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La fausse sortie de Vladimir Poutine

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Fabrice Nodé-Langlois, le correspondant du Figaro à Moscou, est sceptique quant à la réalité du départ de Vladimir Poutine du Kremlin. Selon lui, dans un article publié dans l'édition du 5 mais, "jamais la Russie n'aura autant mérité son aigle à
deux têtes". Poutine quitte certes le Kremlin pour s’installer deux
kilomètres plus loin au siège du gouvernement fédéral. Et il a assuré que le seul
objet qu'il emportera du Kremlin sera un stylo-plume. Mais comme le remarque
Fabrice Nodé-Langlois, “il faudrait ajouter quelques centaines de fonctionnaires
qui le suivent“.

Le tandem surprenant formé d'un premier ministre ex-président et d'un président
ex-vice-premier ministre donne lieu à toutes les spéculations. La formule permet à Vladimir Poutine de rester au pouvoir sans violer la Constitution qui lui interdit un troisième mandat… consécutif. Depuis l'élection présidentielle remportée avec 70 % par le dauphin (à l'issue d'une campagne jugée «inéquitable» par les observateurs du Conseil de l'Europe), «Medvetine et Poudev», comme les surnomment des humoristes, mettent en scène un couple harmonieux. Il s'agit de détromper ceux qui ne voient dans le jeune Dmitri Medvedev, 42 ans, qu'une marionnette, comme ceux qui annoncent une cohabitation sanglante. Derrière l'apparence de cette transition maîtrisée, la lutte des clans fait rage en coulisses depuis des mois. Elle ne se réduit pas à l'affrontement des «libéraux» contre les «silovikis» (les hommes des forces de sécurité et du renseignement). Elle ne recouvre pas non plus une hypothétique bataille entre «poutiniens» et «medvedevistes». Rivalités d'ambition, défense de prébendes et enjeux financiers colossaux sont à l'origine de multiples manœuvres compromissions, arrestations, destitutions dans les cercles du pouvoir depuis l'automne.Medvedev le juriste, sans appuis solides connus dans les «services», y résistera-t-il ? «En Russie, on associe la politesse à la faiblesse, remarque un homme d'affaires européen qui l'a côtoyé. Medvedev est bien élevé, très poli. Mais il a une volonté qu'on sous-estime. Il connaît très bien les rouages du pouvoir. Au Kremlin, comme chef de l'administration présidentielle, il a appris à gérer les oppositions.»
Jamais la Russie n'aura autant mérité son aigle à deux têtes, symbole des tsars hérité de l'Empire byzantin, restauré dans les armoiries de la nouvelle Russie. Combien de temps les deux têtes s'entendront-elles pour faire voler l'aigle ? Un étranger bien introduit dans les cercles du pouvoir russe avertit : «Si l'Occident s'amuse à jouer Medvedev contre Poutine, ce sera dangereux et contre-productif, ça ne fera que les rapprocher davantage.»

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