May 2008 Archives

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Le Figaro annonce dans un article publié aujourd'hui 28 mai le séjour du premier ministre Poutine à Paris. Et même si les diplomates soulignent qu'il ne faut pas tirer de cette visite des conclusions sur l'équilibre du pouvoir au Kremlin, le Figaro en tire néanmoins...

« En principe, le président conduit la politique extérieure, rappelle Alexeï Venediktov, le rédacteur en chef de la radio Echo de Moscou, Mais Poutine veut garder une relation privilégiée avec les dirigeants du G8. Il a téléphoné au président Bush et le rencontrera pendant les JO de Pékin». «La période est cruciale pour la relation Union européenne-Russie», poursuit ce fin connaisseur des relations franco-russes. L'UE et la Russie doivent lancer le mois prochain, à la veille de la présidence française, les négociations, bloquées depuis près de deux ans par la Pologne puis la Lituanie, pour établir un nouveau partenariat stratégique. «Or, la question énergétique, au cœur de la relation UE-Russie, reste sous la responsabilité de Poutine», assure Venediktov.
«Pour nous, le chef c'est toujours Poutine», confiait récemment à l'AFP un haut responsable européen en visite à Moscou. Confirmation dans l'entourage de Bernard Kouchner qui a rencontré la semaine dernière le nouveau président russe : «Medvedev n'a même pas essayé de passer pour le patron.»
Le fait que Poutine garde les rênes ne gêne en rien les rapports bilatéraux. Alexeï Venediktov va jusqu'à qualifier la relation de Poutine avec Sarkozy (qui ne se sont vus que deux fois) d'«encore plus chaleureuse qu'avec Chirac». Au Kremlin, on apprécie quand Sarkozy qualifie de «parfaitement légitimes» les élections législatives russes de décembre. Et on boit du petit-lait lorsque Bernard Kouchner félicite Medvedev d'avoir été «magnifiquement élu».

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La quotidien Libération a publié le 24 mai un article faisant écho à la première rencontre entre Bernard Kouchner et Dmitri Medvedev. Un Kouchner plutôt séduit, même si la journaliste rappelle que, le même jour, le FSB accroissait la pression contre le groupe pétrolier BP.

Le ministre français des Affaires étrangères, qui lui a rendu une courte visite au Kremlin mercredi, est ressorti très impressionné par le personnage. «C’est rafraîchissant et même extrêmement troublant de voir ce jeune type frêle de 40 ans dans les palais du Kremlin, entendait-on au sein de la délégation française, au sortir de l’entrevue. Au début, on se dit qu’il est déplacé, mais on voit que c’est un malin ! C’est l’homme d’une nouvelle génération. Il est
certainement plus pro-occidental que Poutine.»
«L’Occident voudrait tant faire de Medvedev un libéral, s’amuse Alexeï Pouchkov, journaliste de la télévision publique. Mais mes contacts directs avec Poutine m’ont montré qu’il était lui-même un homme ouvert. Medvedev me semble au contraire plus réservé.» Si Medvedev effectue aujourd’hui ses premières visites diplomatiques au Kazakhstan et en Chine, c’est aussi parce que les mains tendues de Poutine vers l’Occident n’ont pas toujours été payées de retour, plaide cet analyste, rappelant tout ce qui agace actuellement Moscou : le projet américain de bouclier antimissile en Europe, les candidatures de l’Ukraine et de la Géorgie à l’Otan… «Moscou fait comprendre que si l’Occident insiste sur ces positions, inacceptables pour la Russie, celle-ci a d’autres alternatives», résume Alexeï Pouchkov. Pourquoi attendre un changement à Moscou, alors que «les problèmes restent les mêmes», plaide également Fiodor
Loukianov, rédacteur en chef de la revue Russia in global affairs. Si Medvedev se rend en Chine, c’est aussi que le centre de gravité de la planète est en train de se déplacer vers l’Orient. «Pendant les huit années de présidence Poutine, le rôle de la Chine dans le monde a considérablement augmenté, souligne Fiodor Loukianov. Et la Russie a encore du mal à définir sa politique dans la région du Pacifique, elle y a accordé trop peu d’attention.»

Libération souligne que même si
Dmitri Medvedev souriait de toutes ses dents cette semaine à ses visiteurs occidentaux, ses services secrets, le FSB, poursuivaient l’offensive contre le groupe pétrolier British Petroleum (BP). Le FSB a fait une nouvelle descente cette semaine dans les bureaux moscovites du groupe BP, actuellement sous forte pression pour rendre ses parts dans un important gisement russe. L’offensive est typique des années Poutine. Elle rappelle notamment comment les dirigeants russes se sont réappropriés les gisements de Ioukos, et elle sert aussi un autre objectif central de la diplomatie russe : contribuer à la flambée des prix des hydrocarbures.

