April 2008 Archives

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Dans un article publié dans la Rubrique BreakingViews.com du Monde daté du 2 mai, Pierre Briançon commente le refus de Romano Prodi de présider le gazoduc South Stream. Il remarque ironiquement que la tentative de recruter M. Prodi peut être comprise

comme le signe que M. Poutine prend Nabucco au sérieux. Si c'est le cas, il y croit plus que les Européens eux-mêmes.
Selon Briançon
le gazoduc de l'Union est marqué par la désunion - et manque de gaz. Indépendamment même de l'Allemagne et de l'Italie, ses membres actuels se chamaillent et ne parviennent pas à s'entendre sur sa composition.
Gaz de France vient ainsi de se voir refuser de rejoindre Nabucco en raison de l'opposition de la Turquie, contrariée par la loi française assimilant le massacre des Arméniens de 1915 à un génocide. Ce faisant Nabucco s'est privé à la fois d'un investisseur et d'un client.
Plus grave encore, le projet de Nabucco n'a aucun sens économique sans le gaz iranien - ce que les sanctions américaines et européennes contre l'Iran empêchent d'envisager pour le moment. M. Poutine n'avait même pas besoin de M. Prodi pour affaiblir Nabucco : les Européens s'y emploient très bien eux-mêmes.

Russia%2520Ukraine%252001_1.gifThe New York Times rapporte aujourd’hui 29 Avril que l'ancien Président du Conseil italien, Romano Prodi, a refusé l'offre de Gazprom de prendre la tête du projet SouthStream. L'ancien chancelier allemand Schröder avait lui eu moins de scrupules en acceptant l'offre de diriger le projet NorthStream, concurrent du projet européen Nabucco. Schröder est il est vrai, depuis, sévèrement critiqué dans son pays et dans la plupart des pays occidentaux. La tentative de Gazprom d’attirer Romano Prodi montre néanmoins la détermination de cette compagnie de continuer à tenter de séduire les anciens responsables européens afin d'accroître encore son influence politique.

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L'Express.fr reprenait le 25 avril une dépêche de l'agence Reuters concernant les amendements législatifs signés vendredi par le président sortant Vladimir Poutine. L'opposition estime que la nouvelle loi limitera encore un peu plus la démocratie russe en restreignant le nombre des questions qui peuvent être proposées au référendum.

Les parlementaires du parti Russie unie (pro-Kremlin) rétorquent aux précédents que les nouvelles mesures feront échec aux tentatives pour organiser des référendums sur des questions qui pourraient porter atteinte à la Constitution. Après la signature de Poutine, les référendums ne peuvent plus porter que sur les affaires locales. Les communistes soulignent que cela les empêche d'organiser un vote national sur des affaires fédérales.

Les députés restreignent encore la liberté de la presse

L'Express fr. rapporte aussi que

le Parlement a approuvé vendredi un amendement conférant aux tribunaux le droit de fermer des médias pour diffusion de calomnies. L'amendement, déposé par un député de Russie unie, Robert Chlegel, a été adopté par 399 voix contre une.
"Nous n'encourageons pas les gens à intenter des poursuites pour défendre leur honneur ou leur dignité, nous ne faisons qu'inciter les rédacteurs en chef à se demander plutôt deux fois qu'une s'il vaut la peine de publier des articles à sensation", a déclaré le député nationaliste Sergueï Ivanov.
Chlegel a démenti que l'amendement ait le moindre rapport avec un article sur la vie privée de Poutine, soulignant qu'il était en préparation bien avant.
Le journal qui avait annoncé que Poutine allait se remarier avec la gymnaste olympique Alina Kabayeïa a fermé la semaine dernière. Le chef du Kremlin avait affirmé qu'il ne contenait "pas un mot de vrai".

censorship.jpgMarie Jego, la correspondante à Moscou du journal “Le Monde” s'interroge, dans son article daté du 26 Avril, si il existe encore une censure d’Etat sur la production artistique en Russie et analyse le phénomène d’autocensure qui continue de marquer la vie culturelle russe. Elle estime que même si à Moscou, la question de la censure fait sourire, le problème est parfois réel.

"Impossible à l'heure actuelle de contrôler ce qui se fait en matière de théâtre, de littérature ou de peinture", affirme le metteur en scène de théâtre Ivan Popovski.
Andreï Erofeev, qui dirige le département d'art contemporain à la galerie Tretiakov à Moscou, en sait quelque chose. Pour avoir exposé en mars 2007 au Musée Sakharov des oeuvres censurées, il est poursuivi en justice par un groupe de patriotes orthodoxes et a été prié par sa hiérarchie de ne plus rien organiser. Son exposition, "Entrevoir l'interdit", a déclenché de fortes réactions de rejet.
Le plus étonnant est qu'aucune consigne de censure n'est venue du sommet de l'Etat. L'initiative est venue de quelques individus, "une forme d'autocensure", précise Andreï. Ce genre d'initiative, impensable il y a dix ans, est encouragé par le discours officiel. Dominé par les notions de "patriotisme" et de repli sur soi, celui-ci ne laisse aucune place à la tolérance ou à l'altérité.
Natalia Milovzorova, de la galerie Guelman à Moscou, se heurte aussi à la censure. Elle raconte comment les douanes s'opposent de plus en plus souvent à l'exportation de certaines oeuvres sous prétexte qu'elles portent atteinte au prestige de la Russie. Une série de photographies des Nez bleus, représentant des croix orthodoxes fabriquées avec des morceaux de pain noir et de saucisson, a été récemment bloquée par la douane. "Depuis, les photos sont envoyées par disquettes, c'est plus simple", résume Natalia Milovzorova.
Le cinéma est lui aussi concerné. Le dernier film du cinéaste polonais Andrzej Wajda, Katyn, qui relate le massacre de 4 420 officiers polonais par le NKVD (l'ancêtre du KGB) près de Smolensk en 1940, a ainsi été montré à Moscou deux fois seulement, lors de projections organisées "sur invitation".
Il est vrai que, pour des générations de Russes, les officiers polonais exécutés sur le territoire de l'URSS (22 000 en tout) l'ont été par l'armée d'Hitler. Cette version des faits a prévalu pendant toute la période soviétique. La responsabilité du NKVD n'a été révélée qu'en 1992, quand Boris Eltsine a remis à la Pologne les archives sur ces massacres. Au moment où la version officielle soviétique tend à refaire surface, il n'était pas question de montrer à un large public le film de Wajda, qui dit tout le contraire.




