November 2007 Archives

Cet article est paru dans Le Monde.

kaspa201107.jpg Garry Kasparov, à sa sortie de prison, à Moscou jeudi 29 novembre 2007. AFP/Alexey SAZONOV
Garry Kaparov libéré après cinq jours d'emprisonnement pour avoir manifesté malgré l'interdiction L'opposant russe, et ancien champion d'échecs, Garry Kasparov est sorti de prison après cinq jours de détention, jeudi 29 novembre. Dans ses premières déclarations, il a dénoncé un "régime [qui] entre dans une phase très dangereuse qui tourne à la dictature". Il a estimé que son arrestation répondait à une volonté du pouvoir d'"envoyer un message''.


Jugé en comparution immédiate, samedi, pour avoir pris part, une semaine avant les élections législatives en Russie, à un rassemblement interdit de quelques milliers d'opposants au président Vladimir Poutine, il avait été condamné à cinq jours de prison. Il avait également été reconnu coupable de résistance aux forces de l'ordre. Evoquant ses conditions de détention, le leader de l'Autre Russie a indiqué qu'il n'avait "pas à se plaindre", même s'il a déploré que ses avocats n'aient pas été autorisés à lui rendre visite durant sa détention.

Garry Kasparov a reçu, jeudi, le soutien de l'ancien président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, qui a estimé que l'"avoir emprisonné (...) pendant cinq jours, c'est disproportionné". Parlant du parti du pouvoir, Russie unie, favori des législatives de dimanche, il s'est dit convaincu qu'"ils vont gagner les élections, grâce à Vladimir Poutine", tout en confiant "ne pas beaucoup aimer ce parti".

tusk281107.jpg Donald Tusk, premier ministre polonais.
Donald Tusk, le Premier ministre polonais a affirmé mardi que la pologne arrêterait de bloquer les pourparlers de la Russie avec l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sur son adhésion à cette organisation européenne. Vladimir Poutine a imputé à la Maison-Blanche le fait que l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) ne dépêche pas d’observateurs internationaux sur place pour s’assurer du bon déroulement des élections législatives à la chambre basse du Parlement russe du 2 décembre. Poutine avait déclaré à propos de ces informations que la Russie tiendra compte de cet évènement dans ses relations à venir avec Washington. Il y a quelques jours l’organisme déplorait le manque de coopération de Moscou qui refusait d’accorder à temps des visas à ses témoins démocratiques. Le Kremlin a légitimé mardi les arrestations de opposants au régime dont faisait parti l’ancien champion d’échecs Garry Kasparov, les incriminant d’être financés par l’occident. Le Premier ministre russe Viktor Zoubkov a déclaré à ce propos "Je pense que nos forces de l'ordre ont agi très correctement. Les personnes qui voulaient provoquer les forces de l'ordre ont subi un échec ». Pour la troisième fois la foire du luxe le Millionaire Fair fait fureur à Moscou. 
Yves Gijrath son fondateur explique que c'est en Russie que l'économie des produits de luxe est la plus prospère. Plus de 45.000 visiteurs sont attendus cette année. Mardi le géant gazier russe Gazprom a avisé la presse que le Turkménistan allait élever par étapes le prix du gaz qu'il vend à la Russie jusqu'à un niveau du marché. Selon les analystes, cette hausse pourrait se répercuter sur l'Ukraine Le nouveau contrat prend en compte "la situation sur les marchés du gaz, la hausse importante du prix du gaz et matériaux ainsi que des services utilisés dans le domaine gazier au Turkménistan", selon Gazprom. Le groupe énergétique russe SEU a déclaré mardi avoir choisi l'entreprise Highstat Limited, capital du magnat de la sidérurgie Alexeï Mordachov, pour lui concéder sa part de 25% plus une action dans le fabricant de turbines Silovye Machiny, pour 486 millions de dollars.Ekaterina Koulinenko, la directrice du département des relations publiques de Ford Motor Company a annoncé que la production de l'usine Ford en Russie bloquée en raison d'une grève depuis le 20 novembre, a partiellement reprise, a annoncé. Nestlé annonce que sa Nestlé Rossiya une filiale russe a acheté la fabrique de chocolats RKF qui vend elle des marques comme Сomilfo et Ruzanna. Le prix de l’opération n’a pas été révélé. La Banque européenne de réinsertion et de développement (Berd) va obtenir 10% dans Veolia Voda, la société holding incorporant les activités de Veolia Eau en Europe centrale et orientale. Le ministre russe de l’Industrie et de l’Energie Viktor Khristenko a annoncé qu’ en 2007, les échanges commerciaux entre la Russie et Kazakhstan ont été évalués à 16 milliards de dollars, contre 13 milliards en 2006. Le magazine SmartMoney affirme que cette année la Russie a occupé la place de premier producteur mondial de pétrole.

L'Etat-major général des forces armées russes a repoussé les propositions transcrites de Washington au sujet de la défense antimissile comme destinées à faire des aménagements russes un "supplément gratuit" des sites américains en Europe de l'Est.
Alexandre Tchekaline, le vice-ministre russe de l'Intérieur, a alerté la presse mardi que 5,4 millions de tracts électoraux "non conformes à la législation" électorale avaient été saisis en Russie, certifiant ainsi les pratiques dénoncées par l'opposition.
Rachid Nourgaliev, le ministre russe de l'Intérieur a annoncé que le nombre d'attentats terroristes avait été divisé par 15 au cours des quatre dernières années.
La présidence portugaise de l'Union européenne s’est dite «préoccupée» par la répression ce week-end Russie de manifestations de l'opposition au président Vladimir Poutine. Le président américain George W. Bush a exprimé son inquiétude quant à la répression ce week-end des manifestations de l’opposition au président Vladimir Poutine et a souhaité la remise en liberté des prisonniers.
La date de l’élection présidentielle russe est annoncée pour le 2 mars 2008.
D’après un sondage conduit auprès de 1600 personnes par le Centre d’étude de l’opinion publique de Russie (VTsIOM) le parti Russie unie serait le seul parti à entrer à la Douma (chambre basse du parlement russe) après les élections législatives du 2 décembre prochain car les autres formations politiques n’atteindraient pas les 7% nécessaire pour en faire parti.