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Canal Info 7 sur 7 annonce aujourd'hui 21 mai sur son site Internet que l'ancien président français Jacques Chirac est devenu lauréat d'un prestigieux Prix d'Etat russe pour ses "actions exceptionnelles dans le domaine
humanitaire",

Ce Prix d'Etat, la distinction la plus élevée en Russie, avait été attribué en 2007 à l'écrivain et ex-dissident soviétique Alexandre Soljenitsyne et en 2006 au patriarche de Moscou et de toutes les Russies Alexis II."L'ex-président, bien connu dans le monde, est un brillant exemple de l'union réussieentre la politique et la culture", a déclaré le directeur du Musée de l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, Mikhaïl Piotrovski.
"Il est bien connu que M. Chirac a beaucoup fait pour la Russie en général, pour son intégration dans la communauté internationale, pour que le monde découvre la culture russe", a-t-il ajouté. M. Piotrovski a rappelé que l'ex-président avait traduit en français le roman en vers culte en Russie Eugène Onéguine d'Alexandre
Pouchkine, paru entre 1825 et 1832."

Sur le plan pratique le Canal d'info Javno nous informe que le lauréat va recevoir 5 millions de roubles, soit l'équivalant de 210, 800 $.
Jacques Chirac avait été personnellement invité, avec l'ancien chancelier allemand Gerhardt Shroeder (qui dirige désormais le projet de gazoduc Northstream), au dernier anniversaire de Vladimir Poutine.

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Dans son édition du 18 mai, le Sunday Times a publié une remarquable interview de Mikhaïl Khodorkovski dans laquelle celui-ci explique les tenants et aboutissants de la persécution dont il fait l'objet. En voici une traduction exclusive en français:
Depuis sa prison, Mikhaïl Khodorkovski se dit victime d’un « coup monté » d’un fidèle de Poutine

Mark Franchetti, Moscou

L’ancien oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski, qui purge actuellement une peine de huit ans d’emprisonnement pour escroquerie et fraude fiscale, a accusé l’un des collaborateurs les plus proches du Premier Ministre Vladimir Poutine d’avoir fomenté une machination pour le faire arrêter, et d’avoir soustrait des milliards à sa société pétrolière.

Khodorkovski a accusé Igor Sechin, ancien officier du KGB nommé vice Premier Ministre ce mois-ci, de piller sa compagnie pétrolière « par avidité ».

Personnage secret, Sechin, 48 ans, était auparavant secrétaire général et à la tête de Rosneft, la compagnie pétrolière d’Etat qui a pris le contrôle de la majeure partie du capital de Ioukos, le géant pétrolier de Khodorkovski.

Aujourd’hui, Khodorkovski attend son procès au motif de nouvelles accusations pour détournement et blanchiment d’argent, qui pourrait lui valoir une nouvelle condamnation de 27 années derrière les barreaux. Pour lui, les deux affaires ont été montées de toutes pièces par Sechin.

« Tout comme dans la première, la seconde affaire est l’œuvre d’Igor Sechin, » a déclaré le magnat dans une interview au Sunday Times depuis le centre de détention préventive de Chita au cœur de la Sibérie à quelque 6 500 km de Moscou.

« C’est lui qui a orchestré la première affaire contre moi par avidité et la seconde par lâcheté. Expliquer exactement comment il a réussi à convaincre son patron n’est pas chose aisée. Peut-être que Poutine a vraiment pensé que j’étais en train de comploter je ne sais quel coup politique, ce qui est ridicule, puisqu’à l’époque je soutenais publiquement deux parties d’opposition qui, au mieux, auraient pu obtenir 15 % des scrutins aux élections parlementaires. Il vaut mieux penser qu’ils n’avaient besoin d’aucune raison, simplement un alibi pour mettre la main sur Ioukos, la compagnie pétrolière la plus florissante de Russie ».

Le sort de Khodorkovski est considéré aujourd’hui comme une épreuve de vérité pour Dmitry Medvedev, le protégé de Poutine et nouveau Président de la Russie (selon la constitution, Poutine ne pouvait pas exercer plus de deux mandats consécutifs à ce poste). Ancien avocat, Medvedev qui est âgé de 42 ans et le plus jeune leader depuis le Tsar Nicolas II, a fait savoir que sa priorité était de mettre fin « au nihilisme légal » en Russie.