200px-StPetersburgDocks.jpgLe Figaro.fr a repris aujourd’hui 24 Avril un article du quotidien russe Vedomosti, selon lequel le géant gazier russe Gazprom veut prendre le contrôle direct de la compagnie pétrolière russo-britannique TNK-BP avant la fin de l'année.

"Il a déjà été décidé que TNK-BP sera vendu pour 20 milliards de dollars. La transaction sera faite d'ici la fin de l'année", a affirmé une source proche de la direction de Gazprom à Vedomosti.
TNK-BP, 3e groupe pétrolier de Russie, a vu les ennuis, notamment judiciaires, pleuvoir sur lui ces derniers mois.
Après avoir subi des perquisitions fin mars, il a annoncé mercredi être l'objet d'une nouvelle demande d'arriérés du fisc russe. Nombre d'analystes estiment qu'il pourrait s'agir de pressions détournées pour contraindre le groupe à s'offrir à Gazprom.

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Le journal Le Monde a analysé hier 23 Avril l’affaire du faux scoop sur le présumé remariage du président Poutine avec une ex-championne de gymnastique rythmique, de 30 ans sa cadette. Marie Jego explique que l’actionnaire principal du tabloïd russe Moskovski Korrespondent, Alexandre Lebedev

voit ses ambitions médiatiques contrariées. Propriétaire (avec Mikhaïl Gorbatchev) du bi-hebdomadaire d'opposition Novaïa Gazeta, où travaillait la journaliste assassinée Anna Politkovskaïa, l'oligarque avait lancé le tabloïd en septembre 2007. Il pensait en faire une tribune populaire contre le tout-puissant maire de Moscou, Iouri Loujkov. Le moment était propice : aux manettes de la capitale russe depuis 15 ans, Iouri Loujkov devrait être appelé à d'autres fonctions sitôt achevée la transition de pouvoir entre Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, le 7 mai.
L'affaire du scoop a pris de court le banquier, au retour d'une partie de pêche. Le journal n'y est pas allé de main morte, affirmant que M. Poutine avait divorcé en février de son épouse Lioudmila et qu'il allait épouser en juin l'ancienne gymnaste Alina Kabaeva, 25 ans.
Ces informations avaient été confiée au journal par une société de services de Saint-Pétersbourg, candidate à l'organisation des festivités nuptiales. Sollicitée pour confirmation au moment où le scoop se dégonflait, la source a démenti, plaçant la rédaction dans l'embarras et alimentant des soupçons de manipulation.
Le banquier Lebedev reconnaît qu'il n'a pas que des amis. En tant qu'actionnaire de Novaïa Gazeta, il a promis une grosse récompense dans l'enquête sur l'assassinat d'Anna Politkovskaïa. Ancien membre du conseil municipal de Moscou, il est l'auteur d'une loi limitant la présence des casinos dans la capitale. En outre, il serait "le seul à critiquer la mafia du BTP à Moscou", comme il l'a dit récemment sur les ondes de Radio Svoboda.
L'un de ses amis, le vice-ministre des finances, Sergueï Stortchak, est dans une plus mauvaise passe que lui. Soupçonné d'"avoir eu l'intention" de dérober de l'argent du budget, il commence son sixième mois de détention provisoire et devra rester derrière les barreaux jusqu'en juillet. Pourtant, aucune preuve n'a été trouvée contre lui. Pire, il n'a jamais été interrogé.
Alexandre Lebedev s'est ému de cette situation. Prenant la plume dans Novaïa Gazeta, il a dénoncé les auteurs de la machination déclenchée contre Stortchak, soit "ceux qui se couchent le soir sans ôter leurs uniformes de Vychinski (le procureur de Staline) ", autrement dit le clan des "silovikis", les durs du régime.


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Selon une dépêche hier 22 Avril de l'agence RIA Novosti, Gazprom entend accroître sa coopération avec l'italien Eni.


"Nous sommes présents en Libye depuis un certain temps. Nous avons acquis une certaine partie des actifs de l'allemand BASF et maintenant nous sommes en négociation avec Eni sur une coopération (dans ce pays) »-

a déclaré dans un entretien au Corriere della Sera le vice-président du holding gazier Alexandre Medvedev.
Le numéro deux de Gazprom n'a pas écarté l'éventualité de la construction en Libye d'un nouveau gazoduc.
Interrogé par le journal sur l'attitude de Gazprom envers le projet de gazoduc Nabucco, M. Medvedev a noté: "Nous ne sommes pas hostiles au gazoduc Nabucco. Je suis sûr que les besoins de l'Europe seront tels que tout le monde aura du travail. Nous ne considérons pas Nabucco comme un concurrent".
"L'idée selon laquelle le gaz pourrait être utilisé comme un outil politique est absurde", a-t-il indiqué en rejetant les allégations reprises par la presse occidentale. S'agissant de la volonté de Gazprom de s'ancrer sur les marchés européens, M. Medvedev a noté que souvent cette volonté du holding russe est considérée comme un danger.
"C'est un fait intéressant. Dans notre pays, des sociétés étrangères, dont l'italien Eni, participent à la privatisation de RAO EES (holding de l'électricité). Elles obtiennent le contrôle d'entreprises stratégiques. Personne ne dit que cela met en cause notre sécurité nationale. Mais en Europe, on se met immédiatement à crier danger", a-t-il encore indiqué.