Le quotidien Libération publie aujourd'hui une interview de Marie Mendras.

Le bloc nomenklaturiste Russie unie, dont le président russe a pris la tête de la liste, est le grand favori pour les législatives du 2 décembre. Marie Mendras, chercheur au CNRS et au Centre d’études et de recherches internationales (Ceri) de Sciences-Po, explique à Libération les enjeux de ces législatives qui seront suivies, en mars, d’une présidentielle à laquelle Poutine, qui a déjà rempli deux mandats consécutifs, ne peut théoriquement pas se représenter.


Est-ce une élection comme une autre ?

Absolument pas, je dirais même que ce ne sont plus vraiment des élections législatives. Tout a été organisé pour que ce soit un plébiscite pour Vladimir Poutine et pour son régime. La répression de l’opposition a pris une dimension nouvelle ce week-end. Ses principales personnalités ont été arrêtées ou malmenées. Garry Kasparov a même été enfermé pour cinq jours. A force de vouloir contrôler tout et tout le monde, les hommes de Poutine ne savent plus où s’arrêter. Pourquoi un tel acharnement ? Les quelques forces de l’opposition ont été tellement affaiblies qu’elles ne représentent pas une menace. Cette fébrilité pourrait trahir des luttes de clans au sein des élites dirigeantes.

Comment s’est déroulée la campagne des législatives ?

Elle est totalement biaisée. Tout est décidé par les administrations à Moscou et dans les provinces. Les commissions électorales ne sont ni pluralistes ni indépendantes. On empêche les partis politiques qui existent encore de faire campagne. Cela fait trois ans que plus aucun opposant sérieux n’a accès aux télévisions. Il n’y aura pas de mission d’observation étrangère de long terme – six semaines –, la seule susceptible de dire si une campagne a été partiale ou impartiale. Le jour de l’élection, tout sera bien organisé «à la soviétique». Il n’y a plus de doute sur le fait que Poutine a bien l’intention de rester au pouvoir d’une manière ou d’une autre. La question est : avec quelle fonction ?

Quels sont les scénarios possibles ?

Le premier : Poutine obtient une victoire franche et massive le 2 décembre, avec au moins les deux tiers des suffrages pour Russie unie. Il a annoncé, le 1er octobre, qu’il n’excluait pas de devenir Premier ministre à l’échéance de son mandat de président. Il ferait alors élire, à la présidentielle du 2 mars prochain, quelqu’un de très loyal qui accepterait un contrat ; le contrat étant qu’au bout de quelques mois ou d’une année, cette personne quitte le pouvoir d’une manière anticipée. Suivrait une présidentielle à laquelle Vladimir Poutine peut, sans avoir révisé ce fameux article 81 de la Constitution, se représenter, puisque le texte de 1993 interdit deux mandats consécutifs. Il repart sur deux mandats d’affilée qui pourraient être non plus de quatre ans mais de cinq ou sept ans. Le Président a dit plusieurs fois qu’il trouvait que quatre ans c’était trop peu dans un régime présidentiel. Autre invention récente : un responsable de Russie unie, Abdul-Khakim Sultygov, a proposé de créer une fonction de «leader national» qu’endosserait bien sûr Vladimir Poutine ! Enfin, dernier scénario : il démissionnerait, après son succès aux législatives du 2 décembre, puis se présenterait à la présidentielle de mars, tordant ainsi le cou à la Constitution, mais avec l’approbation des juges de la Cour constitutionnelle.

Est-ce la fin du faux-semblant démocratique ?

Pour moi, le tournant majeur a eu lieu en 2004-2005. La réélection de Poutine, en 2004, n’était pas un scrutin libre, honnête et pluraliste mais un plébiscite. Poutine avait choisi les candidats autorisés à concourir contre lui. Déjà en mars 2000, plusieurs hommes politiques de poids avaient été interdits d’élections. Après l’arrestation de Mikhaïl Khodorkovski, en 2003, et la prise d’otages de Beslan (Ossétie du Nord) en septembre 2004, avec les réformes qui ont suivi et mis notamment fin à l’élection des gouverneurs de régions et des présidents de république au sein de la Fédération de Russie, le processus autoritaire s’est accéléré. Les hommes politiques ne prennent plus de gants. On peut regretter que les pays européens ne réagissent pas plus.

Qu’est-ce qu’ils pourraient faire ?

Au moins ne pas laisser le bénéfice du doute à Vladimir Poutine. Il faut dire que les règles du jeu sont pipées. On aurait tort de justifier à l’avance une élection qui n’est plus honnête par l’excuse que «de toute façon les Russes auraient voté pour Poutine». Sans pluralisme, la notion de popularité du chef devient très relative. C’est extraordinaire de voir qu’on a une réaction plus nette sur la dérive en Géorgie du régime de Mikhaïl Saakachvili alors qu’on observe depuis des années une dérive beaucoup plus grave du régime de Vladimir Poutine et qu’on n’est pas capable de le dire. La Russie n’est pas redevenue un pays complètement fermé comme l’était l’Union soviétique. Il n’y a donc aucune raison de baisser les bras même si la Russie est devenue plus puissante, même si on dépend de ses hydrocarbures.

moskakaspa271107.jpg Garry Kasparov et son avocate Karinna Moskalenko en Avril 2007

Plus tôt dans la journée, j’ai eu la chance de parler au téléphone avec Karinna Moskalenko, actuellement à Strasbourg, à propos de l’arrestation et de l’incarcération de son client Garry Kasparov. Les évènements de ces vingt quatre dernières heures ont été caractérisés par tous les pièges habituels d’un faux procès par le Kremlin, parmi lesquels de nombreuses violations de procédure, l’interférence de l’Etat avec les avocats de la défense, des auditions bâclées, des documents fabriqués, et des pressions politiques sur les autorités juridiques. Pour l’instant Garry croupit dans une cellule dans laquelle il ne peut ni manger, ni boire de l’eau par peur de se faire empoisonner, et se fera bientôt rejoindre par une vingtaine d’autres leaders d’opposition qui pourraient écoper de sentences truquées dès demain. Karinna Moskalenko est une avocate exceptionnellement courageuse qui a plusieurs fois fait face à des tentatives de radiation du barreau afin de défendre les droits de l’Homme en Russie. Elle mérite notre soutien inconditionnel dans ces périodes difficiles.

