October 2008 Archives

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L'agence russe RIA Novosti a repris le 25 octobre un communiqué de l'administration Bush, qui a de nouveau affirmé, à l'occasion du cinquième anniversaire de l'incarcération de Mikhaïl Khodorkovski, que l'affaire Ioukos avait profondément mis à mal la réputation de la Russie.

"Le 25 octobre sera le cinquième anniversaire de l'arrestation de Mikhaïl Khodorkovski, PDG de la compagnie pétrolière Ioukos. Le traitement des poursuites engagées contre ce dernier et ses proches a miné la réputation de la Russie ainsi que la confiance de la société russe envers ses institutions judiciaires", lit-on dans une déclaration diffusée par Robert A. Wood, porte-parole du département d'Etat américain. Selon lui, "l'affaire continue de susciter de sérieuses questions autour de l'usage de la loi et du système judiciaire russe".

"Nous appelons la Russie à garantir à tous les accusés des audiences justes et équitables, basées sur un usage convenable de la loi, ce qui est capital pour la croissance économique et la réputation d'un grand pays", poursuit le document, en allusion à un procès considéré par l'Occident comme inspiré par le Kremlin et qui a ébranlé la confiance des investisseurs étrangers envers la Russie.

Le document rappelle que M. Khodorkovski a réalisé une demande en grâce qui lui a été refusée le 16 octobre dernier, et que la demande de son ancienne juriste Svetlana Bakhmina, mère de deux enfants et enceinte de huit mois, avait connu le même sort récemment. En outre, la détention de l'ancien vice-président de Ioukos Vassili Aleksanian, séropositif et atteint du cancer, a été prolongée sans qu'il se soit vu présenter d'acte d'accusation. Le document précise enfin que Washington attend les conclusions d'une enquête entourant des traces de mercure découvertes dans la voiture de l'avocate Karina Moskalenko, qui s'occupe de l'affaire Ioukos et proche de l'affaire Politkovskaïa. Celle-ci s'était récemment plainte d'avoir fait l'objet de tentatives d'intimidation.

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Dans l'édition datée du 24 octobre du quotidien Le Monde, Marie Jégo rappelle le traitemenet cruel des prisonniers de l'affaire Ioukos, la société pétrolière démantelée de Mikhaïl Khodorkovski. Elle souligne aussi la mobilisation de la société civile pour demander la grâce de Svetlana Bakhmina, mère de deux enfants en bas âge et enceinte de sept mois. Cette ex-juriste de Ioukos, purge actuellement une peine de six ans dans une colonie pénitentiaire de Mordovie, à 600 km à l'est de Moscou. Près de soixante mille personnes - parmi lesquelles les écrivains Boris Akounine et Dmitri Bykov, l'ancien ministre de l'économie Evgueni Iassine, les avocats Guenri Reznik et Alexeï Koutcherena - ont adressé une lettre au président russe, Dmitri Medvedev pour demander sa libération.

Condamnée en 2005 à six ans et six mois de prison pour fraude fiscale, Svetlana Bakhmina, 39 ans, a déjà purgé la moitié de sa peine. En septembre, sa demande de libération anticipée a toutefois été rejetée par un tribunal malgré l'avis favorable de l'administration pénitentiaire et bien qu'elle se soit "repentie", comme l'a souligné Roman Golovkine, son avocat. Après ce refus, la détenue a adressé une demande de grâce au président Medvedev. "Je suis bien déterminée à me corriger", écrit-elle.

