August 2008 Archives

Putin112906.jpg

Dans un dossier remarquable, l'hebdomadaire Le Point publié hier s'attache à répondre à la question: "qui est le vrai patron en Russie?" La réponse du journaliste Marc Nexon est sans ambigüité: aujourd'hui, c'est encore Vladimir Poutine qui tire les ficelles, comme la crise géorgienne l'a bien montré. Le Point s'attache aussi à décrire un personnage clé: Igor Setchine.

Dmitri Medvedev le compte parmi ses pires ennemis. Son nom ? Igor Sechine, 47 ans, gueule de catcheur et homme de l'ombre par excellence. Jadis agent du KGB en poste au Mozambique et en Angola et aujourd'hui vice-Premier ministre. « C'est l'alter ego de Poutine », dit Alexeï Moukhine, directeur du Centre d'information politique. Sauf que Sechine n'a jamais aimé Medvedev, à ses yeux trop mou. « Je ne parle pas à cet idiot », aurait-il lancé il y a deux ans à l'adresse de Medvedev, en présence de Vladimir Poutine. Le nouveau président n'a pas oublié. Et veille à ce que Sechine soit marginalisé au sein du nouveau gouvernement. Erreur ! L'intéressé « s'approprie tous les dossiers sur l'énergie», confie un homme d'affaires européen. Sûr de son statut d'intouchable et de ses liens avec Poutine. Lioudmila Fomitcheva, ancienne porte-parole à la mairie de Saint-Pétersbourg, a bien connu les protagonistes lorsque Poutine travaillait à la mairie au début des années 90. Elle crayonne un schéma. « Medvedev était installé au deuxième étage , raconte-t-elle, et Sechine avait son bureau ici, tout près de celui de Poutine. Il était au courant de tout et beaucoup voulaient déjà le chasser... Mais personne n'y est parvenu. »

Time-putin-medvedev-thumb.jpg

Le Figaro a publié le 26 août un article qui s'interroge sur les méfaits à long terme du décret reconnaissant l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, signé hier par le président Medvedev. Faisant fi des promesses sur le respect de l'intégrité territoriale de la Géorgie, cette décision met Dmitri Medvedev frontalement en opposition avec l'Ouest. Le Figaro constate, que "l'annonce choc de Dmitri Medvedev confirme ainsi la victoire de la ligne dure au Kremlin".

«Nous n'avons peur de rien, y compris d'une guerre froide. Bien sûr nous ne la voulons pas», a-t-il confié à Russia Today, la chaîne d'information russe. «Si les Occidentaux veulent conserver de bonnes relations avec la Russie, ils comprendront les raisons de notre décision.» En revenant sur l'histoire du conflit, Dmitri Medevdev a expliqué la logique derrière son choix. «La Russie a en permanence fait preuve de calme et de patience. À plusieurs reprises nous avons appelé au retour à la table de négociation», a-t-il assuré tout en expliquant que la Russie aurait déjà par le passé pu reconnaître l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie. «Notre pays a agi en médiateur et en force de maintien de la paix (…) Les dirigeants géorgiens ont choisi une autre voie. (…) Ils ont méthodiquement préparé la guerre», a affirmé le chef du Kremlin. Il a de nouveau accusé le président géorgien Mikhaïl Saakachvili d'avoir violé la charte des Nations Unies et, en tentant le 8 août de prendre militairement le contrôle de l'Ossétie du Sud, «choisi le génocide pour atteindre des objectifs politiques». Bref, aux yeux de Moscou, cette reconnaissance était devenue «inévitable», comme l'a expliqué Sergeï Lavrov, le ministre des Affaire étrangères désormais en charge d'initier les relations diplomatiques avec l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie. «Nous n'avons pas peur de nous retrouver isolés», a-t-il lancé. Et il a rejeté tous les paradoxes de cette décision. Notamment au sujet de la Tchétchénie (contre laquelle la Russie a mené une guerre lorsqu'elle était devenue indépendante) et du Kosovo (dont Moscou a refusé de reconnaître l'indépendance).

«Menace d'un cataclysme mondia»
Tout en assurant que le Kremlin n'a aucun projet d'an-nexer les deux nouveaux États, Sergeï Lavrov a prévenu que des forces militaires supplémentaires y seront envoyées dans le cadre de l'opération de maintien de la paix. Possible premier pas vers des bases militaires, comme l'ont d'ailleurs déjà demandé certains dans les capitales des deux provinces. Le ministre a enfin répété son attachement à l'accord de paix négocié à Moscou par le président français Nicolas Sarkozy. Mais, alors que ce texte prévoit des négociations internationales sur le futur statut de l'Ossétie du sud et de l'Abkhazie, Moscou a pris les devants en reconnaissant leur indépendance. L'annonce choc de Dmitri Medvedev confirme ainsi la victoire de la ligne dure au Kremlin. Est d'ailleurs omniprésent dans les médias l'ambassadeur de la Russie à l'Otan, le nationaliste Dmitri Rogozine, qui a comparé la situation actuelle aux tensions précédant la Première Guerre mondiale. Certains s'interrogent cependant sur les méfaits à long terme. Mikhaïl Gorbatchev, l'ex-leader soviétique, a mis en garde contre une «nouvelle scission» et «la menace d'un cataclysme mondial». Vladimir Loukine, l'om-budsman des droits de l'homme, s'est inquiété de voir «brûlés les ponts pour de futures négociations». Tous deux ont soutenu la massive intervention militaire en Ossétie du Sud. Mais, voix à peine entendues, ils redoutent aujourd'hui les conséquences de ce bras de fer diplomatique.