Comment Garry Kasparov a-t-il été arrêté Samedi ?

Karinna Moskalenko : C’est la deuxième fois que Garry se fait arrêter. En avril, il a été arrêté lors d’un rassemblement qui avait été empêché sans aucun motif légal. Hier, la manifestation avait reçu toutes les autorisations, mais les actions menées par l’Etat étaient complètement illicites. Avant même que se déroulent les évènements, les unités de police anti-émeutes OMON étaient à l’affût. A la fin du passage de la manifestation, certains supporters de Garry ont commencé à défiler vers le Comité central des élections afin de présenter une pétition aux autorités, puis furent rapidement arrêtés par la police. Quand Garry s’est approché pour voir ce qui se passait, lui aussi a été placé en détention.

Que s’est il passé au tribunal ?

K.M. : Parmi toutes les arrestations, Garry a été le seul à être jugé rapidement, alors que tous les autres procès ont été reportés à Lundi. Olga Mikhailova, l’avocate représentant Garry pendant la procédure, m’a dit qu’il était clair que le juge voulait reporter le procès comme tous les autres, mais après être resté seulement quelques minutes dans la chambre des délibérations, il est revenu et a condamné Kasparov sur le champ. Il était clair qu’il suivait un ordre, m’a-t-elle dit. Olga a aussi dit qu’elle avait découvert un document falsifié durant l’accusation, qu’elle a montré au juge, qui lui a garanti qui le réexaminerait. Elle a déposé sept motions au nom de son client, demandant les droits de la défense les plus élémentaires, notamment du temps pour étudier le dossier, du temps pour appeler des témoins, etc…, qui malgré cela furent toutes rejetées. Le procès a continué et Garry a été condamné à 5 jours de prison.

L’avocate de Kasparov a-t-elle eu le droit de rencontrer son client ?

KM: Il y a eu de très nombreuses obstructions à cet égard. Garry a été détenu à Petrovka 38, l’infâme quartier général de la police moscovite, et malgré les tentatives répétées des avocats cherchant à s’entretenir avec leurs clients, ils n’ont pu accéder au tribunal qu’à la dernière minute. Aujourd’hui après des retards de plusieurs heures, Olga a pu s’entretenir avec Kasparov.

Dans quelles conditions se trouve Kasparov ? A-t-il été blessé ou battu pendant l’arrestation ?

KM : À ma connaissance, Garry n’a pas été battu. Il a été attrapé virulemment et arrêté de force par des policiers très hostiles. Depuis sa garde à vue, nous lui avons strictement interdit de boire de l’eau ou de manger la nourriture qu’on lui proposerait. J’ai aussi transmis le même message à sa mère Klara Kasparova. Olga attend d’obtenir un droit d’entrée pour rencontrer Garry et lui apporter de l’eau. Il est évidemment très difficile de rester cinq jours en prison sans consommer d’eau ou de nourriture.

Quelles mesures vont maintenant être prises pour améliorer l’affaire ?

KM : Nous avons passé la nuit à préparer une motion à présenter à Amnistie International afin que Garry soit déclaré prisonnier de conscience. Quand le défenseur des droits de l’Homme Lev Ponamarev a été arrêté en Septembre et emprisonné pour trois jours, Amnistie a été en mesure de lui donner ce statut. Donc nous sommes optimistes dans l’espoir que l’organisation puisse agir.
Je voudrais ajouter que nous sommes maintenant en train de compléter notre requête à la Cour Européenne des droits de l’Homme fusionnant la plainte d’Olga avec une autre plus ancienne pour dénoncer les aggravations du gouvernement, en plus d’une demande pour qu’il y ait priorité. Nous espérons que la Cour rendra l’affaire prioritaire, car si la communauté internationale n’agit pas pour arrêter ce qui se passe ici, personne ne le fera.

Quelle est la chose la plus importante pour vous maintenant?

KM : Ce qui nous inquiète le plus maintenant c’est que lundi nous aurons à faire face à une vingtaine d’autres procès, et de plus en plus de leaders importants vont devoir faire face à l’emprisonnement. Avec les arrestations et les procès de gens comme Ponamarev et d’autres, le gouvernement lance comme message à la population que personne n’est intouchable.

Une agression à Moscou

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Je viens tout juste de raccrocher avec Karinna Moskalenko, l’une des courageuses avocates de Garry Kasparov, qui une fois de plus s’est mise à plancher toute la nuit pour libérer son client d’une détention arbitraire.
Avant de vous livrer mon bref entretien avec elle, je voulais être sur que tout le monde comprennent ce qui s’est passé hier en Russie après les arrestations massives de manifestants anti Poutine. L’Etat utilise une procédure administrative sommaire pour emprisonner les dissidents politiques mettant en pratique les tribunaux et les violations qui sont généralement utilisés pour des contraventions (infractions mineures). Les avocats doivent être tenus informés des abus quant à l’application de ces procédures administratives pour des sanctions criminelles. En conséquence ces décisions ne peuvent être considérées comme légitimes vis-à-vis du droit applicable.
Dans le cas de Garry, ces procédures administratives ont été invoquées contre lui avec préméditation. Selon Karinna Moskalenko et ceux qui étaient présents pendant la manifestation, des centaines de OMON étaient prêts à exécuter cette agression.
Il me parait clair que sous l’empire du droit européen et du droit international, l’invocation de poursuites administratives pour infliger une sanction, qui comprend une incarcération, implique les protections de l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme sur le droit à un procès équitable qui semblent ne pas avoir été respectées dans ce procès.
C’est une façon très simple pour ceux qui à l’ouest s’intéressent aux droits de l’Homme de réagir à ces évènements. Arrêtons de proclamer Poutine comme un leader populaire alors qu’il utilises ses pouvoirs réglementaires à la manière d’un despote plutôt que d’un démocrate. Quand il s’agit d’élections compétitives et de légitimité constitutionnelle, la contribution de Poutine mérite un astérisque. Il est le Barry Bonds des procès truqués.

