June 2008 Archives

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Le site Internet de Libération commente 28 juin le 21e sommet Russie-Union européenne, tenu pour la première fois avec Dmitri Medvedev côté Russe. Le quotidien constate la maigreur des résultats. Si l'ambiance semblait plutôt détendue, en revanche "sur aucun des sujets qui fâchent - viandes européennes interdites en Russie, multiplication des tarifs douaniers russes sur le bois, ambitions de Gazprom en Europe, menaces sur les investissements européens en Russie ou droits de l’homme - ce sommet n’aura permis d’avancées concrètes". Selon le président de la Commission Européenne, José Manuel Barroso, «il y a une ligne de continuité évidente» avec Vladimir Poutine".

vladimir_putin_-_dmitri_medvedev_7365.jpg L'Express a repris aujourd'hui 25 juin une dépêche de l'agence Reuters qui compare les styles présidentiels de Poutine et de Dmitri Medvedev. Malgré les tentatives de Medvedev de minimaliser les différences avec son prédécesseur lors de l'interview accordée à Reuters, le contraste entre les deux hommes reste frappant. Reuters s'étonne que "à aucun moment durant les 90 minutes de l'interview, Medvedev ne porte une de ces attaques anti-occidentales devenues la marque de Poutine à la fin de son second mandat sur fond de durcissement des relations entre Moscou et l'Ouest". Reuters écrit que Medvedev pesait soigneusement ses mots, insistant sur "la liberté, l'état de droit et la propriété privée."

Poutine s'en prenait avec virulence aux plans d'expansion de l'Otan aux frontières russes ou accusait Washington de déclencher une nouvelle guerre aux armements avec son projet de bouclier antimissiles; Medvedev ne mentionne lui aucun de ces dossiers lourds de contentieux. L'essence de la politique étrangère de la Russie, dit-il, est de défendre les intérêts nationaux mais sera guidée par "la liberté, la démocratie et le droit à la propriété privée". Interrogé sur les critiques portées à l'encontre de la politique étrangère de Moscou, Medvedev ne reprend pas à son compte les contre-attaques sur l'hypocrisie et la politique "du deux poids, deux mesures" qu'affectionnait Poutine. Les plaintes sont normales, dit-il, et après tout, Moscou aussi a des problèmes avec des pays tiers.Les deux hommes sont issus de milieux sociaux différents: Poutine, qui a grandi dans un quartier dur, est adepte d'un langage direct, nourri d'expressions familières. Medvedev, dont les parents étaient enseignants, pratique un discours de juriste avec des phrases riches en propositions subordonnées. Mais sur un point, pourtant, son propos recoupe parfaitement celui de Poutine: c'est lorsqu'on l'interroge sur le contrôle qu'exerce le gouvernement sur les médias russes. Medvedev s'anime davantage, déclare qu'il "ne (peut) être d'accord" avec la formulation de la question et déclare que les chaînes de télévision, les journaux et les sites internet russes sont "absolument libres". "Il n'y aujourd'hui pas plus qu'hier ou demain de problèmes d'interdiction de l'information en Russie", insiste-t-il. Une phrase qu'aurait pu prononcer directement Poutine.

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L'agence RIA Novosti a repris aujourd'hui 24 juin un article du quotidien Vedemosti sur la possible réforme de la législation procédurale. Compte tenu des trois ans et demi qu'il a passé en détention préventive, Mikhaïl Khodorkovski pourrait être l'un des bénéficiaires de cette réforme: si elle était adoptée, il aurait purgé la totalité de sa peine l'an prochain.