mbk082508-thumb.jpg RIA Novosti a repris le 25 août l'article du quotidien russe Nezavissimaïa gazeta analysant les conséquences et les raisons du refus d'accorder la libération conditionnelle à l'ex-patron du groupe pétrolier Ioukos Mikhaïl Khodorkovski. Les avocats de l'ex-magnat en disgrâce préparent déjà une requête en cassation, affirmant que le verdict n'a "rien à voir avec la loi et la justice". Selon certains experts cette décision "s'explique par la volonté de la Russie de montrer qu'elle ne fait pas de concessions à l'Occident".

Gleb Pavlovski, président de la Fondation pour une politique efficace: "C'est une grave faute politique. Elle s'explique par une étrange incertitude des instances politiques face à la situation actuelle dans le pays, ainsi que par une profonde incompréhension de l'état de la société et des objectifs à long terme dont il faut commencer à s'occuper aujourd'hui. Une partie de nos "généraux politiques" continue à mener une vieille guerre, qui a été gagnée il y a longtemps. Ce n'est qu'une habitude, un cliché, un mode de pensée. Le pouvoir n'est pas encore prêt à la modernisation. Les questions relatives à la modernisation du pays diffèrent considérablement de celles concernant le rétablissement de l'Etat: cette dernière voie est parsemée de nouveaux ennemis et de nouveaux problèmes, qui sont beaucoup plus sérieux et compliqués". Mikhaïl Vinogradov, président du Centre de conjoncture politique: "L'activité des lobbyistes oeuvrant pour la libération de Khodorkovski a été insuffisante et n'a pas apporté les résultats escomptés. En outre, la conjoncture politique ne leur a apparemment pas été favorable. Nous avons été témoins de la libération récente de l'opposant Kozouline en Biélorussie, considérée comme un geste de bonne volonté de Minsk envers l'Europe. Compte tenu de la guerre en Ossétie du Sud, la libération de Khodorkovski aurait pu avoir l'air d'une concession, fâcheuse dans le cadre de la confrontation avec l'Occident. Cependant, la question de la libération éventuelle de Khodorkovski reste encore totalement ouverte". Dmitri Orechkine, analyste politique indépendant: "Cette libération aurait été un défi au système des valeurs hérité de l'époque de Poutine. Elle aurait signifié la fin de l'ère Poutine et le commencement de quelque chose de nouveau. Poutine a créé sa propre langue de communication au sein de l'élite, une langue très simple: "Le plus fort a toujours raison". Dans une autre langue, la libération de Khodorkovski signifierait la clémence, l'humanité, la magnanimité, etc. En "poutine" elle ne signifie qu'une seule chose: la faiblesse. S'il le laisse partir, cela voudra dire que quelqu'un l'a forcé de le faire. Bush, par exemple, ou quelqu'un d'autre. Dans le cadre de ce système de valeurs, toutes les discussions autour de la libération de Khodorkovski ne font qu'irriter Poutine, qui les considère comme une forme de pression sur lui".

justitia.jpg

Dans une déclaration, l'avocat international de Mikhaïl Khodorkovski a affirmé ce matinque "les juges russes ont démontré aujourd'hui leur volonté persistante de se moquer de la justice et de l'état de droit en lui préférant des scènes de théatre dignes de Kafka. Le "nihilisme légal" existe et se porte bien en Sibérie aujourd'hui - ce n'est pas une surprise que ces juges politiquement motivés aient trouvé des raisons aberrantes de refuser à Mikhaïl Khodorkovski sa libération anticipée. L'affaiblissement des institutions légales et du respect de la Constitution se poursuit".

chodor.jpg

L'AFP a diffusé ce matin cette dépêche qui rend compte de la décision négative des juges concernant la demande de libération conditionnelle de Mikhaïl Khodorkovski. La décision des juges fera l'objet d'un appel. Cette décision illustre, selon Robert Amsterdam, le fait que "le nihilisme juridique se poursuit en Russie", avec des jugements rendus en fonction de critères politiques et non judiciaires.