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Voici une dépêche de l'AFP qui rapporte la répression de la police contre les manifestants anti Poutine à Saint Pertesbourg, une journée après celle de Moscou.

Russie: une marche anti-Poutine réprimée à Saint-Pétersbourg


La police a réprimé une marche contre le pouvoir dimanche à Saint-Pétersbourg, interpellant 200 personnes dont des leaders d'opposition, après avoir arrêté la veille la légende des échecs Garry Kasparov à Moscou, à une semaine des législatives.
M. Nemtsov, ancien vice-Premier ministre et candidat déclaré du parti libéral d'oppposition Union des forces de droite (SPS) à la présidentielle de 2008, a été interpellé et retenu deux heures par la police, a-t-il indiqué.
Nikita Belykh, chef de SPS, a également été interpellé, "saisi par les bras et les jambes et jeté dans un fourgon", a-t-il dit à l'agence Interfax.
Environ 200 personnes ont été interpellées en différents endroits de la ville. Elles ont pour la plupart été libérées quelques heures plus tard.
Les incidents de Saint-Petersbourg interviennent au lendemain d'une manifestation similaire contre le président Vladimir Poutine à Moscou, qui s'est soldée par la condamnation de l'opposant Garry Kasparov à cinq jours de prison.
Les Etats-Unis ont exprimé dimanche leur inquiétude après l'arrestation de plusieurs opposants : "Les Etats-Unis s'inquiètent des informations faisant état de comportements agressifs à l'encontre de manifestants de l'opposition hier (samedi) à Moscou de la part des autorités russes", a indiqué le département d'Etat dans un communiqué.
Le secrétaire général du Conseil de l'Europe Terry Davis s'est dit "très inquiet" après ces interpellations et a rappelé à Moscou son engagement à respecter les droits de l'Homme et à garantir des "élections authentiquement libres et équitables".
Ces incidents précèdent aussi une visite de Vladimir Poutine lundi à Saint-Pétersbourg, sa ville natale, alors que le chef de l'Etat monte de plus en plus au créneau dans la campagne.
M. Poutine, tête de liste du parti Russie unie aux législatives du 2 décembre, a accusé mercredi ses opposants de préparer des "provocations" en "descendant dans la rue", les qualifiant de "chacals" en quête de financements étrangers.
Avant la manifestation, les troupes anti-émeutes s'en sont pris à coups de matraques à un petit groupe de militants d'extrême gauche, des nationaux-bolcheviques de la mouvance de l'écrivain Edouard Limonov.
Une cinquantaine de personnes ont été interpellées dans la foulée, dont le chef de la branche locale du parti réformateur Iabloko, Maxim Reznik, celui du SPS, Léonid Gozman, et une responsable du Front citoyen uni de Garry Kasparov, Olga Kournossova.
Cent autres personnes, dont M. Nemtsov, ont été ensuite interpellées aux abords de la Place du Palais, devant l'Ermitage, endroit traditionnel des rassemblements et haut lieu de la Révolution bolchévique, encerclée par la police et interdite aux manifestants.
Plusieurs dizaines d'autres ont été "invités à monter dans les bus de police" près du palais Oktiabrski, où la manifestation était pourtant autorisée.
Un responsable de la police de Saint-Pétersbourg cité par l'agence Itar-Tass a confirmé "plusieurs dizaines d'interpellations", ajoutant que les tribunaux décideraient des sanctions contre eux, "amendes ou arrestations".
Entre 300 et 500 manifestants, oeillets blancs à la main en signe du "caractère pacifique" du rassemblement, se sont réunis près de la Place du Palais. A plus de deux kilomètres de là, une centaine de personnes ont manifesté près du palais Oktiabrski, à l'autre bout de la perspective Nevski.
L'ancienne capitale impériale a été investie par la police dès le petit matin. Sur la perspective Nevski, on voyait un policier tous les cinq mètres et des camions avec des troupes anti-émeutes dans les rues voisines.
"Le pouvoir a peur des gens qui ne veulent pas soutenir le culte de la personnalité de Poutine", a déclaré Olga Kournossova, collaboratrice de M. Kasparov.
"Je respecte ceux qui votent Poutine, mais je ne comprends pas pourquoi je ne peux pas exprimer un autre point de vue", a déclaré Evguéni Konovalov, étudiant d'un institut polytechnique.
En Karatchaevo-Tcherkessie (Caucase russe), l'ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov, passé dans l'opposition, a dû renoncer à rencontrer ses sympathisants, le bâtiment où le meeting était prévu ayant été fermé à la suite d'une alerte à la bombe, a rapporté la radio Echo de Moscou. En octobre, un de ses meetings avait été perturbé de la même manière.

kasparov1124.jpg Garry Kasparov avant d'être prit de force par la police.

C’est comme un retour en Avril dernier en peut être encore pire. Selon certaines sources, plus de 3000 personnes ont marché hier à Moscou contre Poutine ; une protestation qui fut rapidement et parfois violemment interrompue par la police. Garry Kasparov a été jeté à terre et battu, et ensuite condamné à 5 jours de prison sur des accusations complètement inventées. Cette manœuvre contre Garry marque une nouvelle surenchère ; et montre jusqu’à quel point l’Etat est prêt à aller pour délégitimiser et criminaliser les dissidents politiques. S’exprimant devant des journalistes dans le tribunal avant d’être jeté en prison, Kasparov a dit : « Ce que l’on voit aujourd’hui c’est la mise en œuvre du plan Poutine. … nous devrions vaincre la peur que le régime utilise à ses fins. Pour le régime de Poutine, notre pays est juste une source d’enrichissement. »
Malgré l'acharnement des apologistes du Kremlin à répéter que Kasparov est un dissident insignifiant, ces incidents sont la preuve qu'il est de plus en plus craint, au point de violer toutes les lois et normes possibles pour l’empêcher d’organiser des manifestations pacifiques.

