
Dans un article publié dans la Rubrique BreakingViews.com du Monde daté du 2 mai, Pierre Briançon commente le refus de Romano Prodi de présider le gazoduc South Stream. Il remarque ironiquement que la tentative de recruter M. Prodi peut être comprise
comme le signe que M. Poutine prend Nabucco au sérieux. Si c'est le cas, il y croit plus que les Européens eux-mêmes.Selon Briançon
le gazoduc de l'Union est marqué par la désunion - et manque de gaz. Indépendamment même de l'Allemagne et de l'Italie, ses membres actuels se chamaillent et ne parviennent pas à s'entendre sur sa composition.
Gaz de France vient ainsi de se voir refuser de rejoindre Nabucco en raison de l'opposition de la Turquie, contrariée par la loi française assimilant le massacre des Arméniens de 1915 à un génocide. Ce faisant Nabucco s'est privé à la fois d'un investisseur et d'un client.
Plus grave encore, le projet de Nabucco n'a aucun sens économique sans le gaz iranien - ce que les sanctions américaines et européennes contre l'Iran empêchent d'envisager pour le moment. M. Poutine n'avait même pas besoin de M. Prodi pour affaiblir Nabucco : les Européens s'y emploient très bien eux-mêmes.