Un tribunal de la ville de Tchita en Sibérie a rejeté vendredi une demande de libération anticipée de l'ex-PDG de la compagnie pétrolière russe Ioukos et détenu le plus célèbre de Russie, Mikhaïl Khodorkovski, près de cinq ans après son arrestation, ont déclaré ses avocats. "Le tribunal a pris la décision de refuser la demande. Ce jugement peut faire l'objet d'un appel dans les 10 jours", a indiqué la juridiction, citée par les agences de presse Interfax et Ria Novosti. Les avocats de l'ancien homme le plus riche de Russie ont aussitôt annoncé leur intention de contester le jugement. "Nous allons bien entendu faire appel de cette décision", a déclaré l'un des défenseurs, Iouri Schmidt, cité par Interfax. La raison invoquée par le tribunal est "complètement artificielle", a ajouté un autre avocat, Guenri Reznik, à la radio Echo Moscou. "Khodorkovski ne s'est pas repenti et ne s'est pas engagé sur la bonne voie", a déclaré pour sa part le procureur, Alexeï Fedorov, lors de l'audience. Le tribunal de Tchita, qui a suivi l'avis du Service fédéral russe d'application des peines (FSIN), a estimé qu'il n'y avait pas de "véritables preuves" de l'amélioration de la conduite de M. Khodorkovski et relevé dans son dossier plusieurs infractions à caractère disciplinaire. Condamné à huit ans de prison en 2005 pour fraude fiscale, à l'issue d'un procès inspiré selon de nombreux observateurs et experts par le Kremlin, M. Khodorkovski peut bénéficier d'une libération anticipée dans la mesure où il a purgé la moitié de sa peine en octobre 2007. En outre, il a été inculpé début 2007 de "détournement de biens à très grande échelle". En juin, le parquet russe l'a accusé de blanchiment de 28 milliards de dollars (18 milliards d'euros) et de "vol" de presque 350 millions de tonnes de pétrole. Dans une interview publiée vendredi par le quotidien financier russe Vedomosti, M. Khodhorkovski a critiqué le système judiciaire russe: "Le taux d'acquittements dans nos tribunaux est 100 fois inférieur aux chiffres mondiaux. A l'étranger, il y a un acquittement sur 5-10 affaires, chez nous un sur 500-1.000", a affirmé l'ex-patron de Ioukos. Il écrit aussi qu'il "n'envisage pas de revenir dans le secteur pétrolier, ni de contester les décisions judiciaires illégales à l'égard de la compagnie Ioukos" après sa libération. Emprisonné en Sibérie, à 6.000 kilomètres de Moscou, M. Khodorkovski pourrait aussi bénéficier d'une grâce présidentielle, mais le nouveau chef de l'Etat russe Dmitri Medvedev, l'a exclu.

2105SA1.jpg

Romandie News a repris hier 20 août une dépêche de l'AFP annonçant que " l'ex-PDG de la compagnie pétrolière russe Ioukos Mikhaïl Khodorkovski qualifie de "grosse sottise" les nouvelles accusations pesant contre lui, dans une interview à la presse allemande parue mercredi."

"Les nouvelles accusations contre moi sont une grosse sottise", dit Khodorkovski dans un échange de lettres avec la Frankfurter Rundschau dont le quotidien publie quelques extraits. Le parquet russe a rendu public le 30 juin ce qu'il a présenté comme étant de nouvelles accusations contre l'ex-patron de Ioukos qui aurait, selon lui, blanchi 28 milliards de dollars (18 milliards d'euros)."Tout est chicanerie", commente sa mère Marina Khodorkovskaïa, 74 ans, interrogée par le journal allemand. Elle confie ne pas croire que la demande de libération anticipée, dont l'examen commence le 21 août, aboutisse.S'il est libéré, Khodorkovski souligne: "je veux réparer autant que possible le lourd préjudice que j'ai fait porter à ma famille".Il affirme ne pas regretter de n'avoir pas fui à l'étranger en 2003 alors que la rumeur de son arrestation courait. "Pour moi, c'était avant tout une question d'honneur, de conviction ou de trahison, finalement aussi de patriotisme. Dans cette situation, il était impossible pour moi de fuir", explique-t-il selon la Frankfurter Rundschau.Arrêté en 2003 et condamné pour fraude fiscale en 2005 à l'issue d'un procès considéré comme inspiré par le Kremlin, M. Khodorkovski purge une peine de huit ans de camps en Sibérie, à 6.000 kilomètres de Moscou, alors que la loi russe l'autorisait à être emprisonné là où a été commis le crime dont il est accusé, dans la capitale."Cette décision visait à rendre très difficiles les visites à Mischa, en particulier celles de journalistes", dénonce Mme Khodorkovskaïa.Khodorkovski, 45 ans, peut bénéficier d'une grâce présidentielle, ce que le nouveau chef del'Etat Dmitri Medvedev a exclu, ou d'une libération anticipée, ayant purgé plus de la moitié de sa peine en octobre 2007.

article-0-023EB4B400000578-639_468x286.jpg

Nous publions ci-dessous l'intégralité de l'interview que Pavel Felgengauer, l'analyste moscovite des questions de défense, a accordé à Laure Mandeville, spécialiste de la Russie au Figaro. Pavel Felgengauer, qui avait annoncé dès le début juillet le scénario de l'entrée des chars russes en Géorgie, explique les motivations de la Russie derrière l'intervention militaire en Ossétie du Sud et en Abkhazie.