Nombreux sont ceux qui voient dans l’affaire Khodorkovski un symbole de la justice sélective et du système judiciaire douteux en vigueur en Russie – certains de ses ennemis allant même jusqu’à admettre que son procès a été une mascarade. La promesse de Medvedev de restaurer la loi a fait naître chez certains partisans de Khodorkovski l’espoir qu’il pourrait réhabiliter l’homme d’affaires emprisonné. Les milieux bien informés au Kremlin expliquent que c’est une décision que Medvedev ne prendra qu’avec l’assentiment de Poutine.

Khodorkovsky s’interdit tout commentaire sur une possible réhabilitation. Il a averti que Medvedev aurait besoin de temps pour agir de façon indépendante. « Pendant un temps Medvedev sera freiné par ses obligations personnelles envers Poutine. »

« L’issue de mon dossier dépend de la vitesse à laquelle la réforme du système judiciaire, que Medvedev dit vouloir mener à bien, sera effectuée. Dans n’importe quel tribunal indépendant, seul un parfait crétin avalerait le type d’accusations qui sont portées contre moi. Malheureusement, les réformes ne se font pas en un jour, mais certaines avancées de l’équipe de Medvedev font naître un optimisme prudent.” »

Khodorkovski, 44 ans, dont la fortune avant sa chute était estimée à plus de six milliards d’euros a été arrêté en octobre 2003 et condamné en juin 2005 à huit ans d’emprisonnement pour des délits que beaucoup estiment résulter de motivations politiques. Ioukos a été dépossédée de son capital, démantelée et vendue au terme de mises aux enchères douteuses, notamment à Rosneft après que Poutine eut nommé Sechin à la présidence de la société.

Khodorkovski a accompli une partie de sa peine au centre pénitentiaire de Krasnokamensk, sinistre ville de mines d’uranium près de la frontière chinoise où la température descend à -30° C. Il y a passé ses journées à repriser ses chemises et ses gants. Une nuit il a même été victime d’un compagnon de détention qui lui a tailladé le visage d’un coup de couteau.

Il a été transféré dans une maison d’arrêt de la capitale régionale l’année dernière à la suite de nouvelles accusations portées contre lui pour détournement de plus de 18 milliards d’euros

« Le plus dur et de loin c’est d’être séparé de ma famille – de mes vieux parents, de ma femme et de mes quatre enfants », dit-il. « Ils peuvent venir me voir mais les conditions étaient bien meilleures au centre pénitentiaire. Ici, ils doivent faire 6 500 km pour deux ou trois heures de visite ».

Au centre pénitentiaire, Khodorkovski était autorisé à recevoir des visites quatre fois par an trois jours d’affilée. Aujourd’hui il, ne sort de sa cellule – où il est sous surveillance vidéo 24 heures sur 24 – qu’une heure par jour. Dans l’éventualité d’une seconde condamnation, il sera transféré dans une prison encore plus dure réservée aux grands délinquants au nombre desquels des meurtriers et des violeurs.

La semaine dernière, un ex compagnon de détention, qui a partagé sa cellule avec Khodorkovski pendant un an, a révélé comment les gardiens de prison l’avaient forcé à signer une déclaration l’accusant de violer le règlement de l’établissement.

« J’ai dû prétendre que je l’avais vu marcher dans la cour sans avoir les mains derrière le dos comme l’exige le règlement, » a-t-il expliqué. « Ce n’était pas vrai mais on m’a fait comprendre que si je ne signais pas la déclaration, ils feraient en sorte que je ne sois pas libéré plus tôt. J’ai donc signé, mais je l’ai dit à Khodorkovski après. »

Khodorkovski aurait dû bénéficier d’une libération anticipée quelques jours plus tard seulement, mais il a perdu ce droit lorsque la déclaration de son compagnon a été versée à son dossier. Quand les avocats de Khodorkovski ont exigé de voir le film du délit incriminé, les autorités pénitentiaires ont prétendu que cela s’était produit dans le seul endroit de la cour non balayé par les caméras.

