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La justice russe continue de s'acharner contre Mikhaïl Khodorkovski

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Il faut lire aujourd'hui Le Monde daté de demain qui publie un article sur les accusations présentées lundi à Mikhail Khodorkovski et Platon Lebedev. Il ne s'agit pas de nouvelles accusations, mais d'une simple ré-écriture des accusations déjà présentées en février 2007. Nous publions ci-dessous l'intégralité de ce texte intéressant...

Et voilà, Mikhaïl Khodorkovski et Platon Lebedev sont de nouveau inculpés." Un rien fataliste, l'avocat Iouri Schmidt a ainsi annoncé, mardi 1er juillet, la nouvelle mise en accusation de ses clients et anciens patrons de la major pétrolière Ioukos. Le parquet russe leur reproche d'"avoir volé des actions détenues par l'Etat, détourné (350 millions de tonnes de) pétrole et blanchi les fonds perçus lors de leur vente", rapporte l'avocat dans un communiqué mis en ligne sur le blog de Robert Amsterdam, l'un des avocats à l'étranger de Mikhaïl Khodorkovski. Le parquet estime le montant du vol, entre 1998 et 2003, à la somme astronomique de 33 milliards de dollars. S'il est reconnu coupable à l'issue d'un procès qui pourrait commencer au mois d'août, Mikhaïl Khodorkovski risque une peine de plus de vingt ans de prison. Le milliardaire déchu, libérable en 2011, purge actuellement, dans un établissement pénitentiaire de Sibérie, une première condamnation à huit ans de détention. Alors qu'il entendait prendre la tête de l'opposition politique au président russe de l'époque, Vladimir Poutine, il avait été condamné en 2005 pour escroquerie et fraude fiscale. Ses avocats et des organisations de défense des droits de l'homme avaient alors interprété cette foudre judiciaire comme le moyen de museler les ambitions politiques de ce milliardaire, enrichi à la faveur des privatisations sauvages des années 1990.

FAUX TÉMOIGNAGE

Cette fois encore, les avocats récusent le nouvel acte d'accusation qui ne serait, selon eux, qu'une version à peine rafraîchie et "mieux écrite" d'un acte déjà présenté en février 2007. "Ce sont les mêmes vieilles accusations, le même non-sens absurde", écrit maître Schmidt. Selon lui, l'objectif réel serait "une contre-attaque du pouvoir" destinée à amener Ioukos à interrompre les poursuites engagées devant des cours internationales pour contester la légalité de son dépeçage par l'Etat. Une autre raison, toujours selon Me Schmidt, tient, "sans aucun doute, à la possibilité de la libération anticipée des condamnés". Le parquet chercherait ainsi à "gagner du temps" en attendant les instructions du nouveau maître du Kremlin, Dmitri Medvedev, un ancien avocat qui s'était élevé contre "la rage administrative" dont Ioukos était l'objet. Légalement, Mikhaïl Khodorkovski, ayant purgé plus de la moitié d'une peine, peut en effet bénéficier d'une mesure de liberté conditionnelle. Or ses précédentes demandes ont toutes été rejetées par l'administration. Le témoignage d'un de ses anciens codétenus illustre toutefois"le traitement spécial" dont Mikhaïl Khodorkovski est l'objet afin de le maintenir coûte que coûte derrière les barreaux. Interrogé, lundi, par le quotidien russe Kommersant, Igor Gnezdilov, voleur de voiture récidiviste et compagnon de cellule de l'ancien milliardaire, raconte ainsi comment il a été forcé de faire un faux témoignage contre Mikhaïl Khodorkovski afin d'empêcher sa libération anticipée. Fin 2007, "on m'a demandé d'écrire que Khodorkovski a marché dans le couloir sans tenir ses mains derrière le dos ; qu'il a ignoré les ordres des gardiens et donc violé la loi", raconte M. Gnezdilov. L'administration pénitentiaire russe avait saisi ce prétexte pour le maintenir en prison. "A vrai dire, je ne me souviens pas du tout si nous avions les mains dans le dos ce jour-là", raconte aujourd'hui l'ancien détenu. Il assure avoir été menacé par un enquêteur d'être lui aussi privé de libération anticipée s'il ne témoignait pas contre Mikhaïl Khodorkovski. "Je me suis senti comme un traître, confie Igor Gnezdilov. Je lui ai raconté mon entretien avec l'administration. Il m'a dit qu'il comprenait et qu'il ne m'en voulait pas."

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