LE FIGARO. Dans un article en juillet, vous aviez annoncé que la Russie se préparait à entrer en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Disposiez-vous d'informations opérationnelles de l'état-major ?

Pavel FELGENGAUER. Non. J'ai fait ce diagnostic en observant les mouvements et opérations militaires russes dans la région depuis des mois, de même que les déclarations de nos responsables politiques et les provocations incessantes des Ossètes et des Abkhazes contre les Géorgiens. Il faut savoir que le 30 mai, les «troupes des chemins de fer» russes ont été officiellement déployées en Abkhazie. Contrairement aux armées occidentales, l'armée russe transporte ses chars sur des plates-formes de train. L'arrivée de ces troupes, pour réparer la ligne de chemin de fer, annonçait en réalité l'arrivée des forces russes. Les déclarations des officiels après la déclaration d'indépendance du Kosovo et la demande d'adhésion à l'Otan de Tbilissi ont aussi éveillé mon attention. Le général Balouïevski, ancien chef d'état-major des armées russes a affirmé que la Russie se réserverait le droit d'utiliser ses forces armées si les anciens satellites de l'URSS entraient dans l'Otan. Puis ont commencé les provocations des Ossètes, les pilonnages des villages géorgiens.

Saakachvili ne pouvait pas ne pas réagir. Saakachvili est tombé dans un piège ?

Il n'avait pas le choix. De toute façon les Russes seraient entrés tôt ou tard, exactement comme cela s'est passé en août en 1999 en Tchétchénie. À l'époque, les préparatifs de guerre étaient en cours depuis le mois d'avril. Saakachvili savait tout cela. Il a pensé qu'en menant une attaque rapide sur Tskhinvali et en allant bloquer le tunnel de Roki, il pourrait prévenir l'entrée des chars russes déjà massés de l'autre côté de la frontière. Les Géorgiens ont rapidement écrasé les Ossètes. Mais ils n'ont pas eu le temps d'aller jusqu'au tunnel. Les nôtres avaient commencé leur mouvement avant même l'entrée des Géorgiens dans la ville. Les deux armées se sont heurtées à Tskhinvali, pendant deux jours. L'armée russe a été prise de cours par la grande résistance des Géorgiens. Elle a fait entrer l'aviation dans le jeu pour en venir à bout. Les Géorgiens se sont retirés sur ordre de Saakachvili. Contrairement à ce qui est dit, ils ont pu sauver l'essentiel de leurs hommes et de leur matériel.

Quel est le but de l'armée russe, qui s'installe malgré le cessez-le-feu signé par Medvedev ?

Le but de l'invasion n'est pas atteint. Il s'agissait d'empêcher définitivement la Géorgie d'entrer dans l'Otan. Les autorités russes voulaient détruire l'armée géorgienne et le régime actuel, avec son président pour lequel Vladimir Poutine nourrit une haine aussi tenace que pour l'oligarque Mikhaïl Khodorkovski. Ce que les Russes semblaient envisager, à en juger par les travaux des experts, c'est un État fédéral aux pouvoirs très limités, dont la sécurité serait assurée par l'armée russe. Le chef adjoint de l'état-major, le général Nogovitsyne dit ouvertement vouloir instaurer «des limitations sur l'armée géorgienne».

Excluez-vous une attaque des Russes sur Tbilissi ?

Non. Comme l'a admis Gleb Pavlovski, un proche du pouvoir, une grande empoignade est en cours au Kremlin entre ceux qui veulent «terminer le travail» et le groupe des bureaucrates milliardaires qui n'ont aucun intérêt à tout ça. La Bourse s'effondre, leur faisant perdre des millions. Ce groupe-là n'a pas envie de se quereller avec l'Occident, avec lequel son économie est étroitement imbriquée. L'Occident a donc de vrais leviers de pression. Il peut signifier au pouvoir russe qu'il va mettre en œuvre des sanctions financières. Mais s'il ne fait rien, juste de la rhétorique, la Russie sera tentée d'aller au bout. Toute l'élite politique est d'accord pour aller détruire le régime de Saakachvili et la Géorgie. Mais pas d'accord pour perdre de l'argent. Selon les informations des gens de Mémorial, qui ont été à Tskhinvali par le tunnel, des missiles Totchka Y se trouvent sur place. Ils pourraient viser la capitale si nécessaire. Tout dépendra de la fermeté de l'Ouest. La Russie teste. Elle ira aussi loin que le permettra l'Occident.

PH2007060201136.jpg

Cette avocate est très présente à Strasbourg, où elle représente notamment Mikhaïl Khodorkovski et Garry Kasparov devant la Cour Européenne des Droits de l'homme.

Le quotidien "Le Parisien" (en collaboration avec AFP) a publié aujourd'hui 14 août un article consacré a Karina Moskalenko, une femme courageuse qui "s'est spécialisée dans la défense de détenus dans les prisons russes et les disparitions forcées en Tchétchénie."