lev1124.jpg Le défenseur pour les droits de l'Homme Lev Ponomarev, lui aussi embarqué par la police.
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Le géant russe Gazprom et son égal italien Eni on annoncé leur projet de gazoduc South Stream, qu'ils ont décrit leur intention comme une chance pour la sécurité énergétique de l’Europe. EDF GDF et l’allemand RWE convoiteraient d’entrer dans le capital du producteur d'électricité russe OGK-6, dont une portion doit être mise en vente très bientôt.Rosoboronexport, l'entreprise publique russe spécialisée dans l’armement est aussi intéressée. Le groupe retenu sera juste derrière le géant gazier Gazprom dont certains délégués ne souhaitent pas particulièrement voir GDF faire parti des actionnaires. L’explosion d’un bus jeudi dans le sud de la Russie a fait au moins cinq morts et douze blessés. La police privilégie l'hypothèse d'une attaque terroriste. La guerre du Web fait rage en Russie. Adversaires et fidèles de Vladimir Poutine s'affrontent par sites et blogs interposés. Romano Prodi a informé la presse que la Russie et l'Union européenne avaient besoin l'une de l'autre, que leurs destins étaient liés et qu’un partenariat stratégique devait être mis en place dans les plus brefs délais. Le maire de Saint-Pétersbourg veut construire une gigantesque prison « de luxe » dans la banlieue de la deuxième ville de Russie. Baptisée « Croix 2 », elle hébergera 4.000 mille prisonniers…Harmonie parfaite donc du calendrier car cela survient au moment même où le président Poutine annonçait à ses partisans « une purge dans l’administration ». Les plans de la nouvelle prison ont été adoptés il y a quelque jours.

La Tribune relate la disparition de ce qui fut il y a un peu plus d'un an la plus grande entreprise de Russie.


A partir de ce vendredi, l'action de ce qui fut le plus gros groupe de Russie disparaît de la cote. Une mesure qui fait suite à la liquidation du groupe de l'oligarque Mikhail Khodorkovsky, toujours en prison.

C'est tout un symbole: l'action du groupe pétrolier Ioukos, qui fut la plus grosse entreprise de Russie, a été radiée ce jeudi de la cote de Moscou. Quinze mois après la mise en faillite du groupe de Mikhail Khodorkovsky, il ne reste plus rien de l'empire édifié par ce dernier: le groupe a été démantelé et son fondateur est en prison.

Ce jeudi 22 novembre aura donc été le dernier jour durant lequel des transactions étaient possibles sur l'action Ioukos. Le titre était encore coté sur le RTS (Russian Trading System). Le dernier cours coté, voici quelques jours, s'élevait à 21 cents. Au sommet de sa gloire, en octobre 2003, Ioukos cotait 15,97 dollars par action...

C'était juste avant que le fondateur, principal actionnaire et patron du groupe, Mikhail Khodorkovsky, ne soit arrêté par les forces spéciales russes. Poursuivi, puis condamné, pour fraude fiscale, l'oligarque est toujours prisonnier à ce jour. Son cas n'a certes pas été arrangé par le fait qu'il se posait en opposant au président russe, Vladimir Poutine.

Simultanément, le groupe Ioukos, condamné à payer de vertigineuses amendes - plus de 30 milliards de dollars -, a été démantelé et vendu par appartement. Les principaux actifs du groupe pétrolier ont été rachetés par les sociétés publiques d'énergie Rosneft et Gazprom. Ioukos a été décrété en faillite le 1er août 2006.

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Vladimir Poutine a promis mercredi dans le stadium de Loujniki à Moscou lors d’un rassemblement de campagne qu’un « renouvellement total du pouvoir suprême de l’Etat » était à prévoir après les élections du 2 décembre. Il a également mis en garde les « chacals » de l’opposition soutenus par l’Occident. Garry Kasparov chef de l’opposition russe « espérait plus » du président français Nicolas Sarkozy qui, selon lui, suit les pas de Berlusconi, Chirac ou Schroeder » À l’approche des élections législatives, qui auront lieu le 2 décembre, l’avocate Galina Arapova, spécialisée dans la défense des médias a déclaré que les journalistes souhaitant poser des questions dérangeantes à un quelconque politique n’avait pas le droit de le faire. Elle rappelle qu' une loi a été adoptée, il y a quatre ans, pour que les journalistes ne puissent plus critiquer les différents candidats.

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré que la Russie poursuivrait l’augmentation de réactivité de ses forces stratégiques nucléaires afin d’avoir la possibilité de répliquer rapidement et de manière appropriée à tout agression.Le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères Hossam Zaki a annoncé que la Russie était prête à partager avec l’Egypte son savoir-faire en matière nucléaire pour que le pays puisse l’utilise à des fins pacifiques et pour des projets civils.

La Russie a sélectionné Dalet Enterprise Edition afin de numériser la production des dépêches d'actualité et la gestion des archives de Moscou et de ses 86 chaînes régionales.

La production industrielle en Russie s’est améliorée de 6,1% en octobre. D’après Alexandre Medvedev la puissante entreprise chinoise de pétrole et de gaz CNPC et le titan russe du gaz Gazprom avancent de manière conséquente dans leurs pourparlers sur le gaz. Selon le président de la Douma Boris Gryzlov les préjugés répendus sur la Russie en Europe ne permettent pas d’affirmer que le potentiel de coopération économique de la Russie et de l’Union européenne soit pleinement opérationnel.
La Russie a avisé la presse mercredi de la construction d’ici 2015 d’une nouvelle base spatiale en Extrême-Orient russe. La production de pétrole en Russie a augmenté de 2,5% sur neuf mois. Elle est égale à 367 millions de tonnes.
Mitsubishi Motors va bientôt avertir les médias de son intention de construire une usine en Russie en collaboration avec le groupe français Peugeot.

La mortalité naturelle en Russie a baisée de 30% par rapport à l’année précédente.
Le chef des services sanitaires russes
, Guennadi Onichtchenko, a incriminé mercredi l’Onusida de publier des approximations « incorrectes » et « tendancieuses » sur la quantité de personnes séropositives en Russie.

Notre correspondant en Russie, le journaliste Grégory Pasko est récemment parti en mission à Sotchi, la ville accueillant les Jeux Olympiques en 2014 et qui constitue pour le gouvernement une zone prioritaire de développement. Grégory Pasko va écrire une série d'article sur cette région en pleine expansion économique..