"PAS ASSEZ RÉÉDUQUÉ"
Une telle propension au repentir devrait finir par payer. Svetlana Bakhmina est en droit d'espérer la grâce, car "elle a reconnu sa faute", a expliqué, mardi 21 octobre, Sergueï Mironov, président du Conseil de la Fédération. Mais pour le moment, le Kremlin fait la sourde oreille.
La justice russe se montre inflexible sur les demandes de libération anticipée concernant les protagonistes de l'affaire Ioukos. L'ancien patron de la "major", Mikhaïl Khodorkovski, qui purge une peine de huit ans de prison à la frontière avec la Chine, a essuyé un refus en août. "Pas assez rééduqué", a tranché le tribunal, arguant du fait que l'ancien "golden boy" avait refusé un travail d'opérateur sur machine à coudre. Enfin Vassili Alexanian, un ancien vice-président de Ioukos atteint d'un cancer et du sida, a vu lui aussi sa demande de mise en liberté refusée. Un tribunal moscovite a estimé qu'il devait être maintenu sous bonne garde à l'hôpital où il est soigné jusqu'à son procès. Selon la juge, ses crimes - détournement de fonds et évasion fiscale - "sont un grand danger pour la société". Un léger progrès est toutefois à noter. Depuis quelque temps, cet ancien avocat diplômé de Harvard, devenu aveugle pendant sa détention, n'est plus attaché à son lit.

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Dans l'édition d'aujourd'hui du quotidien Le Monde Pierre Briançon remarque que les oligarques russes qui se pressent au guichet ouvert par le Kremlin pour aider l'économie en déroute pourraient s'apercevoir bientôt que rien n'est gratuit. Vladimir Poutine avait déjà rétabli la mainmise du gouvernement sur l'industrie du pétrole et du gaz, et réduit les oligarques à l'obéissance. Mais, selon Briançon la mainmise du Kremlin sur l'économie devrait encore s'étendre.

Le gouvernement n'a pas bronché quand Oleg Deripaska, hier encore l'homme le plus riche de Russie, a dû se défaire de sa participation dans un fabricant canadien de pièces détachées automobiles au profit de BNP Paribas, qui avait financé l'acquisition. Mais l'indifférence n'est plus de mise quand Alisher Usmanov doit refinancer en catastrophe sa participation de 1,5 % dans Gazprom, que la Dresdner Bank menace de saisir. Si 50 milliards de dollars ne suffisent pas, le gouvernement russe peut aussi acheter des actions sur le marché - ce qu'il fait actuellement pour, officiellement, soutenir les cours. Mais si la situation retourne un jour à la normale, le Kremlin utilisera ces participations pour restructurer l'industrie et la banque conformément à ses impératifs. La Russie a encore assez de fonds pour financer ce redéploiement de la richesse nationale. Mais ses réserves sont tombées à 530 milliards de dollars, contre 600 milliards en 2007. Et les prix actuels du pétrole, autour de 70 dollars le baril, ne permettent plus d'équilibrer le budget de l'Etat. S'ils continuent de baisser, Moscou pourrait ne plus pouvoir réorganiser l'économie selon ses volontés. Enfin une bonne nouvelle...

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Le site russe Izbrannoe, composé de blogs et d’articles de “journalisme citoyen” appelle à écrire au Président russe Medvedev pour demander la libération de Svetlana Bakhmina, l'une des collaboratrices de Mikhaïl Khodorkovski, en prison depuis 1409 jours. Fabrice Nodé-Langlois, le correspondant du Figaro à Moscou, annonce sur son blog que l'une des personnes demandant indirectement sur ce site au président Dmitri Medvedev d'user de son droit de grâce pour permettre la libération de Bakhmina, n'est autre que Mikhaïl Gorbatchev, le dernier président soviétique.