Elle aide des Tchétchènes à déposer une requête (plainte) devant la cour de Strasbourg qui montre régulièrement Moscou du doigt pour des violations des droits fondamentaux. Avec le CPI, elle défend aussi l'ex-champion du monde d'échecs et opposant russe Garry Kasparov, et sa liberté d'expression ou encore Mikhaïl Khodorkovski, le fondateur de la compagnie pétrolière Ioukos qui veut faire condamner la Russie à Strasbourg, estimant «inéquitable» le procès qui l'a conduit en prison. «Etre à Strasbourg permet des échanges de courrier beaucoup plus rapides avec la Cour mais aussi de +doubler+ en partie les archives du bureau de Moscou», explique l'avocate. Elle évoque dans ce contexte une «visite» du bureau du CPI à Moscou, le 10 avril au soir, lorsqu'un membre «a été attaqué alors que des hommes bloquaient l'étage». Perdant un peu de son sourire, elle parle d'une «année 2007 difficile pour les ONG à Moscou en raison de contrôles croissants des autorités». «Les autorités, estime-t-elle, sont rendues nerveuses par les arrêts défavorables de la CEDH et elles tentent de nous intimider». «Elles nous ont demandé pourquoi on défendait des cas tchétchènes mais, s'insurge-t-elle avec force, on ne fait pas du tchétchène, on fait du droit de l'homme». L'ONG reçoit chaque mois plusieurs centaines de plaintes provenant de toute la Russie, trois fois plus qu'il y a cinq ans. Elle attribue cette progression aux insuffisances du système judiciaire russe mais aussi aux arrêts rendus à Strasbourg. Depuis 1999, la Russie a été condamnée dans plus d'une centaine d'affaires portant notamment sur des cas de tortures, d'enlèvements o u d'assassinats présumés, impliquant notamment l'armée ou les forces de l'ordre en Tchétchénie. La Russie reste le seul des 47 Etats du Conseil de l'Europe à n'avoir pas ratifié un protocole additionnel de la Convention des droits de l'homme très attendu car il permettrait un traitement plus efficace des dossiers qui submergent la CEDH. «Il est inacceptable que la Douma ne ratifie pas» s'emporte l'avocate après un rejet en décembre dernier par les députés russes. Alors président, Vladimir Poutine avait condamné «la politisation des affaires» à la CEDH. Karinna Moskalenko ne baisse pas les bras pour autant: «une dizaine de futurs avocats de pays de la CEI viennent de participer à notre programme pour formuler une requête dans les meilleurs conditions de recevabilité par la CEDH» se réjouit-elle.

_44920204_01_ap.jpg

Le Monde a publié dans son édition d'hier un article de Nathalie Nougayrède qui analyse les objectifs du Kremlin dans l'escalade militaire dans le Caucase. Selon elle, "le constat s'impose : pour la première fois depuis la guerre soviétique en Afghanistan, Moscou a officiellement lancé une campagne de bombardements aériens contre un État souverain. Les opérations militaires russes en Géorgie ouvrent, de fait, une nouvelle phase dans l'ère postsoviétique." Mais l'auteur aussi souligne la volonté de la Russie "de porter un coup d'arrêt définitif à l'expansion de l'OTAN à l'est, et de laver de manière spectaculaire les humiliations militaires des années 1990, un des thèmes récurrents du système mis en place par Vladimir Poutine."