Selon le Service fédéral d'application des peines, les prisons russes comptaient 894.400 détenus au 1er juin dernier. "M. Kracheninnikov propose de comptabiliser un jour de détention provisoire comme un jour et demi de prison pour les condamnés à la réclusion dans une colonie pénitentiaire de régime ordinaire ou une colonie d'éducation disciplinaire pour mineurs, et comme deux jours de prison pour les condamnés à la réclusion dans un camp de redressement par le travail", indique Vedomosti. Selon la législation russe actuelle, le juge définit de son propre chef le coefficient relatif à l'imputation des périodes de détention provisoire. D'après M. Kracheninnikov, cité par Vedomosti, les nouvelles règles seront rétroactives, et s'étendront donc aux personnes déjà condamnées. Leur adoption augure une libération massive de détenus, comparable à une amnistie. La dernière amnistie, décrétée en 2006 à l'occasion du 100e anniversaire du parlementarisme en Russie, avait concerné 14.000 personnes. Les amendements à la législation procédurale ont été appuyés par le Service fédéral d'application des peines désireux d'enrayer la surpopulation carcérale grâce à la libération anticipée de détenus condamnés pour des délits mineurs. Toujours selon Vedomosti, les nouvelles règles pourraient s'appliquer à Mikhaïl Khodorkovski, l'ex-magnat du pétrole qui purge une peine de huit ans de prison en Sibérie orientale. Condamné pour escroquerie et évasion fiscale à grande échelle, infractions qui ne sont pas considérées comme des crimes graves par la législation russe, M. Khodorkovski avait passé plus de trois ans et demi en détention provisoire. "Si la deuxième action en justice intentée à son égard, qui n'a pas encore donné lieu à un procès, n'aboutit pas, sa peine expirera en 2009 compte tenu des amendements", résume le journal russe. "

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RIA Novosti a repris hier 18 juin l'article de Nezavissimaia Gazeta, qui annonçait
la possible création d' un nouveau poste d'assistant du président russe pour la
lutte anticorruption.Selon le quotidien "la lutte systématique contre la corruption promise par le
président Dmitri Medvedev peu après son investiture commencera probablement par des tentatives délicates de "nettoyage" au sein des structures de force".

Formellement, le nouvel assistant du chef de l'Etat sera chargé des problèmes de corruption dans l'ensemble de l'appareil d'Etat. En fait, comme l'estiment les experts, il se penchera en premier lieu sur la préparation des remaniements de postes au sein du FSB (Service fédéral de sécurité), du ministère de l'Intérieur et du Service fédéral anti-drogue. Des listes d'employés les plus corrompus de ces départements devront rapidement être soumises au président et serviront de base pour d'importants remaniements. Selon des sources au Kremlin, c'est le général de Justice Igor Tsokolov, 52 ans, actuellement chargé de la lutte contre la criminalité économique internationale au Comité d'enquêtes du ministère de l'Intérieur, qui est le principal candidat au poste d'assistant pour la lutte anticorruption. Il n'est pas très connu du grand public, bien qu'il ait déjà à son actif toute une série d'enquêtes retentissantes (entre autres, l'affaire Golden ADA sur le détournement de diamants du Fonds d'Etat de métaux et de pierres précieuses dans les années 90 et la récente enquête pour corruption dans le Fonds des retraites). La nomination d'Igor Tsokolov permettra d'équilibrer dans une certaine mesure l'influence des "siloviki" (employés des structures de force) qui n'étaient, dès le début, pas emballés par la candidature de Dmitri Medvedev en tant que successeur de Vladimir Poutine, de ceux qui ne se soumettent au président que formellement, en s'orientant, en réalité, sur le chef du gouvernement ou sur certains vice-premiers ministres.