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Dans une dépêche l’agence RIA Novosti, annonce aujourd’hui 21 Avril, que

la coalition d'opposition anti-Poutine, l'Autre Russie, a annoncé lundi son intention d'organiser une "marche du désaccord" dans le centre de Moscou le 6 mai prochain, la veille de la cérémonie d'investiture du nouveau président russe Dmitri Medvedev. L'Autre Russie, qui regroupe le Front civique unifié de Garry Kasparov, les nationaux-bolcheviks d'Edouard Limonov et plusieurs mouvements de jeunesse, comptent rassembler près de 2.000 sympathisants, a précisé le membre du comité exécutif de la coalition Alexandre Averine. Une demande d'autorisation pour se rassembler place Tourgueniev a été déposée lundi à la mairie de Moscou qui doit donner sa réponse dans une semaine. Les "marches du désaccord" sont l'appellation donnée aux manifestations de l'opposition hétéroclite, en opposition farouche à Vladimir Poutine, qui dénoncent le recul de la démocratie en Russie. Lors de la dernière "marche" organisée le 3 mars à Moscou sans le feu vert des autorités, la police avait brièvement interpellé le leader de l'Union des forces de droite (SPS) Nikita Belykh et le militant des droits de l'homme Lev Ponomarev.

210408-thumb.jpgLe Figaro nous fait part aujourd’hui 21 avril de ce que

le journal russe Moskovski Korrespondent, à l'origine des rumeurs sur un divorce et un remariage du président Vladimir Poutine avec une gymnaste, a annoncé sa "suspension".Vladimir Poutine avait réfuté vendredi des rumeurs lancées par ce journal, créé en septembre dernier et quasiment inconnu en Russie, en évoquant les "limites" à ne pas franchir. Moskovski Koprrespondent avait spéculé sur un éventuel divorce de M. Poutine de son épouse Lioudmila et un remariage avec la championne de gymnastique Alina Kabaeva.
"J'ai toujours eu un sentiment négatif à l'égard de ceux qui, avec leur nez rempli de morve et leurs fantasmes érotiques, s'immiscent dans la vie des autres", avait déclaré M. Poutine, en visite en Italie.

S'intéresser à la vie des autres, effectivement, cela ne peut que choquer l'ancien espion du KGB...

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The Economist a publié le 17 Avril un article intéressant sur la durabilité prévisible de la coopération politique entre Poutine et Medvedev en se demandant combien de temps le gouvernement russe pourrait bien fonctionner avec ces deux leaders. Selon le journal, on ne peut exclure qu'en cas de compétition pour le pouvoir entre les deux hommes, Poutine pourrait perdre. Malgré l'image d'homme faible qui lui est accolée, Medvedev pourrait se révéler un politicien capable d’éliminer Poutine du jeu politique. D'autant que ce dernier, comme Premier Ministre, sera amené à gérer nombre de problèmes épineux et source d'impopularité, comme l’inflation en hausse, estime The Economist.

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Selon une dépêche aujourd'hui de l'agence RIA Novosti, Dmitri Medvedev a chaudement félicité Silvio Berlusconi, dont la coalition a remporté les élections législatives anticipées en Italie.

"Pour la Russie, l'Italie est un partenaire privilégié, et nous souhaitons renforcer et développer tous azimuts les liens historiques étroits et fructueux entre nos pays", a-t-il indiqué dans son message.
Pendant ce temps Silvio Berlusconi recevait ce jour en Sardaigne son ami Vladimir Poutine, premier chef d'Etat à lui rendre visite depuis son élection. Ainsi que le remarque Euronews
Il Cavaliere en a profité pour relancer les négociations sur le rachat de la compagnie aérienne nationale, Alitalia, par le russe Aéroflot. Négociations qui avaient échoué en novembre.

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Il faut lire aujourd'hui l'hebdomadaire Le Point, qui publie un reportage fascinant concernant notamment les conditions de détention de Mikhaïl Khodorkovski. Le journaliste Marc Nexon a également interviewé la mère de Mikhaïl, qui place de (minces) espoirs dans le fait que "l'opinion de l'Occident compte beaucoup pour Medvedev". Cette interview est publiée en intégralité sur le site Internet du Point.

Nous publions ci-dessous l'intégralité de ces deux excellents textes: ...


"Khodorkovski, le milliardaire embastillé"

Elles n’ont pas envie de partir. Elles se tiennent là, à une vingtaine de mètres du portail de la prison. A observer les étages d’un grand bâtiment gris percé de petites fenêtres à barreaux. La tête emmitouflée dans leur col de fourrure, Olga et Natalia discutent à voix basse. Aujourd’hui, elles ont rendu visite à leurs fiancés, détenus ici depuis plus d’un an. « Le mien a perdu 10 kilos , s’inquiète Olga, on lui sert de la soupe tout juste bonne pour les porcs. On y trouve parfois des détritus et même des boulons ! » Mikhaïl Khodorkovski ? Evidemment, qu’elles en ont entendu parler. Ce matin, elles l’ont même aperçu en se rendant au parloir. Vêtu d’un survêtement et menotté. « Trois hommes cagoulés l’escortaient », disent-elles. Soudain, le téléphone de Natalia sonne. « Ah, c’est toi... », pouffe-t-elle en jetant un regard au-dessus des clôtures hérissées de barbelés. A l’autre bout du fil, son fiancé Igor, qui a réussi à récupérer un portable au sein même de la prison. Igor accepte de dire un mot... Mais vite. « Je ne sais rien sur Khodorkovski. J’arrive à voir la fenêtre de sa cellule, c’est tout ! » Pas étonnant. Celui qui fut l’homme le plus riche de Russie vit désormais sous très haute surveillance. Transféré ici en Sibérie, loin de Moscou, sur les anciennes terres du goulag, à 300 kilomètres de la Mongolie, une région où les températures hivernales plongent à-30 °C. Son crime ? Fraude fiscale à grande échelle. Voilà pour la version officielle. La vraie raison est ailleurs. Mikhaïl Khodorkovski, 44 ans, a eu la mauvaise idée de financer les partis d’opposition. Impardonnable aux yeux du Kremlin. « Poutine a cru que cet homme intelligent et fortuné voulait lui ravir le pouvoir », raconte le journaliste russe Valery Paniouchkine, auteur d’un ouvrage intitulé « Le prisonnier du silence » (Calmann-Lévy). Le 25 octobre 2003, la sentence tombe. Le milliardaire est arrêté à sa descente d’avion à Novossibirsk. Dix-neuf mois plus tard, il écope de huit ans de prison. Quant à Ioukos, sa compagnie pétrolière assise sur un volume de barils supérieur à celui du Koweït et devenue la plus compétitive du pays, elle sombre. Dépecée et revendue à des entreprises d’Etat. Dossier classé ? Nullement. Les procureurs russes instruisent une deuxième accusation à l’encontre de l’homme d’affaires : le détournement de près de 20 milliards de dollars. Soit l’équivalent de six années de production de Ioukos. « Absurde ! » lance Khodorkovski du fond de sa cellule.
Qu’importe. L’ex-magnat du pétrole risque cette fois une peine de vingt-deux ans d’emprisonnement. Sévère pour un délit politique ! Et les protestations des capitales occidentales n’y font rien. « Il savait que le pouvoir le menaçait, mais il ne pensait pas que les choses iraient aussi loin », poursuit Paniouchkine. Pourtant, Khodorkovski fait front. Il passe les deux premières années de sa détention à Krasnokamensk, un village adossé à une mine d’uranium insalubre, proche de la frontière chinoise. Il y coud des moufles huit heures par jour. A trois reprises, ses gardiens le punissent en le plaçant en cellule d’isolement. Ses fautes ? Deux citrons retrouvés dans ses affaires et une tasse de thé bue en dehors des horaires impartis. Il reçoit aussi la visite de sa famille durant soixante-douze heures tous les deux mois. Les jours s’écoulent ainsi jusqu’à l’ouverture de la deuxième enquête.