La guerre, à partir des foyers des régions séparatistes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie, intervient six mois après la déclaration d'indépendance de la province du Kosovo, que Moscou n'a cessé de dénoncer, sans pouvoir s'y opposer. Mais en prévenant qu'elle ne resterait pas sans conséquences, notamment dans le Caucase.Ce conflit survient par ailleurs huit mois après la réélection du président géorgien Mikheil Saakachvili, un pro-occidental dont l'ascension politique a toujours été décrite par Moscou comme le résultat d'un complot américain dans sa traditionnelle sphère d'influence. En réaction, la Russie avait décrété un embargo contre la Géorgie.La guerre éclate aussi quatre mois après le sommet de l'OTAN à Bucarest, marqué par des dissensions entre Occidentaux sur le rapprochement de l'Ukraine et de la Georgie avec l'Alliance atlantique. A Bucarest, à la demande de l'Allemagne et de la France - qui se sont opposées aux Etats-Unis -, l'Ukraine et la Géorgie n'ont pas obtenu de "plan d'action pour l'adhésion", la porte d'entrée pour les pays candidats. Mais la possibilité d'une adhésion est restée ouverte, au grand dam de Moscou. En décembre, l'OTAN doit de nouveau se réunir pour l'évoquer. La montée des périls militaires en Géorgie porte sans doute un coup fatal au "plan d'action pour l'adhésion".La Russie a entrepris de "verrouiller" ses intérêts dans la région de la mer Noire, zone stratégique, mais au ssi à forte valeur symbolique : c'est à Sochi, que se tiendront, en 2014, les premiers Jeux olympiques russes. La mobilisation de plusieurs navires de la flotte russe de la mer Noire, qui mouille à Sébastopol, en Ukraine, vient, au passage, rappeler qu'il ne sera pas simple d'obtenir - comme le réclame Kiev - le départ de cette force navale en 2017, lorsqu'expirera son bail.L'Europe est directement concernée par la crise. Depuis l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie en 2007, l'UE est sur la mer Noire. Les conflits longtemps qualifiés de "gelés", sur les pourtours orientaux de l'Europe, se sont enflammés. Le risque existe désormais, après l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie, que de nouvelles tensions apparaissent en Transnistrie, région russophone et séparatiste de Moldavie.La Russie refuse depuis des années de retirer ses troupes de cette enclave, où un conflit avait éclaté en 1992.Sur tous ces "fronts", la Russie a déployé, depuis des mois, une intense activité, sans beaucoup de réactions en Occident. Selon des sources au sein de l'Organisation pour la sécurité et la coopération (OSCE), la séquence semble avoir été planifiée. La perspective de l'indépendance du Kosovo aurait agi comme un accélérateur. De même que le sommet de l'OTAN de Bucarest, où les divisions entre Occidentaux ont été observées de près par les Russes. C'est après ce sommet que Moscou a soudain resserré ses liens politiques avec les régions séparatistes de Georgie, où ses troupes, formellement chargées du maintien de la paix depuis le début des années 1990, agissent comme partie aux conflits. L'Abkhazie a été, depuis le printemps, le théâtre d'une montée en puissance de l'armée russe. Celle-ci a d'abord détruit des drônes georgiens, puis envoyé des commandos deparachutistes, avant de déployer des troupes terrestres. Tandis qu'en Ossétie du Sud les accrochages armés se multipliaient.S'agissant de la Transnistrie, la Russie tente activement d'imposer, entre les séparatistes et le pouvoir moldave, un plan de règlement qui pérenniserait sa présence militaire dans cette République. La priorité russe, dit-on à l'OSCE, est de s'assurer à terme d'un statut de neutralité "immuable" de la Moldavie, pour tenir ce pays à l'écart de l'OTAN. Se dessinerait ainsi une sorte de zone "neutralisée" dans l'espace européen, passant par Kaliningrad, la Biélorussie, la Moldavie, jusqu'au Caucase. En 2007, alors que les Occidentaux préparaient l'indépendance du Kosovo, la Russie prévenait qu'elle ne tolèrerait pas que certaines "lignes rouges" soient franchies. Elle évoquait l'expansion de l'OTAN, le projet de bouclier antimissile américain , le traité sur les forces conventionnelles en Europe. Depuis juin, le nouveau président russe, Dmitri Medvedev propose un "traité de sécurité pan-européen" qui mettrait de facto la Russie sur un pied d'égalité avec l'UE et l'OTAN à propos des questions stratégiques touchant à l'avenir du continent. Pour les Occidentaux, la présentation de ce projet semblait, malgré ses zones d'ombre, augurer un ton plus conciliant et constructif que les discours aux accents de "guerre froide" de Vladimir Poutine. Mais en bombardant des villes de Géorgie, Moscou s'est mis d'un coup en totale contradiction avec cette approche. Dimanche 10 août, Washington a dénoncé une "agression" de la Russie contre un Etat souverain, et accusé Moscou de vouloir renverser le pouvoir en Géorgie. L'UE n'a pas tenu le même langage. Par la voix de la présidence française, elle a évité de désigner publiquement un coupable - par souci, semble-t-il, de préserver des capacités de médiation, et pour permettre aux Russes de retirer des troupes sans perdre la face.Mais, comme dans le cas du sommet de l'OTAN à Bucarest, ce hiatus entre Occidentaux risque d'être perçu à Moscou comme un signe de faiblesse, du moins d'hésitation. La Russie se sait à l'abri de toute condamnation à l'ONU. Moscou sait aussi que sa coopération va être requise , dans les semaines qui viennent, sur un dossier qui met en jeu la sécurité internationale, et non celle du seul Caucase ou de la mer Noire : le nucléaire iranien. Les Occidentaux seront-ils sommés de faire un choix ?

untitled.bmp

Le Point.fr a publié aujourd'hui 12 août un article intéressant qui analyse comment la crise en Géorgie pourrait influencer les élections présidentielles aux États-Unis. Le Point constate que la guerre dans le Caucase a éclaté au plus mauvais moment pour le candidat désigné par les démocrates, Barack Obama et l'évènement se produit sur le terrain qui lui est de loin le moins favorable.