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Fabrice Nodé-Langlois, le correspondant du Figaro à Moscou, a décrit ironiquement sur son blog la dernière visite de Jacques Chirac à Moscou, le 11 juin, durant laquelle l'ancien président français s'est vu décorer du "Prix d'Etat", "la plus prestigieuse distinction" de Russie selon Dmitri Medvedev, pour "son influence décisive sur beaucoup des processus d'intégration en cours en Europe et dans le monde" et son "grand rôle dans le développement des relations franco-russes". Nodé-Langlois souligne que les médailles ont été remises en grande pompe, Jacques Chirac semblant sincèrement ému et Vladimir Poutine détendu.La participation à la cérémonie de certaines "personnalités" russes particulièrement peu réputés pour leur tempérament "démocrate" pouvait étonner. Ainsi "Igor Setchine, président du conseil d'administration de Rosneft que l'ex-patron de Ioukos Mikhaïl Khodorkovski rend directement responsable de son emprisonnement, Vladimir Jirinovski le député ultranationaliste, ou encore Ramzan Kadyrov, le jeune président de la Tchétchénie qui a remis au pas la république de façon musclée" étaient bien en vue pour fêter la médaille de l'ancien Président français obtenue pour ses "actions exceptionnelles dans le domaine humanitaire".

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Cyberpresse.ca a repris hier 12 juin une dépêche de l'AFP qui évoquait un discours prometteur de Dmitri Medvedev devant le Congrès mondial de la presse russophone à Moscou. Le nouveau président a promis de construire en Russie "une société libre", d'assurer le respect des droits de l'Homme et de la liberté de la presse ainsi que "bien sûr, la suprématie de la loi". Tout un programme...

"Aujourd'hui et dans l'avenir, notre priorité immuable c'est la construction d'une société libre et responsable, le respect des droits de l'Homme, la liberté de la presse et de la parole et bien sûr la suprématie de la loi", a affirmé M. Medvedev."Nous sommes en train d'améliorer notre système politique", a-t-il assuré, ajoutant que la Russie va lutter "par tous les moyens accessibles" contre le racisme, la xénophobie et l'extrémisme qui fleurissent dans le pays.
"Ces menaces n'ont malheureusement pas disparu. Pire encore, nous y sommes confrontés là où on ne les attendait pas", a regretté le président russe.Il a espéré que les médias russes "aideraient l'Etat" à combattre ces maux. L'Occident espère un assouplissement de la politique russe dans le domaine des droits et libertés, après l'arrivée au pouvoir de Dmitri Medvedev le 7 mai. L'ancien président Vladimir Poutine avait placé les médias sous contrôle de
l'Etat, faisant notamment disparaître les chaînes de télévision indépendantes. Le 2 juin, Dmitri Medvedev avait ordonné le retrait d'un amendement à la loi sur les médias, qui aurait permis aux autorités de fermer des journaux coupables de diffamation.Les poursuites contre Manana Aslamazian, directrice de la branche russe de l'ONG américaine Internews, poursuivie en Russie pour trafic de devises depuis plus d'un an, ont été levées, a indiqué mardi son avocat liant cette décision au "changement de pouvoir" en Russie.

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Le quotidien Libération a publié hier 11 juin un article inquiétant sur les prisons en Russie, où les violences faites aux prisonniers sont croissantes et, parfois, extrêmes. L'article est inspiré par les évènements de la prison de Kopeïsk, où quatre détenus ont été battus a mort. Le Président russe Dmitri Medvedev a reconnu que les prisons russes «sont encore loin des exigences modernes et des standards des pays développés».

