L’article intitulé «Russie- La Nouvelle Menace » a été publié dans l’hebdomadaire français "L'Express" dans la semaine du 6 au 12 mars 2008.
Il analyse la relation entre Poutine et Medvedev en se demandant quelle direction va prendre la Russie durant ce « diumvirat ». Une fois installé au Kremlin, Medvedev sera-il-capable de prendre l’ascendant ? L’espoir que Medvedev se montrera plus libéral que son prédécesseur est-il fondé ?
Selon L’Express, les pronostics sont sombres…
Dans la ville de Pierre le Grand, Medvedev avait la réputation d’un « garçon discret et travailleur », note le politologue Alexeï Moukhine. Un éternel second, loyal envers Poutine. (…) C’est le fidele « Dima » qui a offert à Poutine le concept de « dictature de la loi », dont ce dernier a fait son slogan de campagne en 2000. Coauteur d’un bilan explosif des années Poutine, Vladimir Milov, ex-vice-ministre de l’Energie, ne voit absolument rien de libéral chez Medvedev. A ses yeux, ce n’est qu’un « cliché »-démenti par les faits. Lorsque l’intéressé était à la tête de l’administration présidentielle, Poutine a aboli l’élection des gouverneurs. Medvedev est resté coi. D’autres exemples ? En 2004, il aurait été chargé de coordonner les ingérences russes dans le scrutin présidentiel en Ukraine - à l’origine de la révolution Orange. Les crises du gaz avec Tbilissi (Géorgie) et Kiev se sont produites alors qu’il était à la tête du directoire de Gazprom. De même que les passes d’armes avec l’Union européenne. Ses propres amis, dans les instances judicaires, ont participé au démantèlement de Ioukos, compagnie pétrolière dont l’ex-patron Mikhaïl Khodorkovski et les principaux dirigeants sont sous les verrous. En 2006, Lev Ponomarev, dirigeant du mouvement Pour les droits de l’homme, a mis en cause le chef du Service fédéral des prisons, responsable, selon lui, d’un « système sadique de torture » ; il est aujourd’hui accusé de diffamation à l’encontre d’un officiel - crime qui relève désormais de la loi sur l’extrémisme(…) Ex-président de Renaissance Capital, l'une des plus grandes banques d'investissement de Russie, Oleg Kiselev a été poursuivi sans preuves pour fraude et détournement. Non sans dommage pour sa réputation, il a fait l'objet d'un mandat d'arrêt émis par le bureau russe d'Interpol. Soudain, après deux ans, le parquet vient de conclure au non-lieu... L'ex-fugitif, qui réclame aujourd'hui une réhabilitation morale, a mesuré, à son retour, les dégâts du régime sur la société. «Comme avant, soupire Kiselev, les gens évitent de dire ce qu'ils pensent ou proclament l'inverse. De nouveau, le pays se cherche des ennemis extérieurs sur lesquels rejeter les problèmes internes. Je n'ai pas le sentiment qu'en Europe quiconque cherche à humilier la Russie.»
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