En décembre 2006, changement de programme : il est transféré à Tchita, la capitale régionale. Une ville de 350 000 habitants, fière de sa statue de Lénine en marbre, de son architecture soviétique à colonnades, de son palais rose à trois étages devenu le refuge du FSB et de ses isbas aux volets dentelés. Un abri aussi pour les mafias locales, qui y prospèrent au milieu de la steppe et des forêts de pins.

Khodorkovski, lui, découvre un nouveau décor : le centre de détention préventive IZ-75/1, construit avant la révolution bolchevique et situé à deux stations de tramway de la place Lénine. « Un cauchemar, soupire Oleg Kuznetsov, un universitaire de la ville, amené un jour à le visiter. L’air y est irrespirable et les champignons poussent sur les murs. » Ici s’entassent 2 200 prisonniers, condamnés ou simples accusés, pour 700 places. Sacha, inculpé pour trafic de bois avec les Chinois, y a séjourné neuf mois avant d’être libéré en février 2007. « Nous étions 40 dans une cellule de 18 mètres carrés avec seulement 8 lits , raconte-t-il en sirotant un thé dans sa maison en rondins à la sortie de la ville. Là-dedans, tout le monde tousse et fume. Certains attrapent la tuberculose, chez nous il y avait 15 malades. »

Rien de tel, cependant, pour Khodorkovski, totalement coupé de la vie de la prison. Sacha le sait. Pendant trois mois il a occupé le même bâtiment que l’ex-milliardaire. « Moi, j’étais au deuxième étage, lui au troisième, juste au-dessus. Un endroit truffé de caméras. » Son régime ? Une cellule de 15 mètres carrés, équipée d’une vieille télévision. Vingt gardiens le surveillent nuit et jour avec pour instruction d’éviter tout contact. « Ils viennent d’autres régions de la Russie et l’administration les remplace tous les mois », précise Sacha. Interdiction aussi pour Khodorkovski de communiquer avec les autres prisonniers. « Je l’ai croisé deux fois dans un couloir, raconte Vladimir, un blond costaud coiffé d’une casquette siglée Black Leopards et libéré l’été dernier. Les gardiens vous plaquent immédiatement ventre au mur. Le simple fait de prononcer son nom peut vous expédier au cachot. » « On place aussi régulièrement dans sa cellule un ou deux autres détenus qui ont pour mission de tout raconter et de prévenir une tentative de suicide », ajoute Sacha.

Les autorités s’acharnent.

Les journées de Khodorkovski ? Réglées à la minute. Réveil à 6 heures, promenade d’une heure dans une cour de 30 mètres carrés protégée par un filet tendu en surplomb. Et douche une fois par semaine. Le reste du temps, il lit. Beaucoup. Une centaine d’ouvrages au cours des neuf derniers mois et une soixantaine de revues auxquelles il a souscrit un abonnement dont l’hebdomadaire britannique The Economist . « Je lui faisais aussi passer mes mots fléchés par les gardiens », dit Sacha. Mais Khodorkovski s’emploie surtout à éplucher son dossier d’accusation. Des centaines de kilos de documents saisis par les enquêteurs regroupant aussi bien des factures de pressing que des albums photo ou des lettres personnelles. « Un fourre-tout sans cohérence et sans preuves, s’insurge Vadim Kliouvgant, l’un de ses avocats, mais on vérifie tout, de crainte de tomber sur un document falsifié. » Car les autorités s’acharnent.

En octobre 2007, l’oligarque aurait pu bénéficier d’une libération conditionnelle pour avoir purgé la moitié de sa peine. Pas de chance ! Une semaine avant la date fatidique, la direction de la prison le réprimande. Motif : il n’a pas maintenu ses mains dans le dos au retour d’une promenade. Khodorkovski proteste. Demande l’arbitrage de la vidéo. On lui rétorque que les caméras ne filmaient pas le passage où il se trouvait.