Sur les 700 prisons en Russie, une quarantaine ou une cinquantaine - dont cette prison de Kopeïsk -, pratiquent encore la torture pour «casser» les prisonniers, estime Lev Ponomarev, directeur du Mouvement russe pour les droits de l’homme. «J’ai passé une partie de ma peine dans la prison de Kopeïsk et pendant quatre ans j’ai été battu comme ça, témoigne Iouri Skogarev, 37 ans, libéré en mars après huit années de détention. Les gardiens entraient dans les cellules, jetaient toutes nos affaires et nous battaient avec leurs matraques, ou bien nous pourchassaient dans les couloirs en nous frappant encore. Quand j’ai voulu porter plainte, j’ai été battu encore plus, jusqu’à perdre conscience. A l’époque, moi aussi j’écrivais des lettres avec mon sang. Je ne suis pas suicidaire, j’avais une fille et des parents qui m’attendaient dehors, mais à l’époque je m’ouvrais moi aussi les veines pour en finir.»
Dès leur arrivée à la prison de Kopeïsk, les détenus sont entièrement déshabillés et fouillés jambes écartées. Un film que les détenus ont réussi à faire sortir permet de prouver que les soi-disant mutins n’avaient certainement pas pu s’armer de barres métalliques. Un des rites de «cassage» psychologique veut ensuite que les détenus lavent les sols et les cuvettes de WC avec un petit chiffon. «Si on refuse, on est battu, ou menacé de viol», résume Vladimir Gladkov, un autre ex-détenu, sorti en février. Quand il est arrivé à Kopeïsk, se souvient l’ancien prisonnier, le chef de service hurlait :«Ici, il n’y a pas de loi, pas de pouvoir ! Vous vous souviendrez toute votre vie de votre passage ici !» Par rapport aux années 90, les conditions de vie ou l’alimentation se sont «nettement améliorées» ces dernières années dans les prisons russes, atteste Lioudmila Alexeeva, présidente du groupe d’Helsinki de Moscou, qui a contribué à recueillir ces témoignages. «Mais nous, les défenseurs des droits de l’homme, n’avons plus aucun accès libre aux prisons, contrairement aux années 90, constate-t-elle. Et les pratiques visant à "briser" les prisonniers se multiplient ces derniers temps. C’est unehonte pour notre Etat, et une honte pour nous les défenseurs des droits de l’homme si nous n’arrivons pas à faire cesser cela.»

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Dans un article daté d'aujourd'hui, le Figaro raconte la rencontre hier à Moscou entre le député UMP Hervé Mariton et Marina Khodorkovskaïa, la mère de l'ex-patron de Ioukos emprisonné depuis près de cinq ans.Alors que la diplomatie française est toujours restée circonspecte sur l'affaire Ioukos, soucieuse de ne pas risquer d'irriter le Kremlin, cette rencontre peut apparaitre comme une première manifestation publique de soutien de la France pour la cause de Khodorkovski. Hervé Mariton a pris cette initiative à titre individuel, mais il n'en est pas moins député UMP et il préside le groupe d'amitiés France-Russie au Parlement français.

Hervé Mariton, qui revendique son ignorance sur le fond du dossier, estime, prudent, que «les conditions du procès et de la détention (entachés de multiples violations du droit) ont clairement une dimension politique». Puisque le nouveau président russe a fait du renforcement de l'État de droit son cheval de bataille, Hervé Mariton comme Marina Khodorkovskaïa veulent «le prendre au mot».«Si la situation de votre fils, devenu un symbole, s'améliorait, cela voudrait dire que la Russie tout entière irait mieux», a déclaré l'élu de la Drôme à Marina Khodorkovskaïa, très émue mais toujours digne. Lors de sa dernière visite à Tchita, à six heures de vol éprouvantes pour cette femme de 74 ans, elle n'a pu voir son fils que trois heures. Son mari, Boris, s'est rendu à Tchita en mai et elle y retourne fin juin. Même s'il affiche une volonté de fer, et se bat pied à pied avec ses avocats, Micha a des problèmes de santé, s'inquiète sa mère.Marina n'a pas sollicité le président Medvedev pour une grâce ou une amnistie. «Si Micha me dit de le faire, je le ferai.» Pour l'heure, Iouri Schmidt, l'un des avocats de «MBK», affirme qu'il n'a jamais parlé de grâce ou d'amnistie avec son client. Le juriste, blanchi sous le harnais, a épluché la Constitution et la jurisprudence et assure qu'une grâce est possible sans impliquer automatiquement des aveux ou un acte de repentance.

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La Tribune remarque dans un article publié sur son site Internet le 8 juin que Dmitri Medvedev "a repris une des habitudes de son prédécesseur, mentor et maintenant Premier ministre, Vladimir Poutine : critiquer les Américains. " Au Forum économique annuel de Saint-Pétersbourg le nouveau président russe a dénoncé la politique "agressive" des Etats-Unis en proposant "de faire de son pays une alternative à la puissance économique et financière américaine".