L’aéroport de Sotchi est un petit immeuble sur un étage, d’allure franchement horrible, pas du tout conçu pour passer du temps à l’intérieur. Et n’imaginez pas avoir l’accès à Internet.
Ils ont annoncé que mon vol serait retardé de sept heures, incident tout à fait normal dans l’aviation civile russe moderne avec sa multitude de petites compagnies qui se dégage de toute éventuelle responsabilité quant aux conséquences de ces retards pour les passagers.

Alors que je recherchais une place confortable pour travailler sur mon ordinateur pendant que j’attendais l’embarquement de mon vol, je me suis retrouvé dans le salon d’affaire de l’aéroport. Un groupe d’hommes d’affaire était déjà installé ; ils avaient une conversation animée sur les bonnes perspectives de business à Sotchi. Ils parlaient fort et étaient tellement absorbés par ce qu’ils disaient qu’il était impossible de ne pas les entendre.
Et de quoi parlaient ils ? De la construction d’une zone résidentielle quelque part dans la périphérie de Sotchi.
« C’est comme ça » dit l’un, « avec l’administration locale, la question a été résolue.» « Il va falloir présenter le projet avant la communauté »
« Où est ce que les constructeurs vont vivre ? » demanda le second.
« On construira un dortoir. » Pour çà il n’y aura aucun problème, simplement parce que nous ne serons pas les seuls à nous trouver dans cette situation. Plus de cent mille ouvriers vont travailler sur la construction du site olympique. » Puis les interlocuteurs s’en sont allés.


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L'actuel aéroport de Sotchi ressemble davantage à un petit centre commercial que à la porte d'entrée du lieu le plus convoité de Russie.


Il y avait de nombreuses brochures publicitaires dans le salon. Une société moscovite proposait des maisons de maître dans le centre de Sotchi. Prêt à être occupé pour le 4ème trimestre de 2007. Une autre société offrait un complexe résidentiel, toujours dans le centre de Sotchi, avec plages, piscines, parking et restaurants. Occupation possible dès le second trimestre 2008.
Et encore une société offrant des complexes résidentiels avec des infrastructures de première classe : piscines, thermes, boutiques, restaurants, yacht. 3ème trimestre de 2008.
Et je suis sur qu’il les construiront sur commandes. Parce que ceci n’est pas pour des investisseurs escrocs en construction immobilière, avec leurs maisons sans piscines et boutiques ne peuvent être construites sur une période de 6 ou 7 ans.
Car tout ceci est pour un autre type de personne. Dans l’une des brochures, ils en allaient jusqu’à dire : « Actuellement ce lieu d’une beauté digne d’un de conte de fée a attiré les plus puissants de ce monde… La résidence des hommes à la tête de l’Etat… la nomination de la ville comme capitale des Olympiades de 2014 a haussé le prestige de Sotchi dans les yeux des habitants du pays et des étrangers du monde entier. »
Ce n’est pas la première fois que Sotchi connaît une explosion immobilière et la spéculation. A la fin de la guerre du Caucase en 1864, le partage des terres s’était rapidement étendu jusqu’aux côtes de la mer Noire. La région s’était développée avec des capitaux privés. La bourgeoisie russe, à son tour avait trouvé avantage dans cette région. Et voici qu’émergent de nouvelles opportunités afin d’accroître le capital, augmentant les revenus.
Apparemment, une nouvelle ère de développement de l’hôtellerie par la nouvelle ploutocratie russe est venue.
On sent instantanément que le climat ici est différent : à Moscou la température était de 7 degré sous Celsius ; à Sotchi 17 degrés au dessus. Palmiers, pommiers et cerisiers. Les gens s’habillent légèrement. Et de loin vous pouvez voir les neiges éternelles des sommets du Caucase.
La côte de la mer Noire de Sotchi, comme l’assure les prospectus touristiques, est le lieu le plus chaud de Russie.

Une ville si soviétique…

A mi chemin entre l’aéroport et mon hôtel, sur l’axe principal, je me retrouve coincé dans un important embouteillage. Le conducteur du taxi se tourne et m’explique : ce genre d’embouteillage apparaît après le départ du comité olympique. C’est comme si malgré leur départ, ceux qui ont décidé de placer leurs billes sur ces olympiades restaient.
L’abondance des panneaux d’affichages frappe aux yeux. Ils proposent des lotissements à Sotchi et ses environs ainsi que des appels à voter pour le parti Russie Unie. Il n’y a pratiquement pas de publicité pour les autres partis. Quelque part, un panneau illumine le visage du président du LDPR. Les plus frappants sont les panneaux avec l’inscription « Le plan de Poutine, le plan de Tkachev. » Tkachev est le gouverneur de Krasnodar Kray dont fait partie Sotchi. J’ai été obligé de regarder ce personnage quotidiennement sur les chaînes de télévision locales. Le voici ici avec une pelle, nettoyant les côtes du pétrole brut qui s’est déversé d’un cargo, le voici encore dans un meeting avec des officiels, puis, apportant des cadeaux pour des agriculteurs et des écoliers. Le mini Poutine du coin en quelque sorte.

newairport1119-thumb.jpg "Le plan de Poutine, le plan de Tkachev." affiché près du nouvel aéroport en construction depuis 15 ans, promet une augmentation de vacanciers de moitié d'ici 2010, alors que Sotchi apparait incapable d'accueillir le nombre de visiteurs actuels.
L’hôtel dans lequel je reste a été construit en 2004. Et malgré cela, il n’y a pas le moindre accès à Internet, malgré l’assurance qu’on m’a faite au téléphone qu’il n’y aurait aucun problème pour se connecter. Plus tard, il s’est avéré qu’il était impossible de se connecter dans toute la ville. On dirait qu’il n’y a pas un seul cybercafé. Généralement le service dans ces hôtels est resté très soviétique. Dans les cafés de la ville la nourriture est remarquablement sans goût. Le service? Basé sur le principe du « vous ne trouverez rien de mieux ici, vous le savez et nous aussi ! » Les clients (et cela est très clair) ne sont pas portés en grande estime. En fait c’est le résultat de l’immense quantité de vacanciers pendant la saison. Ils sont nombreux et il y a peu de cafés. Les vacanciers se contentent de peu. Peut être que les futures olympiades changeront les mentalités du personnel dans les cafés et dans les hôtels.