« On me rappelle constamment que je suis en prison jusqu’à nouvel ordre, » poursuit Khodorkovski, qui passe son temps à étudier les charges qui pèsent contre lui. « Dès qu’une condamnation est close, ils en ajoutent une autre et je peux dire adieu à une libération anticipée. Jour et nuit je suis soumis à une surveillance vidéo constante. Mes compagnons de cellule ont les nerfs qui lâchent habituellement au bout de six mois, mais jusqu’à maintenant je fais face. »

« Les années en prison, l’isolement, ce n’est pas facile mais c’est supportable. J’ai toujours aimé lire beaucoup, maintenant je lis encore plus. Etudier et réfléchir sont les grands privilèges de la prison. »

Informations complémentaires Anna Voutsen

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53aff76913adcbe38a6c69d08dda6842.jpgUne nouvelle potentiellement encourageante pour les observateurs de la vie politique russe est rapportée aujourd'hui 20 mai par RIA Novosti. Selon cette agence d'information russe, Medvedev "souhaite créer un groupe de travail chargé d'élaborer des mesures visant à perfectionner et à renforcer l'indépendance de la justice".

"Au terme de notre réunion, j'ordonne la création d'un groupe de travail spécial qui créera une enveloppe d'initiatives légales dans les plus brefs délais", a déclaré le président au terme d'une réunion consacrée au développement du système juridique russe.
Selon lui, le système judiciaire russe doit se débarrasser au plus tôt des décisions illégales, "prises sous l'effet de différentes formes de pression, d'influence et parfois, n'ayons pas peur de le dire, pour de l'argent".
M. Medvedev, ancien juriste, a affirmé que le système judiciaire avait nettement progressé depuis 1991.
"On a créé un système judiciaire, sur la base du précédent, certes, mais régi par de nouveaux principes. Une conception de la réforme judiciaire a été mise au point et appliquée", a-t-il précisé, se sentant obligé d'ajouter que le système judiciaire russe était conforme aux normes du droit international.

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Sur son site Internet, le Figaro reprend aujourd'hui une dépêche de l'AFP qui annonce que le nouveau président russe Dmitri Medvedev a demandé au gouvernement Poutine de préparer un plan contre la corruption. La Russie, où le marche des pots-de-vin est estimé à 240 milliards de dollars par an, est régulièrement classée comme l'un des pays les plus corrompus au monde par l'ONG Transparancy International.
Selon l'AFP,

M. Medvedev a appelé à "moderniser la législation anticorruption" afin d'en supprimer les "lacunes", à mettre en place "des stimulants" dans le domaine économique et social contre ce phénomène et à sensibiliser l'opinion à ce problème. "Il faut faire quelque chose. On ne peut plus attendre. La corruption est devenue globale et nous sommes obligés de lui opposer une réponse globale",
a declaré Medvedev.

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Le Figaro.fr a repris une dépêche AFP du 17 mai qui annonce que Gary Kasparov, l'ancien champion du monde d'échecs, a lancé à Moscou un parlement alternatif "réunissant des opposants de tout bord, des nationaux-bolcheviques aux ultra-libéraux en passant par les défenseurs des droits de l'Homme".

Quelque 500 "députés" de cette Assemblée nationale dont le lieu a été tenu secret jusqu'au dernier moment, ont "juré de ne pas ménager leurs forces et leur vie pour rétablir en Russie la souveraineté et le pouvoir du peuple". "Nous le jurons, nous le jurons", ont clamé, debout, les députés, parmi lesquels l'ex-conseiller économique de Vladimir Poutine, un ultra-libéral Andreï Illarionov, l'ancien président de la Banque centrale Viktor Guerachtchenko, le défenseur des droits de l'Homme Sergueï Kovalev, l'écrivain et leader des nationaux bolcheviques Edouard Limonov et Iouri Chmidt, avocat de Mikhaïl Khodorkovski, ex-patron de Ioukos qui purge sa peine de prison en Sibérie.

200px-2004-05-07t082710z_01_nootr_rtridsp_2_ouktp-russia-putin-oath.jpgThe Moscow Times.com analyse aujourd'hui la composition du nouveau gouvernement russe en déclarant qu'elle indique une diminution de l'influence des "siloviki" et peut donner le temps au nouveau Président de contrôler les groupes de services de sécurité en compétition permanente. La nouvelle position d'Igor Sechin, homme clé du Kremlin pendant le présidence Poutine et maintenant le vice Premier ministre en charge de l'énergie semble traduire, par exemple, la diminution de son influence.

