
Alors que Dmitri Medvededv, juriste peu expérimenté en politique étrangère,
s'apprête à fêter son accession officielle au pouvoir le 7 Mai, les
observateurs, diplomates et analystes se demandent s'il "maintiendra le cap fixé
par son prédécesseur Vladimir Poutine ". L'Express.fr reprenait le 4
mai une dépêche de l'agence Reuters qui souligne que "Medvedev reste un mystère
dès qu'il s'agit de relations internationales".
Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, l'un des rares dirigeants étrangers à l'avoir longuement rencontré depuis son élection à la présidence le 2 mars, décrit Medvedev comme "intelligent, avec une excellente maîtrise des dossiers et un bon sens de l'humour", dans des remarques écrites adressées à Reuters. S'il projette, à 42 ans, une image "à l'occidentale", rien ne la justifie encore en pratique, estime pourtant Nikolaï Zlobine, de l'institut de la sécurité mondiale à Washington. "Je suis pessimiste. Je n'aime pas la façon dont les médias russes et le Kremlin s'efforcent de dépeindre Medvedev comme un type moderne à l'occidentale. Parce que je ne vois toujours pas ça", explique-t-il. La Russie ne montrera un visage plus amical envers les investisseurs étrangers ou ses voisins que lorsqu'elle sera confrontée à un ralentissement économique, dont elle est pour l'instant préservée par ses gigantesques recettes tirées du gaz et du pétrole, prédit cet analyste.Medvedev n'en a pas moins annoncé que ses premiers voyages à l'étranger après son accession à la présidence le conduiraient au Kazakhstan et en Chine, ce qui est un geste chargé de sens aux yeux de Fiodor Loukianov, rédacteur en chef du magazine Russia in Global Affairs."Peut-être que dans cinq ou sept ans, la Russie se posera une question importante: comment garder la parité politique avec la Chine. D'un point de vue économique, c'est assez clair, nous sommes loin derrière", souligne-t-il.Loukianov ne prévoit aucun changement de fond, au-delà d'un climat plus positif, envers les Etats-Unis ou l'Europe, sur lesquels Poutine a menacé de pointer des missiles si Washington persiste dans son projet de bouclier."Etant donné la popularité de la politique de Poutine, aucun responsable, dans aucun pays, ne serait assez fou pour en changer", déclare-t-il.