La politique étrangère et de sécurité a toujours été le point faible des démocrates. Et Obama est en vacances sur les plages d'Hawaï. Son absence totale d'expérience sur la Russie apparaît de manière encore plus flagrante du fait que son adversaire a depuis longtemps fait de la question des relations stratégiques avec Moscou un de ses thèmes de prédilection. McCain, ex-pilote de l'aéronavale qui a grandi pendant la guerre froide entre l'URSS et l'Occident et a combattu dans un de ces conflits par procuration, la guerre du Vietnam, est l'un des sénateurs les plus influents de la commission des Forces a rmées. Il n'a cessé depuis plusieurs années de mettre en garde contre la résurgence d'un "impérialisme" russe et la nécessité d'une politique de fermeté envers Vladimir Poutine. La question russe est un des nombreux points sur lesquels le sénateur de l'Arizona peut aussi se targuer de n'avoir jamais hésité à rompre avec lapolitique de George W.Bush et de son propre Parti républicain, contrairement à ce qu'affirment les démocrates qui l'accusent de n'être que le successeur de Bush. Quand Bush avait déclaré avoir perçu "de la bonté" en regardant Poutine les yeux dans les yeux, McCain avait ironisé que lui n'y lisait pour sa part que les trois lettres K, G et B. Alors qu'Obama avait approuvé la politique de coopération avec Poutine de l'administration Bush, McCain avait au contraire appelé au boycott du sommet du G8 en 2006 à Saint-Pétersbourg, et même à l'expulsion de la Russie du groupe des pays industrialisés. Il a mis à de multiples reprises en garde contre toute complaisance envers un Poutine "dirigeant totalitaire" aux visées "revanchardes" qu'anime le rêve de restaurer l'hégémonie de la Russie sur ses voisins, perdue depuis l'effondrement de l'Union soviétique. Les évènements en Géorgie permettent au vieux "faucon" de l'Arizona de clamer que, comme sur l'Irak (où il a été le principal avocat de la stratégie d'escalade militaire qui a permis de briser l'insurrection), il avait vu juste sur la Russie de Poutine. Dès le premier jour de l'attaque russe contre la Géorgie, il l'a condamnée comme une agression, a demandé le dépôt par les États-Unis d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant Moscou. Il a aussi appelé à ce que l'Otan revienne sur sa décision de surseoir à l'admission de la Géorgie dans ses rangs, accusant au passage les adversaires de cette adhésion d'"avoir peut-être donné le feu vert" à une invasion de la Géorgie. La réaction d'Obama a été, au contraire, beaucoup plus prudente, ou embarrassée. Il a commencé (comme la France par la voix de Bernard Kouchner) par renvoyer dos à dos la Russie et la Géorgie dans la responsabilité du conflit se contentant d'appeler à "la retenue" (jeudi). Il est revenu sur le sujet pour critiquer l'intervention des chars russes (vendredi), puis a haussé le ton en condamnant une "violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la Géorgie" (samedi). Il a fini par rejoindre McCain pour demander une résolution de l'Onu et l'envoi d'une force d'interposition. Ses partisans expliquent qu'il a fait preuve de circonspection et de sens des responsabilités en adop tant ce langage très diplomatique. Ils présentent la réaction de McCain comme une preuve que le républicain est un "va t'en guerre" dangereux, beaucoup plus proche des néoconservateurs qui ont poussé à l'invasion de l'Irak que de l'aile dite réaliste de son parti incarnée par exemple par l'ex-secrétaire d'État Henry Kissinger. Ils tentent même de discréditer la fermeté du candidat républicain en pointant le fait que son principal conseiller en politique étrangère Randy Scheunemann n'est pas seulement un néoconservateur patenté, mais qu'il a aussi fait du lobbying pour le compte de la Géorgie à Washington, et que McCain lui-même a noué des liens d'amitié personnelle avec le président géorgien Shalikashvili, qu'il a même nominé en 2005 pour un prix Nobel de la paix.

h_9_ill_1081902_georgie.jpg


L'Express.fr reprend aujourd'hui une dépêche d'agence selon laquelle "la Russie a menacé vendredi la Géorgie de représailles après l'offensive militaire déclenchée par Tbilissi contre la république séparatiste d'Ossétie du Sud, où au moins 15 civils ont été tués".

Face à la dégradation de la situation dans la zone de conflit, le Premier ministre russe Vladimir Poutine a promis des "mesures de rétorsion" contre la Géorgie. "Ils ont de facto lancé les hostilités en utilisant des chars et de l'artillerie", a accusé Poutine depuis Pékin, où il devait assister à l'ouverture des Jeux olympiques.Une "intervention militaire est nécessaire pour arrêter la guerre" et "arrêter l'agresseur" géorgien, a assuré, de son côté, le représentant à Moscou de l'Ossétie du Sud Dmitri Medoïev.Au moins 15 civils ont été tués dans les combats et raids aériens géorgiens qui faisaient rage à Tskhinvali, la capitale de l'Ossétie du Sud, république indépendantiste pro-russe de Géorgie, selon les autorités séparatistes.De son côté, le président géorgien Mikheïl Saakachvili a "exigé" vendredi de la Russie qu'elle "arrête les bombardements" de villes géorgiennes, affirmant que son pays faisait face à "une intervention militaire de grande envergure".

giffarmbuero1.gif

Dans une interview publiée lundi 4 août par l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier s'est réjoui des premiers pas de Dmitri Medvedev et notamment ses déclarations sur la nécessité de bâtir un Etat de droit en Russie. Ria Novosti en a repris aujourd'hui les éléments suivants.

