
L'AFP annonçait dés hier, de Moscou, que
des enquêteurs russes ont effectué des descentes mercredi dans les locaux moscovites de la major pétrolière BP et de sa filiale TNK-BP, faisant redouter de nouvelles difficultés pour le groupe britannique en Russie .
La saisie a eu lieu dans le cadre de l'enquête concernant le groupe Sidanko", un groupe pétrolier russe qui a fait faillite dans des conditions douteuses dans les années 1990 et dont les actifs ont été intégrés à TNK-BP, a annoncé à l'AFP Irina Doudoukina, porte-parole du Comité d'enquête. Outre cette enquête sur les conditions de sa mise en faillite, TNK-BP a fait l'objet de poursuites du fisc concernant Sidanko, selon la presse russe.Des enquêteurs se sont ensuite rendus dans la soirée dans les locaux de BP, a déclaré à l'agence Ria-Novosti Vladimir Bouïanov, représentant de BP en Russie. "Nous coopérons pleinement", a-t-il assuré.Selon Ria-Novosti, les enquêteurs étaient là aussi à la recherche de documents concernant la compagnie Sidanko. Le Comité d'enquête était injoignable.Avant même l'annonce officielle de la première descente, l'action TNK-BP a chuté de près de 10% dans l'après-midi à la Bourse de Moscou. Cette opération contre TNK-BP pourrait marquer un nouveau revers pour le groupe, déjà soumis l'an dernier à des mois de pression des autorités russes qui menaçaient de lui retirer sa licence d'exploitation.Et ce jusqu'à ce que le géant gazier Gazprom acquière en juin 2007 une part majoritaire de TNK-BP dans le champ gazier de Kovykta, en Sibérie. Vassili Nesterov, analyste de la banque d'investissement Troïka Dialog, ne croit pas que cette opération ait eu une dimension politique, à la différence des perquisitions ayant visé en 2003 l'ex-numéro un du pétrole russe, Ioukos."Il est trop tôt pour tirer des conclusions. Il me semble cependant très improbable que cette affaire soit utilisée comme une arme politique contre les actionnaires russes" de TNK-BP, a déclaré à l'AFP ce spécialiste du secteur pétrolier et gazier, s'étonnant cependant que revienne à la surface une enquête datant de 1999, concernant la mise en faillite de Sidanko. TNK-BP, troisième groupe pétrolier russe en termes de réserves et de production, a été créé en 2003. Il est détenu à 50% par la major britannique et à 50% par le consortium russe Alfa Group. Gazprom est depuis longtemps soupçonné de vouloir acheter la part détenue par les Russes.
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