giffarmbuero1.gifRomandie News a repris une dépêche AFP du 14 mai annonçant que Dmitri Medvedev a choisit l'Allemagne pour son première voyage en Europe en tant que chef d'Etat. Cette décision confirme la relation spéciale existant entre Moscou et Berlin. Le chef de la diplomatie allemande était ces jours ci le premier hôte étranger reçu au Kremlin par le nouveau président russe depuis qu'il a pris ses fonctions, le 7 mai. Angela Merkel avait aussi été le premier dirigeant étranger à se rendre à Moscou et à rencontrer le futur président russe peu après son élection le 2 mars. "Malgré les relations souvent aigres douces entre Mme Merkel et M. Poutine, l'Allemagne a toujours été un interlocuteur privilégié de la Russie, les échanges annuels entre les deux pays "dépassant les 50 milliards de dollars", souligne l'AFP

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Sur son site Internet, Romandi News reprenait hier une dépêche de l'AFP qui commentait la nomination d'Igor Setchine, un homme considéré par les analystes comme le principal instigateur de l’affaire Ioukos, à la tête de l'entreprise d'Etat chargée des chantiers navals.
Âgé de 47 ans, M. Setchine était numéro deux de l'administration présidentielle depuis 2002 et régulièrement présenté comme un pilier des "siloviki" (forces armées et FSB). Il est un fidèle de M. Poutine, qu'il avait suivi de son poste de maire-adjoint de Saint-Pétersbourg jusqu'au Kremlin.
M. Setchine, homme clé du Kremlin lors de la présidence de Vladimir Poutine est aussi chef du Conseil d'administration du premier groupe pétrolier russe Rosneft.
A la tête de Rosneft depuis 2004, Igor Setchine est considéré par les analystes comme le principal instigateur de l'affaire Ioukos, qui, en neutralisant un opposant politique potentiel, le patron du groupe Mikhaïl Khodorkovski, a aussi permis le retour dans le giron de l'Etat d'actifs pétroliers juteux.
Suite à la mise en faillite de Ioukos la grande majorité de ses actifs sont passé sous le contrôle du premier groupe pétrolier russe Rosneft.
Lundi 12 mai, Setchine avait été nomme vice-Premier ministre en charge de l'énergie, de l'industrie et des ressources naturelles dans le nouveau gouvernement, ce qui a été interprété par les analystes comme un recul de son influence.

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Le journal Le Monde présente dans son édition datée du 13 mai la composition du "gouvernement Poutine". Une nouvelle équipe a été dévoilée lundi, au sein de laquelle dominent, sans surprises, "d'anciennes éminences grises du Kremlin"

M. Poutine s'est ainsi entouré de sept vice-premiers ministres, parmi lesquels
les deux anciens responsables de l'administration présidentielle occupent une place de choix.Sergueï Sobianine, chef de l'administration du Kremlin, devient chef de cabinet du nouveau premier ministre, tandis que son ancien adjoint Igor Setchine, considéré comme l'homme des "services", est nommé vice-premier ministre en charge de l'industrie et de l'énergie.Lors de cette "transplantation d'organes du pouvoir", comme le titre le quotidien Kommersant, Igor Chouvalov, conseiller économique de l'ex-président Poutine, est nommé premier vice-premier ministre chargé des questions économiques et sociales. Sergueï Ivanov, autrefois pressenti comme dauphin potentiel de Vladimir Poutine, reste vice-premier ministre mais perd son statut de "premier" vice-premier ministre.La plupart des ministères régaliens ne changent cependant pas de mains : le chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, conserve son portefeuille, tout comme Anatoli Serdioukov à la défense. L'inamovible Alexeï Koudrine garde les finances, un poste qu'il occupe depuis huit ans.Leonid Reïman compte parmi les rares ministres à perdre leur portefeuille, soupçonné de contrôler par le biais de sociétés écrans l'opérateur de téléphonie mobile Megafon.
POUVOIR BICÉPHALE
Le président Dmitri Medvedev a lui aussi effectué ses premières nominations.Confirmant la valse entre la Maison Blanche et le Kremlin, le président russe a ainsi nommé à la tête de son administration l'ancien chef de l'appareil gouvernemental, tandis que le nouveau chef des services spéciaux (FSB), Alexandre Bortnikov, remplace Nikolaï Patrouchev, qui dirigera le Conseil de sécurité de la Fédération. Tous deux originaires de Saint-Pétersbourg, comme
l'ancien et l'actuel président, ils incarnent également la continuité avec la présidence sortante.
Le décor étant planté, reste à voir comment ce nouveau pouvoir bicéphale, largement favorable au premier ministre Poutine, pourra naviguer en dépit des luttes d'influence intestines qui ne manqueront pas de germer.