Krasnaya Polyana et les autres sites olympiques.

Le nouvel aéroport est en construction depuis 15 ans. Et c’est seulement depuis la participation de la société de Deripaska « Basic Element » dans les actifs financiers que les choses ont commencé à bouger. Mais nous somme encore loin de l’ouverture du nouvel aéroport.

La route pour aller dans les montagnes n’est pas si mauvaise. De nouveaux tunnels ont été construits. Des hôtels sont en construction. Gazprom est en train de construire son propre village pas loin de la station de ski. J’y ai été conduit et j’ai même réussi à prendre deux photos avant que les gardes de sécurité armés déboulent et me demande de cesser : « seulement avec la permission des supérieurs ! » Seulement ils sont à Moscou. Le lieu pour l’installation a été parfaitement choisi : près d’un ruisseau de montagne, avec une magnifique vue sur les montagnes, et la route est déjà construite.

gaz-21119-thumb.jpg Le nouveau quartier en construction de Gazprom.
Un natif de la région m’a dit que l’une des promesses faites par Gazprom était de fournir en gaz les régions de Moldokova et Nizhnevysokoye. Et les années sont passées et personne n’a jamais vu le gaz. Est-ce que cela veut dire que Gazprom n’a pas tenu ses promesses ? Je me suis souvenu de ce qui s’était passé avec les services de gaz dans la ville de Babayevo à Vologda Oblast. Là aussi Gazprom avait beaucoup promis, y compris les installations de gaz dans la ville et ses environs, mais n’avait jamais tenu ses engagements. Nulle doute qu’il y a une multitude d’exemple comme cela dans toute la Russie, ce qui ne fait que confirmer une fois de plus l’opinion selon laquelle ces grandes corporations n’ont pas crées pour la Russie et pour les russes mais pour un groupe étroit de personnes travaillant pour leur propre bénéfices.

Puis je me retrouve autour de la montagne Maly Akhun, le long des villas bordant la mer, qui, d’après ce que m’ont dit les habitants de la région, servent officiellement de garage pour les bateaux.
En réalité, ce sont des maisons à part entière avec des appartements qui sont loués. Vous aurez compris que le propriétaire de ces appartements va se faire sévèrement « griller ».
Autour de Maly Akhun, sera construite une île artificielle (un miracle qui a déjà été réalisé au Pays Arabes Unis). Récemment, Krasnodar Kray et Sotchi ont reçu la visite d’une délégation officielle de la plus grande société aux Pays Arabes Unis, Damac. Auparavant, des représentants de la même société, avaient déjà exprimé leur empressement d’investir pas moins de 200 millions de dollars dans l’économie de la région de Kouban. Maintenant, ils s’intéressent aux opportunités de construire les équipements olympiques, complexe hôtelier, marinas, et gratte ciels.


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Les "garages à bateaux" à Maly Akhun.

Mais le groupe de sociétés « M-INDUSTRIE A », comme les journaux les appellent, a déjà commencé la construction de l’artificielle « Ile de la fédération ». La superficie totale du complexe approchera des 250 hectares, parmi lesquelles la partie construite sera de 700000 mètres quarrés. La masse totale des investissements sera de 155 milliards de roubles.

Mais pour le moment, je n’ai rien vue se construire dans cette zone la. Je n’ai vu que des gens attendre la démolition de ces « cabanes à bateaux ».
Cependant, près de Khosta, ils ont déjà démoli un hôtel de sept étages qui venait d’être construit. Sur cette photo vous pouvez voir ce qu’il en reste : un tas de décombres. Qu’est ce que cela veut dire ? Les autorités n’ont supposément pas donné leur permission pour sa construction. Et il y a une multitude de tels villages squattés sur tout le territoire de la région de Sotchi.


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Un hôtel construit sans autorisation est démolit à Khosta

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Selon le russe Alexei Maslov le commandant en chef des Forces terrestres, son pays aurait réalisé le retrait de ses troupes de la Géorgie. M. Maslov cité par l’agence de presse Itar-Tass aurait déclaré qu’il n’y avait plus aucun soldat russe en Géorgie et il aurait indiqué que seuls les Casques bleus russes déployés dans les régions dissidentes d’Abkhasie et d’Ossétie du Sud y restent, conformément à leurs mandats respectifs.

Le groupe pharmaceutique hongrois Gedeon Richter indique avoir signé un accord pour acquérir 80,62% du laboratoire pharmaceutique russe OAO Akhirin pour une valeur 86,9 millions d’euros à un groupe d’investisseurs auquel appartient Genefar. L’opération se fera par un échange d’actions. Si les deux opérations sont menées à leur terme, Genefar détiendrait au total 26,75% du groupe hongrois. Selon Gedeon Richter, les ventes d’Akrihin ont atteint environ 63 millions de dollars en 2006.
Le vice-ministre des Finances Sergueï Chatalov a déclaré lors d’une conférence de presse jeudi à Moscou que la valeur des investissements étrangers directs en Russie pourrait atteindre 35 milliards de dollars cette année.

D’après RIA Novosti la Russie et l’OTAN suivront conjointement des instructions de règlement des crises en 2009-10. Ces formations prévus au plan de coopération Russie-OTAN impliqueraient la 15ème brigade russe d’infanterie motorisée, des parachutistes et avions de transport russes ainsi que des unités de transmissions et de logistique. En 2008 la Russie participera également à l’opération anti-terroriste « Active Endeavour » de l’OTAN en Méditerranée en y arborant des navires de guerre.
Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en visite officielle à Rovaniemi en Finlande a informé la presse que fin novembre, la Russie, l’Estonie et la Finlande réfléchirons ensemble sur le contrôle de l’espace aérien au-dessus de la baie de Finlande.

L’OSCE a déclaré qu’elle ne se rendrait pas en Russie pour effectuer la mission d’observation des prochaines élections en Russie. L’absence de collaboration des autorités locales en est la principale raison. En 2003 pour le même événement 1.200 observateurs internationaux avaient été convoqués.
Les ennemis de Poutine sont les ennemis de la Russie : un livre vient d’être publié le titre est suggestif, « Les Ennemis de Poutine ».

