
Le site Internet du journal le Monde a repris le lundi 6 mai une dépêche de l'AFP qui décrivait pourquoi et comment le mouvement d'opposition L'Autre Russie de l'ex-champion d'échecs Garry Kasparov a dû annuler mardi une manifestation à la veille de l'investiture du président
Dmitri Medvedev, faute d'autorisation et après des menaces de la police et des interpellations.
"Jusqu'au dernier moment, nous avons essayé de trouver un compromis avec la mairie de Moscou. Nous ne voulons pas risquer des interpellations", a déclaré depuis le haut-parleur d'un véhicule de police le porte-parole de Garry Kasparov, Denis Bilounov, sur le lieu du rassemblement, au centre de Moscou. Une centaine de personnes, dont une majorité de journalistes, étaient présents, encadrés par un énorme dispositif policier, avec la présence
dans les rues avoisinantes de dizaines de camions des forces anti-émeutes. Deux manifestants, dont un avait déployé une banderole, ont été interpellés, a constaté une journaliste de l'AFP. "Ce n'était pas des élections, c'était une tragédie", a expliqué à l'AFP juste avant d'être interpellé Karen Makhmourien, 30 ans, évoquant le fait qu'aucune figure de l'opposition libérale, notamment M. Kasparov, n'a pu s'enregistrer comme candidat pour la présidentielle du 2 mars. Garry Kasparov, interrogé au téléphone par l'AFP, dénoncé "l'hystérie" policière des autorités à la veille de l'investiture de M. Medvedev et annoncé son intention de porter plainte contre le refus des autorités d'autoriser la manifestation en dépit du respect des procédures par son mouvement. L'Autre Russie, très marginalisée comme l'ensemble de l'opposition dite "démocratique", a expliqué entre autres la faible présence de ses militants mardi par l'interpellation préventive de plusieurs d'entre eux, notamment dans un appartement du sud de la ville, assiégé depuis le matin par la police. Selon un responsable policier cité par l'agence Interfax, il y a eu plusieurs dizaines d'interpellations à différents endroits de la ville. L'Autre Russie évoque 38 interpellations au total à proximité du lieu de la manifestation. La police de Moscou avait "recommandé" aux Russes de ne pas se rendre à la Marche du désaccord, organisée par des "provocateurs". "La majorité des Moscovites ne souhaite pas que l'ordre et la sécurité soient menacés. Les Moscovites se préparent aujourd'hui à une fête sainte : la fête de la Victoire (de la Seconde guerre mondiale, le 9 mai) et la grande fête politique qu'est l'investiture du président", avait ainsi estimé son chef, Vladimir Pronine. Les ONG russes Pour les droits de l'Hommme et le Groupe Helsinki de Moscou ont écrit mardi une lettre au maire de Moscou, Iouri Loujkov, en lui demandant d'autoriser la manifestation, en vain. Mais les actions de l'opposition, qui ont réuni jusqu'à plusieurs milliers de personnes en 2007, se déroulent dans un climat d'indifférence croissante.