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Comme le souligne le Figaro dans un article publié le 9 mai et consacré à la journée de la grande parade de la Victoire en Russie,"pour la première fois depuis la disparition de l'Union Soviétique et la fin de la guerre froide, les missiles nucléaires font leur retour sur la place Rouge".

La Russie ne «menace personne», assurait pourtant en début de semaine Vladimir Poutine, encore président. Le défilé du 9 mai «est une démonstration de notre potentiel croissant en matière de défense (…) Nous sommes en mesure de défendre notre peuple, notre État, nos richesses et nous n'en manquons pas.» Moscou récuse l'image d'une puissance repliée sur elle-même. En témoigne l'approbation, signée hier, des sanctions contre l'Iran qui avaient été votées par les Nations unies au mois de mars.

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Selon The Economist, pour mieux comprendre le nouveau président russe, il faut surveiller ses actions, pas ses mots. Dans son éditorial du 8 mai, l'hebdomadaire fixe plusieurs critères pour juger d'un rapprochement possible entre la Russie et l'Ouest. La première condition serait que Medvedev libère Mikhail Khodorkovsky. The Economist rappelle aussi que "Medved" signifie "ours" en langue russe et que la pire façon de réagir aux ours est de montrer sa faiblesse et de courir dans tous les sens...

De quels pouvoir Vladimir Poutine va-t-il disposer dans sa nouvelle fonction de Premier Ministre? Comment Dmitri Medvedev peut-il acquérir une autonomie face à Poutine?
L'analyse de Robert Amsterdam en vidéo:

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Le site Internet du journal le Monde a repris hier 7 mai une dépêche de l'AFP concernant la liberté des media en Russie. Le parlement russe a adopté ele mois dernier en première lecture un amendement justifiant la fermeture des journaux « coupables de diffamation de manière répétée ».
L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a appelé hier le nouveau président russe Dmitri Medvdedv à améliorer la liberté de la presse dans son pays.

"Avec votre engagement personnel, les autorités russes pourraient contribuer grandement à l'amélioration nécessaire du respect de leurs engagements sur la liberté de la presse pris dans le cadre de l'OSCE", a écrit Miklos Haraszti dans une lettre envoyée au président Medvedev entré en fonction mercredi.
Dans son courrier, également adressé au chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, M. Haraszti a dressé une liste de recommandations comprenant notamment la poursuite d'enquêtes "complètes et indépendantes" sur les meurtres de journalistes, l'amélioration du pluralisme, l'arrêt des tracasseries administratives contre les journalistes et la révision d'un amendement sur l'extrémisme qui empêche les journalistes d'enquêter sur des sujets sensibles.M. Haraszti a également plaidé en faveur de la dépénalisation de la diffamation pour respecter la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme.

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Le site Internet du journal le Monde a repris le lundi 6 mai une dépêche de l'AFP qui décrivait pourquoi et comment le mouvement d'opposition L'Autre Russie de l'ex-champion d'échecs Garry Kasparov a dû annuler mardi une manifestation à la veille de l'investiture du président
Dmitri Medvedev, faute d'autorisation et après des menaces de la police et des interpellations.

"Jusqu'au dernier moment, nous avons essayé de trouver un compromis avec la mairie de Moscou. Nous ne voulons pas risquer des interpellations", a déclaré depuis le haut-parleur d'un véhicule de police le porte-parole de Garry Kasparov, Denis Bilounov, sur le lieu du rassemblement, au centre de Moscou. Une centaine de personnes, dont une majorité de journalistes, étaient présents, encadrés par un énorme dispositif policier, avec la présence
dans les rues avoisinantes de dizaines de camions des forces anti-émeutes. Deux manifestants, dont un avait déployé une banderole, ont été interpellés, a constaté une journaliste de l'AFP. "Ce n'était pas des élections, c'était une tragédie", a expliqué à l'AFP juste avant d'être interpellé Karen Makhmourien, 30 ans, évoquant le fait qu'aucune figure de l'opposition libérale, notamment M. Kasparov, n'a pu s'enregistrer comme candidat pour la présidentielle du 2 mars. Garry Kasparov, interrogé au téléphone par l'AFP, dénoncé "l'hystérie" policière des autorités à la veille de l'investiture de M. Medvedev et annoncé son intention de porter plainte contre le refus des autorités d'autoriser la manifestation en dépit du respect des procédures par son mouvement. L'Autre Russie, très marginalisée comme l'ensemble de l'opposition dite "démocratique", a expliqué entre autres la faible présence de ses militants mardi par l'interpellation préventive de plusieurs d'entre eux, notamment dans un appartement du sud de la ville, assiégé depuis le matin par la police. Selon un responsable policier cité par l'agence Interfax, il y a eu plusieurs dizaines d'interpellations à différents endroits de la ville. L'Autre Russie évoque 38 interpellations au total à proximité du lieu de la manifestation. La police de Moscou avait "recommandé" aux Russes de ne pas se rendre à la Marche du désaccord, organisée par des "provocateurs". "La majorité des Moscovites ne souhaite pas que l'ordre et la sécurité soient menacés. Les Moscovites se préparent aujourd'hui à une fête sainte : la fête de la Victoire (de la Seconde guerre mondiale, le 9 mai) et la grande fête politique qu'est l'investiture du président", avait ainsi estimé son chef, Vladimir Pronine. Les ONG russes Pour les droits de l'Hommme et le Groupe Helsinki de Moscou ont écrit mardi une lettre au maire de Moscou, Iouri Loujkov, en lui demandant d'autoriser la manifestation, en vain. Mais les actions de l'opposition, qui ont réuni jusqu'à plusieurs milliers de personnes en 2007, se déroulent dans un climat d'indifférence croissante.