Dimitri Medvedev voit dans l'essor de la Russie comme puissance économique et financière un moyen de réduire le rôle dominant des Etats-Unis dans l'économie mondiale, déclinant à ses yeux : "quelle que soit l'importance du marché américain, quelle que soit la force du système financier américain, ils ne peuvent pas se substituer au marché financier mondial ni au marché des matières premières".

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Dans une dépêche, l'agence RIA Novosti expliquait hier 5 juin que Dmitri Medvedev a repoussé les démarches diplomatiques allemandes visant à faciliter la libération de l'ancien PDG du groupe pétrolier Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski. Le président russe a notamment déclaré que Khodorkovski "peut recourir à la demande de grâce mais cela ne peut pas faire l'objet de négociations inter-étatiques".

"S'agissant des procédures elles-mêmes, elles existent bel et bien et doivent être suivies conformément à nos règles, que ce soit la procédure de demande de grâce à laquelle peut recourir M. Khodorkovski ou n'importe quelle autre procédure, mais ce ne peut pas être une décision prise dans des négociations entre Etats, ni d'ailleurs par des hommes politiques", a indiqué lors d'une conférence de presse le chef de l'Etat russe, interrogé sur le sort de l'ex-patron de Ioukos.

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Dans l'édition du Figaro datée d'aujourd'hui 5 juin, Laure Mandeville explique pourquoi le cas de Khodorkovski, considéré comme une épreuve de vérité pour le nouveau président russe, devrait être au menu des discussions d'Angela Merkel avec Dmitri Medvedev à Berlin.

Ayant entendu le vibrant engagement du nouveau chef de l'État russe à mettre «un pouvoir judiciaire indépendant» au premier rang de ses priorités, la chancelière allemande a décidé de le prendre au mot en évoquant ce cas jugé emblématique. «Le cas Khodorkovski représente une occasion de tester cet engagement», résume Eckart von Klaeden, porte-parole du bloc conservateur au Bundestag. Jusqu'ici réticent, le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier semble s'être rallié à cette offensive lors de sa récente visite en Russie. Appelant Medvedev à créer un système «transparent», il a aussi longuement rencontré l'avocat de Khodorkovski, Iouri Schmidt à Saint-Pétersbourg. «J'ai de vrais espoirs concernant Medvedev, il a soulevé les véritables questions sur l'indépendance des tribunaux», a-t-il déclaré.
La démarche de l'Allemagne, qui tranche avec l'extrême prudence de la France durant la visite de Poutine à Paris, traduit les espoirs de l'intelligentsia libérale russe et de l'Occident vis-à-vis de Medvedev, perçu comme l'homme d'un dégel potentiel après le verrouillage autoritaire de l'ère poutinienne. Vu de l'intérieur de la Russie, les signaux restent pourtant contradictoires, exprimant peut-être l'incertitude qui règne sur le partage des pouvoirs entre les deux têtes de l'exécutif. Selon le Sunday Times qui a recueilli une interview écrite du détenu de Tchita à la mi-mai, Khodorkovski est soumis à une surveillance serrée, grâce à une caméra placée dans sa cellule et dans la cour de promenade. L'un de ses compagnons de détention lui a récemment avoué avoir été forcé par les autorités pénitentiaires de l'accuser de ne pas avoir gardé les mains dans le dos pendant la promenade, en échange d'une promesse de libération. Cette supposée violation du règlement a été utilisée pour justifier le maintien en détention de Khodorkovski, rapporte le Times. Alertés, ses avocats ont exigé l'accès à la vidéo. Il leur a été répondu que la caméra ne couvrait justement pas l'angle où Mikhaïl Borissovitch est supposé avoir décroisé les bras… Condamné au terme d'un procès entaché de graves violations du droit et perçu comme un revers des droits de propriété en Russie, l'oligarque a assisté impuissant à la confiscation de son empire au profit de la compagnie d'État Rosneft, dirigée par Igor Setchine, ancien du FSB proche de Poutine et accusé par Khodorkovski d'avoir manigancé son emprisonnement. Certains avocats espèrent une révision du procès, maintenant que le clan Setchine se retrouve en retrait. Le prisonnier exprime un « optimisme prudent ».
Interrogé sur une éventuelle libération, Vladimir Poutine a récemment répondu au Monde qu'il ne conseillerait pas à Medvedev de lui accorder de « privilèges ». Sous-entendant même implicitement qu'il pourrait être impliqué dans les meurtres dont certains de ses collaborateurs sont accusés.