Dans la routine de ses journées, seul l’examen des pièces de son dossier lui donne l’occasion de sortir de la prison. Il est alors acheminé au siège de la procuration, à dix minutes de là, dans un fourgon blanc aux vitres masquées. De la fenêtre de sa cellule Sacha profite souvent de ce moment pour l’interpeller. « Hé ! Micha Ioukos ! Est-ce que t’as un lecteur DVD ? » lui crie-t-il un jour. Dans la cour, l’intéressé a le temps de répondre « oui » de la tête. « J’ai voulu lui prêter un film sur la guerre en Afghanistan mais ses gardiens ont refusé, pensant qu’il y avait un message codé sur le disque. » Paranoïa, toujours, autour du plus célèbre prisonnier du pays... Iouri, un ancien cuisinier de la prison, s’en souvient. « A partir du moment où il est arrivé, il a fallu ouvrir toutes les boîtes de conserve et verser leur contenu dans des sacs plastique. Je ne savais plus quoi en faire ! »

Hormis l’étage ultrasécurisé de Khodorkovski, la prison de Tchita obéit à ses règles propres. Celle d’une hiérarchie très stricte entre prisonniers. Avec allégeance à Nikolaï, leur chef (le smotriyachiy ) incarcéré pour le meurtre d’un policier et détenteur d’un droit de vie et de mort sur autrui. « L’année dernière, un gars se savait condamné à mort parce qu’il avait volé les affaires d’un codétenu , raconte Vladimir, l’ex-détenu à la casquette. Il a préféré se pendre avant qu’on le tue. » Règne aussi de la corruption. « Avec de l’argent, vous obtenez tout des gardiens », poursuit Vladimir. Quoi donc ? « Un téléphone portable par cellule, de la drogue, de la vodka et même une prostituée pour 15 000 roubles [440 euros] . » Alors, Khodorkovski ? Il a bien un mobile ? Sacha sourit. « Lui est privé de liberté au vrai sens du terme... » Un signe : depuis son transfert à Tchita, les visites de sa famille sont sévèrement encadrées. Au rythme d’une rencontre de trois heures, une fois par mois. « Plutôt deux heures et demie car il faut d’abord franchir une vingtaine de portes, rectifie Marina Filippovna, 72 ans, la mère de Khodorkovski, venue voir son fils en Sibérie le 20 mars. J’avale mes comprimés pour le coeur avant, pour marcher plus vite. »

Grève de la faim.

La vieille dame aux cheveux gris reçoit à 50 kilomètres de Moscou, dans l’immense propriété du lycée-internat destiné aux orphelins et jadis fondé par son fils. « Mes visites à la prison se déroulent de la même manière. Un gardien est assis à nos côtés et écoute notre conversation , raconte-t-elle en offrant des gâteaux au chocolat. Alors, on se fait des petits signes de l’oeil. » Elle se lève et éteint sa bouilloire à thé. « Il a beaucoup maigri... Deux tailles de pantalon, mais il a bon moral. » Elle évoque la grève de la faim menée par son fils en février afin de soutenir un autre ancien dirigeant de Ioukos incarcéré et privé de soins. Et poursuit : « La prison lui a alors envoyé une psychiatre pour l’inciter à stopper. "Vous me croyez fou ?" lui a-t-il demandé. A la fin, il a inversé les rôles et c’est lui qui consolait le médecin... Lorsqu’il m’a raconté cette histoire, on a ri aux larmes ! »

A cet instant apparaît Boris, le père de Khodorkovski, pris par les tremblements de la maladie de Parkinson. Sans un mot, il part chercher une photo. Celle-ci date de 2000. On y voit Poutine serrer la main de son fils lors d’une cérémonie. « Entre ce que Poutine dit et ce qu’il fait, il y a un grand fossé », reprend la mère. Une libération ? La famille s’accroche désormais à l’hypothèse d’une grâce présidentielle. Pour l’heure, Dmitri Medvedev, le nouveau président, élude la question. « L’affaire dépend de la justice », dit-il. « Notre espoir, c’est que l’opinion de l’Occident compte beaucoup pour Medvedev, ajoute Marina. Mais mon fils ne se plaint pas. Il me dit toujours : "Ne t’inquiète pas, maman, je ne perds pas mon temps ici, je lis tout ce que je n’ai jamais eu le temps de lire. Et puis, j’ai déjà eu trois vies, étudiant, businessman, prisonnier, j’en aurai une quatrième". » [voir l’intégral de l’interview sur lepoint.fr] . De sa cellule, Khodorkovski a accepté de répondre à une question transmise par Le Point sur ses projets lorsqu’il recouvrera la liberté. « Je verrai si le pays a besoin de mes connaissances et de mon expérience », écrit-il. « Je ne sais pas s’il fera de la politique, conclut sa mère, mais il s’investira dans l’éducation. Pour lui, c’est là que se bâtit une démocratie. »

Ami de khodorkovski et prêtre déchu

«V ous voyez, j'ai coupé ma barbe et mes cheveux. » Sergueï Taratoukhine a des sanglots dans la voix. « Etre prêtre, c'était toute ma vie », dit-il. Or le voilà puni pour avoir lié son sort à celui de Mikhaïl Khodorkovski. Lorsque le célèbre oligarque rejoint la prison sibérienne de Krasnokamensk en 2005, le père Sergueï officie à l'église du village. Les autorités lui demandent alors de bénir l'établissement pénitencier. Il refuse. Il a croupi pendant quatre ans dans un goulag au temps de l'URSS pour activités anticommunistes. Et il entend bien défendre la cause de tout « prisonnier politique ». Il rencontre même Khodorkovski dans sa cellule. Et l'encourage à tenir bon. Le pas de trop... L'Eglise orthodoxe le chasse de ses rangs. Un an plus tard, n'y tenant plus, il fait acte de repentance, plaidant coupable pour son « orgueil ». Cela ne suffira pas. Il s'occupe désormais du gardiennage et de la boutique de souvenirs de la cathédrale de Tchita. Un déchirement. « Je demande à redevenir prêtre dans la plus petite église de Sibérie s'il le faut... » Rien à faire. « Ce qu'il a fait est suffisamment grave, Khodorkovski n'est pas en prison par hasard », tranche l'évêque de Tchita, Ievdokimov, à l'issue de sa messe, juste avant de s'engouffrer dans un 4 x 4 Toyota noir. « C'est vrai, je n'ai pas changé d'avis sur Khodorkovski », dit le prêtre déchu, assis sur un banc de la place Lénine. Il ouvre un carnet et montre une prière qu'il a écrite et qu'il récite chaque jour : « Seigneur, pardonne à tous ceux qui torturent Khodorkovski... » M. N.