Mère de deux enfants, enceinte de sept mois, Svetlana Bakhmina a purgé la moitié de sa peine. Depuis quelques jours, une pétition recueille les signatures d'internautes, de Russie et d'ailleurs, réclamant la libération de la mère de famille, que certaines associations comme Amnesty considèrent comme une prisonnière politlique, au même titre que Khodorkovski. La pétition a recueilli ce jeudi après-midi plus de 33000 signatures. Ce mode de mobilisation est encore très rare en Russie sur un sujet aussi politiquement sensible.
Gorbatchev ne se pose pas en opposant au régime qu'il soutient régulièrement par des prises de position. Il rappelait la semaine dernière dans le quotidien italien la Repubblica que "la Russie avance vers la démocratie à sa manière et elle n'en est qu'à mi-chemin" et dénonçait les "leçons occidentales" adressées à Moscou comme "contreproductives".
Le père de la perestroïka et de la glasnost, peu populaire dans son pays, marque cependant sa différence avec le régime de Medvedev et Poutine sur les libertés. Par exemple en étant devenu le copropriétaire du journal Novaïa Gazeta où travaillait la journaliste assassinée Anna Politkovskaïa. Il vient par ailleurs d'annoncer la fondation d'un nouveau parti, provisoirement appelé parti démocratique indépendant, avec Alexandre Lebedev, le banquier co-actionnaire de Novaïa Gazeta.

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L'AFP a diffusé aujourd'hui cette information, présente également sur les sites Internet russe, concernant l'avocate Karina Moskalenko, dont les principaux clients sont la famille d'Anna Politkovskaïa, Mikhaïl Khodorkovski et Garry Kasparov.

Karinna Moskalenko, une avocate russe qui défend ses clients devant la Cour européenne des droits de l'homme, a porté plainte après la découverte d'une substance ressemblant à du mercure dans son véhicule, a-t-on appris mardi de source judiciaire française. L'avocate, qui représente également la famille de la journaliste russe assassinée Anna Politkovskaïa, a affirmé avoir été victime d'une tentative d'empoisonnement par "une substance ressemblant à du mercure", découverte lundi dans sa voiture par son mari. Si l'hypothèse d'une tentative d'empoisonnement était confirmée, l'affaire ne manquerait pas de rappeler l'empoisonnement mortel au polonium radioactif à Londres en novembre 2006 d'Alexandre Litvinenko, ancien agent des services secrets russes devenu opposant du Kremlin. Me Moskalenko, qui plaide entre autres devant la Cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg, s'est refusée mardi à plus de commentaires tant que "la police (française) n'aura pas rendu ses conclusions". Elle a toutefois pu indiquer que "hier (lundi), mon mari a découvert dans la voiture une grande quantité de substance ressemblant à du mercure". "Je me sens de moins en moins bien. Mes enfants se sentent mal également", a-t-elle ajouté. Le procureur adjoint du tribunal de Strasbourg, Claude Palpacuer, a confirmé que l'avocate a fait part à la police de ses inquiétudes après la découverte dans sa voiture d'une substance ressemblant à du mercure. Me Moskalenko "a été soumise à des examens" mardi matin dans un hôpital de Strasbourg ainsi que ses proches qui ont été en contact avec la substance, selon le magistrat. Une première analyse en laboratoire indiquait mardi en début d'après-midi qu'il "pourrait s'agir" de mercure "mais cela reste à confirmer par une seconde analyse", a-t-il précisé. De même source, on précise que les quantités retrouvées "ne seraient pas suffisantes" pour entraîner un problème sanitaire grave. L'enquête a été confiée à l'antenne régionale de la police judiciaire à Strasbourg. L'avocate a annulé sa participation mercredi à Moscou aux audiences préliminaires dans le procès des meurtriers de la journaliste russe Anna Politkovskaïa. "Elle ne sera pas à Moscou pour raison de santé" et parce qu'elle doit "témoigner dans le cadre de l'enquête" en France, a déclaré Anna Stavitskaïa, une autre avocate de la famille de Mme Politkovskaïa assassinée en octobre 2006. Selon elle, il peut s'agir d'une "tentative d'intimidation" à la veille des auditions. "Elle souffre de vertiges, de nausée et a les yeux qui pleurent", a-t-elle ajouté. Me Moskalenko a co-fondé en 1994 le Centre de la Protection Internationale de Moscou (CPI), une ONG qui s'est spécialisée dans la défense de détenus dans les prisons russes et les disparitions forcées en Tchétchénie.Elle aide des Tchétchènes à déposer une requête (plainte) devant la cour de Strasbourg qui montre régulièrement Moscou du doigt pour des violations des droits fondamentaux. Avec le CPI, elle défend aussi l'ex-champion du monde d'échecs et opposant russe Garry Kasparov et sa liberté d'expression, ou encore Mikhaïl Khodorkovski, le fondateur de la compagnie pétrolière Ioukos.

