliste russe la plus cé lèbre au monde. «Nous n'avons, pour l'instant, aucune preuve de la culpabilité du régime», insiste le jeune homme. Les trouver serait une entreprise bien improbable, selon lui. Car si les autorités russes ou tchétchènes ont été impliquées, elles n'ont sans doute jamais donné d'ordre précis. «C'est par un accord silencieux que les ordres sont donnés ici», dénonce le fils d'Anna Politkovskaïa, dont un livre posthume poignant sort ces jours-ci chez Buchet-Chastel. «On donne carte blanche aux autorités locales et on ferme les yeux sur leurs dérives. C'est le prix payé pour la loyauté des subordonnés», juge Ilia, qui «n'exclut pas» une implication du dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov. Une plainte a été déposée par la famille Politkovski contre l'État russe à la Cour européenne des droits de l'homme, «pour droit à la vie», au motif qu'Anna n'avait pas reçu la protection nécessaire alors qu'elle vivait sous la menace.
Depuis la mort d'Anna, la situation des médias russes est loin de s'arranger. Fin août, le patron de la radio Écho de Moscou, Alexeï Venediktov, a été convoqué par Vladimir Poutine, qui l'a mis en garde après sa couverture, prétendument antirusse, de la crise géorgienne. Le 31 août, le patron d'un site Web ingouche d'opposition, Magomed Evloev était assassiné. L'élection de Medvedev à la présidence russe «n'a rien changé», souligne le patron de Reporters sans frontières, Jean-François Julliard.

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