L'indifférence de la population russe

«K hodorkovski ? Oui, ça me dit quelque chose... » Le jeune Pavel, en blouson de cuir, croisé au cimetière de Tchita un dimanche après-midi, a beau se montrer aimable, il ne sait rien de l'ex-milliardaire emprisonné dans sa ville... Comme la plupart de ses compatriotes, le sort du milliardaire le laisse indifférent. Il faut se rendre dans un musée pour voir l'oeil d'une vieille gardienne s'allumer. Pas n'importe quel musée ! Celui des décembristes, un lieu érigé à la mémoire de plusieurs libéraux qui se soulevèrent en 1825 et que le tsar déporta non loin d'ici. « A la télévision, on nous dit que Khodorkovski est un voleur ! lance l'octogénaire en pantoufles. Mais c'est injuste, car il y en aurait du monde à emprisonner en Russie ! »

Pas faux. Certes, l'ancien PDG de Ioukos n'est pas un ange. Il a acquis sa compagnie pétrolière dans des conditions douteuses au cours de la grande braderie des privatisations des années Eltsine au milieu des années 90. Et il était devenu trop puissant aux yeux du Kremlin. Mais, à sa décharge, Mikhaïl Khodorkovski a été l'un des premiers dans son secteur à miser sur l'innovation et le management à l'occidentale. D'où les performances passées de son groupe.

A Tchita, on ne voit jamais arriver les quelques gazettes d'opposition publiées à Moscou. Les soutiens de Khodorkovski sont donc une poignée. Il y a trois semaines, son comité de défense a reçu la visite de cinq policiers, venus embarquer l'unique ordinateur du local. Tatiana Maltseva n'est plus surprise par le harcèlement des autorités. « Dès que l'on demande une autorisation de manifester, la mairie nous la refuse au motif qu'il y en a une autre organisée au même endroit.» M. N.

Marina Filippovna, la mère de Mikhaïl Khodorkovski, l'ex-magnat du pétrole condamné à huit ans et prison et emprisonné à Tchita en Sibérie, a accepté de se livrer au Point pour raconter la vie de son fils derrière les barreaux.

Marina Filippovna : "Medvedev n'a pas encore fait un pas"

LE POINT : Comment se déroulent vos visites à la prison ?

MARINA FILIPPOVNA : Toujours de la même façon. Chaque visite dure trois heures ou plutôt deux heures et demie car il faut franchir une vingtaine de portes et gravir plusieurs escaliers. Avant de m'y rendre, j'avale mes comprimés pour le coeur, pour marcher plus vite. En été, je peux presque courir car je porte des vêtements légers. Mais c'est moi qui décide d'accélérer le pas pour voir mon fils plus longtemps. On m'autorise à prendre mes lunettes, mes médicaments et des mouchoirs que je dois mettre dans un sac plastique transparent. Je suis en face de mon fils pendant qu'un gardien est assis à nos côtés. Il écoute toute notre conversation mais prend soin de détourner son regard. Du coup, on en profite pour se faire des petits signes de l'oeil. Je dois en revanche respecter une règle : ne jamais lui poser une question sur l'identité de ses codétenus ni sur les gardiens.


LE POINT : Dans quel état physique et moral se trouve votre fils ?

M.F. : Comment voulez-vous qu'il se porte avec une seule heure de promenade par jour. Il est pâle et amaigri. Il a perdu deux tailles de pantalon. Ses avocats ont dû lui acheter de nouveaux vêtements. J'essaie de savoir s'il est malade en me renseignant sur les médicaments qu'il prend, mais c'est très difficile. Sinon il a bon moral. Psychologiquement, il n'est pas dans l'état d'esprit d'un détenu. Il me dit toujours : "Ne t'inquiète pas maman, je ne perds pas mon temps ici, je lis tout ce que je n'ai jamais eu le temps de lire. Et puis j'ai déjà eu trois vies : étudiant, businessman, prisonnier, j'en aurai une quatrième." Par exemple, lors de la grève de la faim qu'il a suivie en février dernier pour soutenir un ex-dirigeant de Ioukos emprisonné, la prison lui a envoyé une psychiatre pour l'inciter à la stopper. "Vous me croyez fou ?", lui a-t-il demandé. À la fin, il a même inversé les rôles et c'est lui qui consolait le médecin. Lorsqu'il m'a raconté cette histoire, on a ri aux larmes.


LE POINT : Dans quelles conditions est-il détenu ?

M.F. : En hiver, il y a du chauffage mais ça sent l'humidité partout. En été, en revanche, il y fait très chaud.


LE POINT : Que fait-il pendant ses journées ?

M.F. : Il lit beaucoup, il écrit et il regarde les informations. Il épate ses codétenus parce qu'il lui arrive de prévoir certains évènements. "Mais comment sais-tu tout ça ?", lui disent-ils.


LE POINT : Regrette-t-il de ne pas avoir fui le pays avant son arrestation ?

M.F. : Il n'aurait jamais voulu vivre en Occident. Il n'a jamais lié son sort à un départ. Pour lui un exil aurait constitué une tragédie.


LE POINT : Croyez-vous à la possibilité d'une grâce présidentielle ?

M.F. : Medvedev n'a pas encore fait un pas qui montrerait une manière de penser différente de celle de Poutine. Notre espoir, c'est que l'opinion de l'Occident compte beaucoup pour Medvedev.


LE POINT : Que fera votre fils, une fois libéré ?

M.F. : Je ne sais pas s'il s'engagera dans la politique. Ça dépendra beaucoup du contexte. Mais il a toujours assuré qu'il resterait dans le business jusqu'à 45 ans, et qu'ensuite il s'investirait dans l'éducation. Pour lui, c'est là que se bâtit une démocratie.

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L’AFP rapporte 16 Avril de Moscou que Vladimir Poutine arrive aujourd’hui en Libye “ à l’invitation du Guide de la révolution libyenne”. Pour son dernier voyage officiel en qualité de Président, Poutine veux discuter le développement de nouveaux projets gaziers par Gazprom et « des contrats de vente d’armes à Tripoli pour une valeur de près de 3 milliards de dollars ».