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Dans l'édition du Monde datée d'aujourd'hui, la journaliste Natalie Nougayrède analyse les pourparlers entre Nicolas Sarkozy et Dmitri Medvedev pendant la conférence d'Evian, mercredi 8 octobre. Elle souligne que les retrouvailles franco-russes se font dans une ambiance malaisée, à fleurets mouchetés. Ces dernières semaines, Moscou a poussé son avantage en se livrant à une interprétation maximaliste des textes de cessez-le-feu, ce qui a irrité le président français.

M. Sarkozy dit qu'il "ne regrette pas d'avoir fait le pari du dialogue avec Moscou", mais il a constaté que les négociations avaient été "longues" et que ce dialogue "n'allait pas de soi". La relation entre la Russie et l'UE "vient de traverser une rude épreuve", a-t-il observé, "la crise géorgienne a enfoncé un nouveau coin, profond, dans la confiance entre l'Europe et la Russie". Le président français a évoqué "les interrogations et les craintes sur les objectifs réels de la Russie, notamment vis-à-vis de ses voisins et sur les méthodes" qu'elle emploie. Il a ajouté que la Russie devait "lever l'ère des suspicions". "La Russie, a-t-il affirmé, dépend de l'Europe pour son développement économique et la sécurité des débouchés pour ses hydrocarbures."
Dans son discours, M. Medvedev a été clair sur l'un des objectifs russes, un "pacte de sécurité" pan-européen qu'il avait déjà proposé en juin, à Berlin. Il tire désormais argument des événements dans le Caucase, qui ont "démontré la justesse" de ce projet, car "l'OTAN-centrisme" n'a "pas pu prévenir" le conflit. Il a longuement fustigé "l'unilatéralisme" des Etats-Unis, notamment le projet américain de bouclier antimissile.
M. Sarkozy a répondu qu'il était "prêt à discuter" d'un tel "pacte de sécurité". Il a proposé que cela se fasse dans le cadre d'un "sommet" de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui pourrait être "convoqué à la fin de l'année 2009". Mais il a voulu poser des bornes au projet. Il a procédé à des rappels qui n'étaient pas sans évoquer les accords d'Helsinki de 1975.
"La démocratie et les droits de l'homme sont des facteurs essentiels" pour "une sécurité durable", a dit M. Sarkozy. Il a aussi émis comme condition "un renoncement définitif à l'ambition des "sphères d'influence"". Il a glissé que "l'"étranger proche" de la Russie est souvent, aussi, celui de l'Union européenne". Quant aux Etats-Unis, "amis et alliés" de l'Europe, ils "doivent être associés à ce dialogue", car "la sécurité de notre continent repose sur un lien transatlantique fort".
Après les discours, les deux chefs d'Etats ont déjeuné ensemble. Ils ont parlé des modalités des "discussions internationales" qui doivent s'ouvrir, le 15 octobre à Genève, sur la "sécurité et la stabilité" en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Aucun accord n'a été annoncé publiquement à Evian sur ce point, avant que chacun regagne sa capitale.

