
Dans son édition d'hier 25 juillet, Le Figaro faisait état du départ discret de Russie du PDG de TNK-BP Robert Dudley, menacé par ses actionnaires et la justice russes.
Il entend cependant continuer de diriger le groupe de l'étranger. La localisation de ses nouveaux bureaux n'a pas été précisée, mais le patron a exclu de s'installer au siège de BP, à Londres.Ses difficultés administratives en Russie interviennent alors que les actionnaires russes de TNK-BP demandent sa démission. Ils estiment en effet que Robert Dudley a favorisé les intérêts de BP au sein de la co-entreprise détenue à parts égales par le groupe pétrolier britannique et son homologue russe TNK.Le conflit est apparu au grand jour en mai dernier. BP a été assigné en justice, et condamné mercredi dernier par une cour sibérienne, pour avoir utilisé 148 techniciens de BP au sein de la co-entreprise, ce qui aurait porté atteinte aux intérêts de la société selon les a ctionnaires russes. BP a indiqué son intention de faire appel de cette décision en Suède, une localisation choisie en raison de la création de la co-entreprise sous le droit suédois. Le groupe britannique a cependant rapatrié l'ensemble des personnels concernés, qui ne pouvaient plus travailler depuis mars dernier.
Après l'affaire Ioukos
Par ailleurs, Robert Dudley a été convoqué par le ministre russe de l'Intérieur, sur des soupçons de fraude fiscale présumée au sein de TNK-BP. «J'espère que la pression administrative sur le groupe va maintenant diminuer», a déclaré le PDG dans un communiqué publié après son départ, qui a été préparé dans le secret. Après que la Russie a décidé lundi de ne pas renouveler son visa à Robert Dudley, le patron se disait alors confiant, et avait indiqué qu'il ne comptait pas quitter le pays. En revanche, les Etats-Unis se sont déclarés «préoccupés» par la situation de leur concitoyen.Les accusations contre le PDG de TNK-BP ne sont pas sans rappeler celles qui ont conduit à la chute de Mikhaïl Khodorkovski, l'ancien dirigeant du géant pétrolier Ioukos, qui est détenu en Sibérie depuis 2006, avec son associé Platon Lebedev. D'autant que des rumeurs évoquent la volonté des groupes russes Gazprom et Rosneft d'entrer au capital de TN K-BP. Cette affaire témoigne du climat des affaires en Russie. Le dossier Ioukos lui-même n'est pas encore refermé. Mercredi dernier, le Parquet russe a requis la prison à vie contre Leonid Nevzline, l'ancien premier actionnaire de Ioukos. Il est jugé par contumace, soupçonné d'avoir «organisé» deux meurtres. Leonid Nevzline s'est réfugié en Israël."
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