
Cet article est paru sur le point.fr
On ne se moque pas impunément du Président Poutine. C'est l'association Reporters sans frontière (RSF) qui nous l'apprend : plusieurs employés de la télévision locale TV 6 Vladimir (une région à 200 km de Moscou) sont poursuivis en justice pour avoir osé le néologisme Pouting (contraction de "Poutine" et "Meeting") et poutinistes pour décrire le rassemblement des partisans du grand Vladimir.
Estimant que l'offense au chef de l'État était intolérable, un député russe du parlement local, Mikhaïl Babich, a déposé plainte devant un tribunal. L'affaire aurait dû secouer de rire les juges. Mais non. En Russie, le néologisme est à manier avec précaution.
Le parquet saisit un linguiste
Le parquet a donc fait appel à un expert : un linguiste de l'université de Nijni-Novgorod. Celui-ci, après avoir bien pesé ses mots, "a conclu que les expressions incriminées pouvaient, dans un certain contexte , s'avérer offensantes pour le président russe", raconte RSF.
L'instruction s'est donc poursuivie. Depuis le 14 janvier (près de deux mois après les faits), les employés de la chaîne locale sont interrogés, pour l'instant en qualité de témoins. Si l'offense au chef de l'État est avérée, ils risquent jusqu'à un an de travaux forcés et 40 000 roubles d'amende (environ 1 100 euros). Mauvais souvenir de la maison des mots.
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