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L'ancien Président de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, a été placé en cellule de confinement, communément appelée "cachot", hier soir, et ce pour une période de douze jours, suite à la publication par l'édition russe de la célèbre revue américaine Esquire, d'une interview où il revenait sur les conditions de son premier procès et exprimait des opinions personnelles sur des sujets très divers.
Ce nouvel épisode éclaire d'un jour sombre la déclaration de Mikhaïl Khodorkovski lui-même, qui notait dans une récente interview au Figaro que certains signes positifs en matière de respect des droits de l'homme pouvaient être notés depuis l'arrivée à la Présidence de Dmitri Medvedev. Il insistait déjà sur la fragilité de ces progrès et indiquait qu'"auparavant, après une interview comme celle-ci (il) aurait été envoyé au cachot". C'est désormais chose faite...
Cette décision intervient alors que devait se tenir le 15 octobre l'appel du refus par les autorités pénitentiaires de lui accorder une remise en liberté conditionnelle, à laquelle il a droit, ayant purgé plus de la moitié de sa peine de prison.
Autre signe inquiétant: pour la septième (!) fois, les juges russes ont décidé il y a deux jours de reporter de trois mois sa détention préventive au titre d'un deuxième procès, au terme duquel il pourait se voir condamné, à l'issue d'un nouveau procès spectacle fondé sur tout sauf la justice, à 20 ans de prison supplémentaire.
Dans ces conditions, les avocats russe et internationaux de Mikhaïl Khodorkovski ont publié des communiqués mettant en évidence l'extraordinaire acharnement judiciaire, illustrant jusqu'à l'absurde le "nihilisme légal" cher à Dmitri Medvedev, dont leur client fait l'objet.
Vous trouverez ci dessous et/ou ci-joint:
- le communiqué (en anglais) publié par Robert Amsterdam, avocat international de Mikhaïl Khodorkovski Download file
-le communiqué (en russe) diffusé par Iouri Schmidt, avocat russe de Mikhaïl Khodorkovski Download file


- la dépêche AFP (en français)

- la dépêche de RIA Novosti (en français)
- l'interview de Mikhaïl Khodorkovski à la revue Esquire (en anglais et en russe)
- l'extrait de l'interview de Mikhaïl Khodorkovski au Figaro le 22 septembre dernier

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Dans l'édition d'aujourd'hui du Figaro, la journaliste Laure Mandeville rend hommage à Anna Politkovskaïa, la fameuse journaliste russe assassinée il y a deux ans, après avoir écris un livre qui dénonçait la brutalité de la campagne menée en Tchétchénie. Le procès devrait s'ouvrir ces jours-ci. Mais le commanditaire reste inconnu et l'exécutant final en fuite. Le fils d'Anna, Ilia, est actuellement à Paris à l'invitation de Reporters Sans Frontières.

Deux ans après l'assassinat de la célèbre journaliste d'opposition Anna Politkovskaïa, abattue froidement en plein jour, son fils Ilia, 30 ans, est persuadé que les personnes mises en cause par le parquet général, font bien partie d'un même groupe criminel qui a organisé l'assassinat de sa mère. «Il s'agit l0 d'un point de vue purement personnel, et certainement pas fondé juridiquement», s'em­presse-t-il de dire. Alors que le journal d'Anna, Novaïa Gazeta, a mené sa propre enquête sur le meurtre, le dossier judiciaire a été transmis jeudi 2 octobre à un tribunal militaire qui devrait juger deux Tchétchènes, les frères Djabraïl et Ibraguim Makhmoudov, un ancien policier russe Sergueï Khadjikourbanov et l'an­cien officier du FSB Pavel Riagouzov, soupçonné d'avoir fourni l'adresse de la journaliste. La justice russe affirme que le tireur qui a abattu Anna s'est réfugié à l'étranger. Autant dire que «c'est loin d'être la fin» du combat, confiait vendredi Ilia Politkovski à Paris. Une «infime partie de l'affaire sera jugée au tribunal» car «l'exécuteur et les commanditaires ne seront pas sur le banc des accusés», disait-il, dénonçant l'interférence «probable de collaborateurs du FSB … isolés».
«Accord silencieux»
«Les médias occidentaux font un amalgame en affirmant que “ le régime de Vladimir Poutine a tué Anna Politkovskaïa”» , remarque Ilia. «Ce que l'on peut dire, c'est que ce régime, par le contexte politique qu'il a créé, a rendu possible l'assassinat de ma mère», dit-il, avec cette précision qu'il a héritée de la journaliste russe la plus cé lèbre au monde. «Nous n'avons, pour l'instant, aucune preuve de la culpabilité du régime», insiste le jeune homme. Les trouver serait une entreprise bien improbable, selon lui. Car si les autorités russes ou tchétchènes ont été impliquées, elles n'ont sans doute jamais donné d'ordre précis. «C'est par un accord silencieux que les ordres sont donnés ici», dénonce le fils d'Anna Politkovskaïa, dont un livre posthume poignant sort ces jours-ci chez Buchet-Chastel. «On donne carte blanche aux autorités locales et on ferme les yeux sur leurs dérives. C'est le prix payé pour la loyauté des subordonnés», juge Ilia, qui «n'exclut pas» une implication du dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov. Une plainte a été déposée par la famille Politkovski contre l'État russe à la Cour européenne des droits de l'homme, «pour droit à la vie», au motif qu'Anna n'avait pas reçu la protection nécessaire alors qu'elle vivait sous la menace.
Depuis la mort d'Anna, la situation des médias russes est loin de s'arranger. Fin août, le patron de la radio Écho de Moscou, Alexeï Venediktov, a été convoqué par Vladimir Poutine, qui l'a mis en garde après sa couverture, prétendument antirusse, de la crise géorgienne. Le 31 août, le patron d'un site Web ingouche d'opposition, Magomed Evloev était assassiné. L'élection de Medvedev à la présidence russe «n'a rien changé», souligne le patron de Reporters sans frontières, Jean-François Julliard.