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L'Express.fr annonçait hier 3 juin que Dmitri Medvedev "a fait retirer un projet de loi controversé sur les médias". Mais le journal reste sceptique quant aux intentions du nouveau président russe en s'interrogeant: s'agit-il simplement de gestes symboliques mais sans portée réelle visant simplement à se faire "bien voir" par l'Occident?

"Une hirondelle ne fait pas le printemps. C'est peut-être bien qu'il ait rejeté ces amendements délirants sur la presse (...) Mais cette attitude doit devenir systématique",estime Alexandre Tcherkassov, de l'ONG russe des droits de l'Homme Mémorial.
"La prise de position de Medvedev n'est pas très retentissante. D'autres avaient critiqué le texte avant lui. Les amendements présentés étaient condamnés d'avance", argumente le directeur du Centre d'études sociologiques Demos, Sergueï Loukachevski.
"Medvedev veut montrer à l'Occident qu'il est progressiste dans tous les domaines, l'économie, l'affaire Khodorkovski (ex-Pdg du groupe pétrolier Ioukos condamné à huit ans de prison), les libertés", estime-t-il.Pour Zoïa Svetova, éditorialiste au quotidien d'opposition Novye Izvestia, l'intervention du président est cousue de fil blanc. "Medvedev joue au gentil. Et ce jeu est destiné aux spectateurs occidentaux", affirme-t-elle. Les médias russes restent de toute façon sujets à l'arbitraire du pouvoir, avec ou sans cette loi, estiment nombre d'experts. Ils peuvent toujours être poursuivis pour publication de secrets d'Etat, extrémisme ou incitation au terrorisme."Il y a bien assez de moyens légaux pour punir un journaliste ou un média. Faute d'indépendance de la justice, le tribunal prendra toujours une décision qui convient aux autorités", note Zoïa Svetova.Selon elle, la presse continue à "s'autocensurer", seuls quelques journaux, comme le quotidien Kommersant ou l'hebdomadaire Novaïa Gazeta, conservant une certaine liberté de ton."Les autorités n'ont pas besoin de ces amendements. Le système fonctionne très bien, tout le monde a peur", renchérit SergueïLoukachevski.

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Selon l'International Herald Tribune daté d'hier, la première visite du nouveau Président russe en Allemagne donnera une nouvelle fois l'occasion à Angela Merkel d'évoquer la question du respect de l'Etat de Droit et des droits de l'homme chez son puissant voisin, et en particulier (selon "des officiels" non cités) le sort de Mikhaïl Khodorkovski. Il semble que cette démarche, parfois critiquée par la communauté financière en Allemagne en ce qu'elle pourrait détériorer les (excellentes) relations commerciales entre les deux pays, soit désormais partagée par le SPD: le ministre des Affaires Etrangères a lui-même rencontré récemment Iouri Schmidt, avocat russe de Khodorkovski, à Moscou. Les deux hommes avaient notamment évoqué ensemble l'idée d'une libération de Mikhaïl Khodorkovski. Dans une interview au journal Le Monde daté du 2 juin, Vladimir Poutine avait néanmoins semblé peu enthousiaste à cette idée, laissant entendre qu'il recommanderait à Medvedev de n'accorder aucun "privilège" à l'ancien patron de Ioukos.