
L’article de Marie Jego, la correspondante à Moscou du journal “Le Monde”, a été publié dans l'édition datée du 15 mars 2008. Elle analyse la santé économique de la Russie, en se demandant comment Dmitri Medvedev, qui n’a cessé de multiplier les promesses à la population, va pouvoir réaliser ses projets ambitieux.
Mevedev s’est engagé « à redresser l’agriculture, à améliorer les soins de santé, à fournir à tous « un logement confortable et accessible ». Malgré l’apparence d’un pays en bonne santé économique, la prospérité russe est très fragile puisqu'elle repose uniquement sur les hydrocarbures. Marie Jego constate que la Russie « n’a pas su tirer parti de recettes procurées par les matières premières pour rénover l’outil industriel, stimuler la production manufacturière ». Au contraire, elle précise qu'en Russie « de la pomme de terre à la machine agricole : tout est importé ». Comment Medvedev peut-il parvenir à diversifier l'économie russe quand "les PME sont quantité négligeable (15 %), quand l’Etat est omniprésent ? »
Le nouveau président russe doit aussi faire face aux problèmes sociaux : l’état catastrophique du système de santé publique reflète l’état de la santé des Russes. La Russie « est le seul pays industrialisé au monde ou l’espérance de vie a reculé depuis dix ans (59 ans pour les hommes). La mortalité infantile y est importante (18 pour 1000 en 2006, selon l’Unicef). L’alcoolisme fait environ 35 000 victimes chaque année.»
Le problème est d'autant plus aigü que la corruption est omniprésente et que le « nihilisme juridique », dénoncé par Mevedev lui-même, est en pleine croissance.
Marie Jego rappelle que « la Russie occupe la première place pour le dépôt de plaintes à la Cour européenne des droits de l’homme, à Strasbourg ». Décidément, la tâche immense de réformer la Russie risque de peser lourd "sur les frêles épaules du futur président… »
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