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Fabrice Nodé-Langlois, le correspondant du Figaro à Moscou, est sceptique quant à la réalité du départ de Vladimir Poutine du Kremlin. Selon lui, dans un article publié dans l'édition du 5 mais, "jamais la Russie n'aura autant mérité son aigle à
deux têtes". Poutine quitte certes le Kremlin pour s’installer deux
kilomètres plus loin au siège du gouvernement fédéral. Et il a assuré que le seul
objet qu'il emportera du Kremlin sera un stylo-plume. Mais comme le remarque
Fabrice Nodé-Langlois, “il faudrait ajouter quelques centaines de fonctionnaires
qui le suivent“.

Le tandem surprenant formé d'un premier ministre ex-président et d'un président
ex-vice-premier ministre donne lieu à toutes les spéculations. La formule permet à Vladimir Poutine de rester au pouvoir sans violer la Constitution qui lui interdit un troisième mandat… consécutif. Depuis l'élection présidentielle remportée avec 70 % par le dauphin (à l'issue d'une campagne jugée «inéquitable» par les observateurs du Conseil de l'Europe), «Medvetine et Poudev», comme les surnomment des humoristes, mettent en scène un couple harmonieux. Il s'agit de détromper ceux qui ne voient dans le jeune Dmitri Medvedev, 42 ans, qu'une marionnette, comme ceux qui annoncent une cohabitation sanglante. Derrière l'apparence de cette transition maîtrisée, la lutte des clans fait rage en coulisses depuis des mois. Elle ne se réduit pas à l'affrontement des «libéraux» contre les «silovikis» (les hommes des forces de sécurité et du renseignement). Elle ne recouvre pas non plus une hypothétique bataille entre «poutiniens» et «medvedevistes». Rivalités d'ambition, défense de prébendes et enjeux financiers colossaux sont à l'origine de multiples manœuvres compromissions, arrestations, destitutions dans les cercles du pouvoir depuis l'automne.Medvedev le juriste, sans appuis solides connus dans les «services», y résistera-t-il ? «En Russie, on associe la politesse à la faiblesse, remarque un homme d'affaires européen qui l'a côtoyé. Medvedev est bien élevé, très poli. Mais il a une volonté qu'on sous-estime. Il connaît très bien les rouages du pouvoir. Au Kremlin, comme chef de l'administration présidentielle, il a appris à gérer les oppositions.»
Jamais la Russie n'aura autant mérité son aigle à deux têtes, symbole des tsars hérité de l'Empire byzantin, restauré dans les armoiries de la nouvelle Russie. Combien de temps les deux têtes s'entendront-elles pour faire voler l'aigle ? Un étranger bien introduit dans les cercles du pouvoir russe avertit : «Si l'Occident s'amuse à jouer Medvedev contre Poutine, ce sera dangereux et contre-productif, ça ne fera que les rapprocher davantage.»

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Eckhart von Klaeden, le porte parole du groupe CDU-CSU au Bundestag, s'est exprimé dans un "Point de vue" publié dans l'International Herald Tribune. Il estime que le sort réservé par le Kremlin à Mikhaïl Khodorkovsky donnera une indication importante quant à la direction que Dmitri Medvedev entend faire prendre à la Russie. Selon von Klaeden, la Russie se doit de renforcer l'autorité de la loi, avec des juges et des procureurs indépendants puisqu'elle doit absolument encourager l'afflux des investissements étrangers afin de stabiliser son économie. Le discours de Medvedev à Krasnoyarsk, dans lequel il a évoqué la lutte contre le "nihilisme légal", donne des motifs d'espoir. Ce dont la Russie a besoin, c'est d'une rupture complète avec le système Poutine, souligne von Klaeden.