Tripoli achèterait des équipements militaires russes et bénéficierait en échange d'un effacement de sa dette envers l'URSS, qui se monte à 3,5 milliards de dollars, selon ces sources."Toutes les questions techniques et financières sont pratiquement réglées et le montant des contrats pourrait dépasser 2,5 milliards de dollars", a déclaré une source militaire russe. Le vice-ministre russe des Finances Dmitri Pankine, cité par Ria-Novosti, a fait savoir lundi que Moscou devait poursuivre cette semaine des négociations avec Tripoli sur le règlement du dossier de la dette de la Libye. Le 11 mars, M. Poutine avait évoqué "des visites réciproques au plus haut niveau" entre la Russie et la Libye, après une visite en Libye en décembre 2007 du chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, axée sur la coopération dans le nucléaire civil, les transports et la construction de logements. La question de l'aide de Moscou au développement du "programme nucléaire civil" de la Libye est également au programme de la visite de M. Poutine, selon une source du Kremlin.

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Dans une dépêche, l'agence RIA Novosti annonce aujourd’hui 15 Avril que Vladimir Poutine a accepté d'être mis à la tête du parti au pouvoir "Russie unie", sans pour autant y adhérer.

"J'accepte avec reconnaissance cette proposition des dirigeants et des membres du parti", a-t-il déclaré lors d'un congrès de Russie unie. Le chef de l'Etat sortant a précisé qu'il n'entrerait dans ses nouvelles fonctions de leader du parti qu'après l'investiture de Dmitri Medvedev programmée pour le 7 mai prochain. Dans son allocution, précédant celle de Vladimir Poutine, Dmitri Medvedev avait salué la proposition faite au président sortant d'être mis à la tête de Russie unie. "Je pense qu'il s'agit d'une proposition logique et opportune", avait-il affirmé. Cette décision "permettrait de renforcer le parti et de renforcer la collaboration entre les branches législative et exécutive du pouvoir fédéral, mais aussi de former un gouvernement reposant sur une majorité parlementaire", avait relevé Medvedev.
"Russie unie est le parti de mes amis politiques, mais je pense qu'il serait pour moi inopportun pour l'instant de le rejoindre", a précisé le Président élu.


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L'agence de presse RIA Novosti a repris aujourd’hui 14 Avril un article du quotidien Vedemosti, selon lequel « il n'est pas exclu que Vladimir Poutine parte pour de bon ».
Même si cela parait peu croyable, Vedemosti s'interroge car

la passation de pouvoir s'effectue plus rapidement que ne l'attendaient les observateurs. Les fonctionnaires moyens et inférieurs se sont déjà, semble-t-il, complètement réorientés vers Dmitri Medvedev. Les élites politiques, par inertie, continuent d'examiner un scénario où M. Poutine jouerait un rôle considérable, mais le registre des adieux pointe déjà dans ces discussions tout comme dans les discours des leaders mondiaux. Les citoyens russes expriment ouvertement, eux aussi, leur attitude envers ce qui se passe: la légèreté avec laquelle la cote de popularité de Vladimir Poutine a été transférée à Dmitri Medvedev témoigne non pas d'une forme d'indifférence, mais d'une bonne compréhension de la nature de la popularité poutinienne. Il s'agit de la popularité d'une époque positive, et la question de savoir quel homme politique incarne cette époque est secondaire.

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Le mercredi prochain, le 16 Avril, aura lieu le débat politique entre les candidats démocrates aux présidentielles, Barack Obama et Hillary Clinton à Philadelphia. Ils disposeront de peu de temps pour échanger leurs vues quant aux nombreuses questions difficiles concernant la politique étrangère des Etats-Unis. Il est évidemment important de traiter de sujets comme la guerre en Iraq, la menace de l'Iran, la stabilité de l'Afganistan ou le conflit Chine -Tibet. Mais je pense que l'on commettrait une grave erreur en se focalisant juste sur ces sujets là. Nous ne pouvons pas nous permettre d'avoir un prochain président américain qui soit mal préparé concernant les ambitions de la Russie, renforcée par ses ressources pétrolière et l'armee nucléaire. La Russie, qui s'enfonce dans l'autoritarisme et s'oppose aux préférences de la politique étrangère américaine partout à travers le monde.

Nous avons une bonne idée des opinions de chaque candidats démocrates sur l'Irak, mais nous ne savons presque rien sur leur stratégie envers Moscou. Les électeurs doivent savoir comment les candidats veulent améliorer la situation des prisonniers politique en Russie. Plus spécifiquement, le Conseil des Relations Étrangères et d'autre organisations ont identifié l'affaire Ioukos comme le point tournant concernant le processus de prise du contrôle par Poutine sur le secteur énergétique.

L'affaire Ioukos a constitué le point de départ de l'endurcissement progressif de la politique du Kremlin envers toutes les sources civiques indépendantes. Mikhail Khodorkovski pourrait en témoigner, lui qui est maintenant le plus connu des prisonniers politiques en Russie et mon client.Depuis, la situation s'est détériorée fortement. Le traitement des prisonniers de Ioukos est devenu un sujet de préoccupation internationale, comme par exemple le refus de traiter médicalement Aleksanian, qui a fait l'objet d'un chantage aux soins afin d'essayer de le faire témoigner contre Khodorkovski. La Court Européenne des Droits de l'Homme a jugé que les droits de Platon Lebedev ont été violés a plusieurs reprises par les tactiques illégales des procureurs russes. Le procès de Khodorkovski a été considéré comme politiquement motivé par la Cour Suprême de la Suisse. Des personnalités respectées mondialement comme le défunt député Tom Lanton, le philosophe français Andre Gluckmann et l'écrivain acclamé Mario Vargos Llosa ont soutenu Khodorkovski en demandant aux leaders politiques d'agir.

Alors voici des questions pour les candidats démocrates, mercredi prochain: "si vous êtes élu(e) président(e), quelles actions prendrez-vous afin de libérer les prisonniers politiques comme Mikhail Khodorkovski? Comment le changement de leadership dans les deux pays pourrait améliorer les relations entre eux? Quelles sont les conditions nécessaires qui permettraient que la nouvelle administration russe devienne un vrai partenaire stratégique des États Unis?"

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L'agence de presse RIA Novosti a repris, vendredi 11 avril, un article du quotidien Vedemosti, selon lequel Vladmir Poutine finalise la formalisation de sa nouvelle position de leader national.