"M. Medvedev "entend promouvoir l'Etat de droit et moderniser l'économie. J'ai proposé à la Russie notre partenariat dans l'intérêt de la modernisation, notamment en vue d'améliorer le système de santé et le secteur de l'électricité", a affirmé le diplomate allemand. Le ministre a souhaité que la prochaine visite en Russie de la chancelière Angela Merkel, programmée pour le 15 août prochain, permette aux parties de nouer un tel partenariat. M. Steinmeier s'est dit convaincu que Dmitri Medvedev allait "concentrer son attention sur l'Etat de droit ainsi que les réformes économique et administrative", ce qui réunirait les conditions propice à la démocratisation. A la question de savoir comment les démocraties occidentales devaient traiter "les régimes autoritaires" parmi lesquels le journaliste a cité la Russie et la Chine, M. Steinmeier a défendu la nécessité du dialogue. "On ne saurait bâtir le nouvel ordre mondial sans ces grandes puissances ni au mépris de leurs intérêts. Si attrayante que soit cette idée, le cabinet (allemand) est incapable, par sa décision, de changer la Russie ou la Chine", a-t-il répondu. "

115604972.jpg

Selon une dépêche de RIA Novosti datée du 4 août "le président russe Dmitri Medvedev s'est dit profondément attristé lundi par le départ d'"un des plus grands penseurs" du XXe siècle en la personne d'Alexandre Soljenitsyne".Soljenitsyne, Prix Nobel, mort dimanche 3 août d'une crise cardiaque à son domicile moscovite, est surtout connu dans le monde pour être l'auteur de "L'Archipel du goulag", qui a fait découvrir au monde l'horreur des goulags soviétiques. La première édition de ce livre fut publiée en France en 1973, après que le manuscrit ait quitté clandestinement l'URSS, via notamment une action discrète de l'ambassade de France. Medvedev a déclaré dans le message de condoléances adressé à ses proches, cité par le service de presse du Kremlin dans un communiqué, que "le départ de ce grand homme qui est l'un des plus importants penseurs, écrivains et humanistes du XXe siècle est une perte irréparable pour la Russie et le monde entier".

"Alexandre Issaïevitch a consacré toute sa vie à la Patrie. Il la servait comme un véritable citoyen et patriote, ayant à coeur le sort du peuple russe et soucieux de la juste organisation du pays", a-t-il indiqué dans son message. Selon le chef de l'Etat, la formation des repères moraux et spirituels faisait partie des soucis quotidiens de l'écrivain. "Son étude des étapes cruciales de l'histoire russe a apporté une énorme contribution au développement de la culture mondiale et a exercé son impact sur des millions de personnes. Son nom restera à jamais lié à l'histoire de la Russie. La mémoire d'Alexandre Issaïevitch restera toujours dans nos âmes", lit-on dans le message. La dépouille d'Alexandre Soljenitsyne sera exposée mardi à l'Académie des Sciences à Moscou pour une cérémonie d'adieux, avant les funérailles qui auront lieu mercredi au cimetière du monastère Donskoï à Moscou.

article_photo_1216199095518-1-0.jpg

Romandie News a repris le 4 août une dépêche de RIA Novosti annonçant qu'un tribunal russe examinera le 21 août la demande de libération anticipée de l'ex-PDG de la compagnie pétrolière russe Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski.

"L'audience aura lieu le 21 août à 10H30 heure locale", a précisé le juge Igor Falileev, du tribunal d'arrondissement d'Ingodin, dans la ville de Tchita (Sibérie orientale), où est incarcéré M. Khodorkovski. Les avocats du prisonnier le plus célèbre de Russie avaient annoncé à la mi-juillet avoir réussi à convaincre leur client de déposer cette demande après l'arrivée à la tête de l'Etat russe en mai de Dmitri Medvedev. De son côté, la mère de l'ex-homme le plus riche de Russie, Marina Khodorkovskaïa, qui a rendu visite à son fils le 31 juillet à la prison de Chita, a affirmé lundi avoir peu d'espoir de voir sa demande aboutir."Je ne pense pas qu'il espère obtenir une libération anticipée. C'était embarrassant de parler de cela au cours de notre rencontre", a-t-elle confié dans une interview au magazine russe New Times de lundi."J'entends et je vois tout ce que disent les médias, mais ce ne sont que des paroles", a-t-elle ajouté, dans une allusion aux rumeurs faisant état d'une éventuelle libération de Mikhaïl Khodorkovski.M. Khodorkovski, qui était devenu l'homme le plus riche de Russie et disposait d'une influence politique croissante, a été condamné à huit ans de prison en 2005 pour fraude fiscale, à l'issue d'un procès inspiré selon de nombreux observateurs et experts par le Kremlin, sous la présidence de Vladimir Poutine.(...) Agé de 45 ans, M. Khodorkovski est en détention depuis 2003.