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Alors que Dmitri Medvededv, juriste peu expérimenté en politique étrangère,
s'apprête à fêter son accession officielle au pouvoir le 7 Mai, les
observateurs, diplomates et analystes se demandent s'il "maintiendra le cap fixé
par son prédécesseur Vladimir Poutine ". L'Express.fr reprenait le 4
mai une dépêche de l'agence Reuters qui souligne que "Medvedev reste un mystère
dès qu'il s'agit de relations internationales".

Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, l'un des rares dirigeants étrangers à l'avoir longuement rencontré depuis son élection à la présidence le 2 mars, décrit Medvedev comme "intelligent, avec une excellente maîtrise des dossiers et un bon sens de l'humour", dans des remarques écrites adressées à Reuters. S'il projette, à 42 ans, une image "à l'occidentale", rien ne la justifie encore en pratique, estime pourtant Nikolaï Zlobine, de l'institut de la sécurité mondiale à Washington. "Je suis pessimiste. Je n'aime pas la façon dont les médias russes et le Kremlin s'efforcent de dépeindre Medvedev comme un type moderne à l'occidentale. Parce que je ne vois toujours pas ça", explique-t-il. La Russie ne montrera un visage plus amical envers les investisseurs étrangers ou ses voisins que lorsqu'elle sera confrontée à un ralentissement économique, dont elle est pour l'instant préservée par ses gigantesques recettes tirées du gaz et du pétrole, prédit cet analyste.Medvedev n'en a pas moins annoncé que ses premiers voyages à l'étranger après son accession à la présidence le conduiraient au Kazakhstan et en Chine, ce qui est un geste chargé de sens aux yeux de Fiodor Loukianov, rédacteur en chef du magazine Russia in Global Affairs."Peut-être que dans cinq ou sept ans, la Russie se posera une question importante: comment garder la parité politique avec la Chine. D'un point de vue économique, c'est assez clair, nous sommes loin derrière", souligne-t-il.Loukianov ne prévoit aucun changement de fond, au-delà d'un climat plus positif, envers les Etats-Unis ou l'Europe, sur lesquels Poutine a menacé de pointer des missiles si Washington persiste dans son projet de bouclier."Etant donné la popularité de la politique de Poutine, aucun responsable, dans aucun pays, ne serait assez fou pour en changer", déclare-t-il.

L'association Arts pour les libertés publiques, présidée par Kenneth Weissberg, avocat international, a organisé lundi 21 Avril 2008 un second concert six mois après celui de Paris. Autour d' Aurélien Pontier, Tatiana Vassilieva, Alissa Margulis et Alexandra Grot, ont joué Haydn, Prokofiev, Brahms et Tchaikovski afin de rappeler les provocations perpétrées par les pouvoirs publics russes contre les libertés fondamentales.

IMG_0963.JPG De gauche à droite: Aurélien Pontier, Tatiana Vassilieva, Alissa Margulis, Alexandra Grot.

La soirée a été ponctuée par les discours de Gunter Nooke, secrétaire aux droits de l'Homme dans le gouvernement fédéral allemand qui a déclaré que : " L' Allemagne se réjouissait des déclarations apaisantes du futur président Medevedev qui souhaite en finir avec le nihilisme juridique dans lequel la Russie se complait". Cependant, Nooke a précisé que "tant que des personnes comme Mikhail Khodorkovski, Platon Lebedev et Vassili Alexanian, ainsi que beaucoup d'autres prisonniers politiques, resteraient emprisonnés, il fallait veiller à ce que les mots de Medevedev ne restent pas de vaines paroles". "C'est pourquoi la chancelière Merkel soutient Dimitri Medevedev pour atteindre ces objectifs, notamment quant à l'application de la règle de droit en Russie."


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Gunter Nooke

Puis, Grigori Pasko, journaliste et ancien prisonnier politique a cité une célèbre expression russe: " Seule l'indifférence est à craindre car elle s'accommode de n'importe quelle horreur". Il a exprimé sa gratitude envers ceux qui se sentent concernés par les horribles crimes qui sont perpétrés en Russie aujourd'hui.

paskoberlin.JPG Grigori Pasko