Le parti "Russie unie" prépare des amendements à ses statuts qui permettront au président sortant Vladimir Poutine d'occuper un poste de dirigeant dans le "parti du pouvoir" sans pour autant en devenir membre." Au cours du congrès du parti tenu en octobre dernier, M. Poutine avait accepté d'être placé à la tête de la liste électorale de Russie unie. Par conséquent, 64,3% des Russes ont voté pour ce parti. Les observateurs ont alors été unanimes à croire que Vladimir Poutine, qui s'apprête à devenir premier ministre, s'était ainsi garanti le soutien du parti pour l'avenir. Le président nouvellement élu Dmitri Medvedev n'envisage pas d'adhérer à cette formation politique, bien qu'il partage l'idéologie de ses membres, indique une source émanant de son entourage. Vladimir Poutine ne brigue pas non plus la carte du parti. Mais les membres de Russie unie s'attendent à ce qu'il y occupe tout de même un poste de dirigeant. Selon des membres de Russie unie, la réforme des organes de direction n'entraînera sans doute aucune nouvelle répartition des compétences entre les actuels dirigeants du parti. Vladimir Poutine n'a pas besoin des "fonctions de directeur général" au sein du parti, le poste qu'on lui réserve revêtira un "caractère stratégique". "Vladimir Poutine cherche à faire de Russie unie sa propre ressource politique et à sauvegarder ce parti en tant que principale force politique. Ceci sera particulièrement d'actualité après l'entrée en fonctions du nouveau président", indique l'analyste politique Rostislav Tourovski. Mais comme le président n'a pas encore adhéré au parti, cela signifie qu'il possède une solution de réserve.

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La correspondante du journal " Le Monde " à Moscou fait état, dans l'édition datée du 12 avril,"de la schizophrénie du pouvoir russe, libéral dans le discours mais obsédé par la confiscation". Selon Marie Jego, l'arrestation de Mikhaïl Khodorkovski, expédié pour huit ans dans une prison à la frontière de la Chine, avait marqué le début de la stratégie du renforcement de la pression du pouvoir central russe sur le secteur privée. Depuis, la main forte du Kremlin ne s'est pas desserrée, bien au contraire. Les plus récentes victimes de cette volonté de centralisation économique sont la société pétrolière russo-britannique TNK BP (détenue à 50 % par BP) et Eldorado, une chaîne de vente au détail de matériel électronique.
Ce climat anti- libéral inquiète évidement les patrons russes, qui

ont fait part de leurs doléances au futur président. Ils se sont plaints de la faiblesse du cadre juridique, des pressions administratives, de la corruption. Très répandue, celle ci "est en proie, comme les prix des denrées, à une inflation sans précédent", constate un petit entrepreneur moscovite.
Au cours de la réunion, Alexandre Chokhine, le président de l'association des patrons, a évoqué le cas de Domodedovo, l'aéroport le plus moderne de Moscou, menacé de renationalisation, ou plus exactement d'une reprivatisation au profit du clan au pouvoir. Géré depuis dix ans par East Line, une compagnie privée, Domodedovo est l'aéroport qui affiche les meilleurs services et les conditions d'accueil les plus favorables pour les clients.
Un tel succès ne pouvait passer inaperçu. Depuis 2005, East Line est harcelée par l'agence fédérale pour la propriété, qui réclame par voie de justice un réexamen des loyers pour les pistes et les installations données en location. Pis, la propriété de l'aérogare - acquis par East Line en 1998 et rénové pour un milliard de dollars, soit l'investissement le plus important jamais fait dans le secteur - est remise en cause. Arguant d'une privatisation illégale de l'aérogare, l'Etat veut en reprendre le contrôle.
Confinant à l'absurde, la justice a ordonné à East Line, le 20 mars, de restituer l'aérogare, tel qu'il existait en 1997. La chose est impossible. L'aéroport de Domodedovo était à cette époque dans un état pitoyable avec des bâtiments d'une telle vétusté qu'ils menaçaient de s'écrouler. La compagnie, pour s'exécuter, devrait démolir l'aéroport flambant neuf et reconstruire la ruine qui existait auparavant!

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Le texte suivant est la traduction d'un flash info de Lenta.ru.
Il semble que les bureaux de l’organisation des droits civiques « Pour les droits de l’Homme », présidée par Lev Ponomarev - celui qui vient de révéler sur son blogue les pratiques de torture dans les prisons russes, ont été attaqués.

Les représentants du mouvement « Pour les droits de l’Homme » dénoncent l’attaque de leur bureau

Les représentants du mouvement « Pour les droits de l’Homme » ont fait savoir que mercredi soir des personnes en vêtements civils ont fait irruption dans l’appartement où le bureau de l’organisation est situé. L’avocat Svetlana Davydova a informé la radio « Echo Moskvy » que les intrus ont prétendu être les propriétaires de l’établissement.
Le leader du mouvement « Pour les droits de l’homme », Lev Ponomarev, a informé « Echo Moskvy » que ses collègues ont appelé la police, mais se sont entendus répondre de résoudre le problème eux-mêmes!
Davydova et sa collègue Karinna Moskalenko précisent que l’attaque coïncide avec le travail de l’organisation concernant l'accès à la Cour Européenne des Droits de l'Homme . Du fait de l'intrusion dans leurs locaux, ce travail pourrait être avorté.

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La Tribune analyse, dans l’article titré « Rosneft profite à plein du démantèlement de Ioukos » publié ce 10 avril 2008, les conséquences de la chute de Ioukos sur le secteur pétrolier russe. Ce n’est pas vraiment une surprise que Rosneft, le pétrolier aux mains du Kremlin, en ait tiré le plus grand bénéfice. Rosneft a quintuplé ses bénéfices nets l'an dernier.

Détenue aujourd’hui à 75% par l'Etat, Rosneft n’était que le 8e pétrolier russe en 2004, avant d’avaler les actifs du pétrolier privé Ioukos, liquidé par le Kremlin. Depuis, le groupe a pris le leadership national en termes de production comme en termes de réserves, devant Lukoil, TNK-BP et SourgoutNefteGaz. Dans le contexte actuel de stagnation de la production russe, le favori du Kremlin est le seul (avec Gazprom) à mette la main sur de nouvelles licences et à voir ses réserves comme sa production augmenter.