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Dans un article du quotidien Le Monde daté du 5 octobre, la correspondante à Moscou Marie Jégo analyse les conséquences de la crise financière mondiale, sur l'économie russe. La journaliste constate que entre mai et septembre, la Bourse russe a chuté de 58 %, le marché financier s'est grippé, des capitaux - entre 15 et 30 milliards de dollars (entre 11 et 22 milliards d'euros) selon les évaluations divergentes de la Banque centrale et du gouvernement - ont fui le pays... Vendredi 3 octobre, les cotations ont dû être suspendues à trois reprises sur le RTS, l'une des deux Bourses de Moscou, en raison d'une trop forte baisse. Est ce que les mesures adoptées par le gouvernement afin d' éviter le risque de faillite du système financier russe seront suffisantes ? Et quel impact aura la crise sur le développement de l'économie, s'interroge Marie Jégo.

La chute impressionnante de la Bourse doit cependant être remise en perspective. En Russie la capitalisation boursière est quinze fois inférieure à ce qu'elle est aux Etats-Unis. Née de facteurs internes (déboires du pétrolier TNK-BP, guerre en Géorgie) qui ont conduit à un désengagement des investisseurs cet été, la crise a pris un tour nouveau en septembre, affectant tout le système financier. Mais cette fois-ci les causes sont externes. "A l'heure qu'il est, la situation est la résultante de facteurs externes qui illustrent à quel point le marché russe est dépendant du marché mondial", explique Andreï Charonov, un des directeurs du fonds d'investissement Troïka Dialog. D'après lui, "la spécificité russe, c'est que les institutions financières n'ont pas été atteintes par la crise des subprimes, cette pilule empoisonnée. Nos marchés financiers vont néanmoins sérieusement souffrir des conséquences, car le marché boursier russe est dépendant des capitaux étrangers. Nous sommes confrontés à un vrai risque de manque de liquidités." A crise exceptionnelle, mesures exceptionnelles, l'Etat a décidé d'injecter l'équivalent de 180 milliards de dollars (130 milliards d'euros) dans l'économie. Dernière intervention en date, le gouvernement et la Banque centrale ont, lundi 29 septembre, mis 50 milliards de dollars à la disposition des banques et des entreprises russes. La Banque centrale a délégué la Vnechekonombank (VEB, l'équivalent de la Caisse de dépôts et consignations) pour prêter ces fonds aux entreprises endettées auprès d'entités étrangères, afin qu'elles puissent continuer à honorer leurs engagements. "L'action du gouvernement et de la Banque centrale est adaptée à la situation, sa pertinence doit être soulignée", estime Philippe Delpal, président de BNP Paribas Vostok à Moscou.
LA CROISSANCE RESTE FORTE
La crise qui touche le pays a beau être la plus importante depuis celle de 1998, elles ne peuvent être comparées. "Si on prend une photo de la Russie aujourd'hui, on a un Etat riche", rappelle le banquier français. Fort de la troisième réserve de change au monde, le pays a 563 milliards de dollars dans ses coffres, sans compter les 185 milliards de dollars du Fonds de stabilisation. La croissance reste forte (prévision de 5,7 % à 6 % pour 2008), le budget est en excédent depuis 2002, et, contrairement à 1998, l'Etat n'a pas de dettes. Mais il y a un paradoxe. Si la dette publique est insignifiante (30 milliards de dollars), celle des entreprises publiques (Gazprom, Rosneft et d'autres) a fortement augmenté ces cinq dernières années. Elle atteint aujourd'hui 440 milliards de dollars. Cette dette est payable avec des échéances à très court terme, à la fin de l'année 2008. Pour éviter un défaut, le gouvernement a dû injecter des liquidités dans le système. Les mesures adoptées ont évité le risque de faillite du système financier russe, mais seront-elles suffisantes ? Et quel impact aura la crise sur le développement de l'économie ? "Les conséquences négatives sont le risque d'inflation et la restriction de l'accès au crédit", prédit M. Charonov. Privées de crédits, les entreprises auront du mal à financer leurs nouveaux projets. C'est d'ores et déjà ce qui se passe dans le BTP, un des secteurs moteurs de la croissance. Toutefois la crise aura des effets bénéfiques, contribuant notamment à assainir le secteur bancaire. "Quelque 1 200 banques sont présentes en Russie, soit plus que dans toute l'Union européenne. Les trois quarts de ces banques sont faiblement capitalisées", fait remarquer M. Delpal. Selon des analystes, des faillites de banques moyennes ne sont pas à exclure. Mais cette fois-ci, contrairement à 1998, les dépôts bancaires sont assurés. Un système de mutualisation du risque fonctionne depuis 2004.

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Le Monde a repris hier 1er octobre une dépêche de l'AFP annonçant que le président russe, Dmitri Medvedev a promis que le retrait des troupes russes dites de maintien de la paix sera achevé le 10 octobre.

"D'ici au 10 octobre, les soldats (russes) de maintien de la paix se seront retirés du territoire de Géorgie", a déclaré M. Medvedev au cours d'une conférence de presse commune avec le Premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, à Strelna, près de Saint-Pétersbourg (nord). "La Russie a rempli tous ses engagements conformément au plan" de paix conclu avec le président en exercice de l'Union européenne, le Français Nicolas Sarkozy, a souligné M. Medvedev. "Nous ferons tout dans les délais prévus", a assuré le président russe. Ce retrait ne concerne cependant pas les régions séparatistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud, dont Moscou a reconnu l'indépendance. Une mission d'observateurs de l'UE a commencé ses patrou illes mercredi pour s'assurer du retrait russe de l'ouest et du centre de la Géorgie. Ces observateurs, non armés, sont chargés de surveiller le démantèlement des positions russes, puis de coordonner avec le ministère géorgien de l'Intérieur l'arrivée des policiers dans ces zones, de façon à ce qu'il n'y ait pas de vide et d'incidents. Tbilissi avait lancé début août une offensive militaire contre son territoire séparatiste pro-russe d'Ossétie du Sud, à laquelle Moscou avait riposté par l'envoi massif de troupes en territoire géorgien. Le chef du gouvernement espagnol a appelé à un rapprochement entre les Occidentaux et la Russie, dont les relations ont été mises à mal par la guerre russo-géorgienne d'août. "Je suis convaincu que la stabilité internationale rend nécessaire un rapprochement entre le monde, particulièrement l'Union européenne, et la Russie", a déclaré M. Zapatero au début de son entretien avec M. Medvedev.