Selon François Fillon la Russie est pour la France un « partenaire stratégique majeur au plan international ».
Sergueï Stortchak, le vice-ministre russe des Finances, a été arrêté à Moscou. Son ministère a confirmé l’information émise, quelque temps avant, par une agence de presse.Un porte-parole du ministère des Finances a expliqué que L’arrestation avait été effectuée hors du batîment du ministère et pourrait être liée à l’ouverture d’une enquête criminelle contre des personnes tiers qui ne sont pas employés du ministère.
Le musée Andreï Sakharov, lieux de mémoire du goulag à Moscou qui avait notamment accueilli une exposition "La Russie timbrée" dont nous vous avions parlé il y a quelques semaines, menace de fermer ses portes.Iouri Samodourov, directeur du centre, qui travaillait en collaboration avec plusieurs ONG russes (Groupe Helsinki de Moscou, Comité d'Assistance civile...) a déclaré que la situation était dramatique.

Frank-Walter Steinmeier, le chef de la diplomatie allemande, s’est affirmé sceptique vendredi à Berlin quant à la conclusion prochaine sur l’accord de partenariat et de coopération entre l’Union européenne et la Russie.

La Russie, contrariée de la proximité militaire américaine de ses frontières, avait avisé la presse en juillet qu’elle envisageait de suspendre sa participation au traité FCE, qui limite les armements sur le continent européen. Aujourd’hui c’est chose faite : cette suspension a été approuvée par le Parlement et peut donc entrer en vigueur.


Le quotidien russe Nezavisimaya Gazeta
cite, dans son édition de jeudi, une source proche de l'administration présidentielle, qui affirme que le Président Poutine pourrait démissionner après les élections législatives afin de devenir député. Cela lui permettrait, selon le journal, de se présenter pour les élections présidentielles de mars tout en respectant la Constitution russe.

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L' Express fait paraître une interview de Garry Kasparov pour la publication de son nouveau livre, La vie est une partie d'échecs

Entretien avec Garry Kasparov
par Alla Chevelkina, Sylvaine Pasquier


La passion, le charisme, l'énergie. Icône des échecs, champion du monde invaincu entre 1985 et 2000, Garry Kasparov, 44 ans, a toujours dans les yeux cette intensité qui consuma jadis son rival Anatoli Karpov jusqu'à l'épuisement. Retiré de la compétition en 2005, il s'est aussitôt engagé dans l'opposition à Vladimir Poutine. Son objectif? Démanteler ce régime qui «mélange Karl Marx et Adam Smith». Les primaires de l'Autre Russie, mouvement dont il est l'un des chefs de file, l'ont désigné comme candidat à la présidentielle de mars 2008. Ses atouts, il les doit à l'expérience acquise sur les 64 cases - qu'il nous fait partager dans son dernier ouvrage, La vie est une partie d'échecs (Lattès). En ce grand maître de la stratégie et de la tactique, Poutine a trouvé un redoutable opposant.

Vous êtes désormais candidat à la présidentielle de mars 2008 contre le régime. Est-ce le destin auquel vous vous étiez préparé?
Dans la situation actuelle en Russie, la tactique de la survie est notre seule stratégie. L'opposition doit avancer, coûte que coûte, pour ne pas céder du terrain. Chaque jour gagné est une petite victoire, qui nous permet d'élargir peu à peu notre audience, malgré le contrôle qu'exerce le pouvoir. Dès la formation de l'Autre Russie, j'ai insisté sur le fait que mon rôle le plus efficace serait celui de coordinateur entre les différentes composantes du mouvement. J'étais convaincu, je le suis toujours, que l'opposition devait construire une sorte de matrice de démocratie et en finir avec une pratique très ancrée en Russie - définir une politique à partir du centre, à Moscou, et l'imposer au reste du pays. Mais la seule perspective d'associer les citoyens aux décisions de notre coalition a déclenché une opposition au sein même de cette mouvance d'opposants. L'ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov, en particulier, affirmait que le choix d'un candidat unique pour la présidentielle devait être réglé en petit comité entre les dirigeants moscovites du mouvement. Pourquoi, dans ce cas, luttons-nous contre Poutine, lui ai-je demandé, si c'est pour reproduire ses méthodes? Le système qu'il a mis en place fonctionne selon des règles arbitraires, qu'il change à son gré et dont le résultat est connu d'avance. Notre mission est de montrer qu'il existe une alternative. Et que nous sommes capables d'organiser un scrutin démocratique en acceptant de ne pas savoir où cela nous mènera.

Pourquoi ces réticences chez certains de vos alliés?
L'un des traits psychologiques de nos élites, c'est la peur que leur inspirent les élections libres. Depuis décembre 2006, je proposais d'organiser des primaires au sein de l'Autre Russie, car c'était la seule façon de donner une légitimité à notre candidat. Malgré tout, nous y sommes parvenus. De Sakhaline à Kaliningrad, plus de 3 000 citoyens ont pris part à l'opération. Le nombre peut sembler dérisoire, mais toutes ces personnes ont des noms, des convictions. Et, pour la première fois depuis des années, un scrutin totalement transparent a été organisé dans ce pays.

Quel est le lien entre les composantes hétéroclites de l'Autre Russie?
Un accord de principe sur la nécessité de démonter le régime pour assurer le passage de la Russie à la démocratie. Ancien dissident et ex-président de la République tchèque, Vaclav Havel compare l'Autre Russie à la Charte 77, dont les signataires n'avaient, eux non plus, guère de points communs, sinon leurs revendications. Ceux qui me reprochent de m'être associé à des éléments radicaux ne voient pas combien les perceptions politiques ont changé en Russie au cours de la décennie écoulée. Désormais - grâce à Vladimir Poutine - des mouvements de gauche comme de droite, voire nationalistes, n'ont plus aucun doute sur le fait que la seule option fiable est la démocratie libérale.

Beaucoup n'associent-ils pas celle-ci à la prédation mafieuse de l'ère Eltsine?
Lorsque l'Union soviétique s'est effondrée, en 1991, la majorité de la population considérait la démocratie comme un moyen d'améliorer le niveau de vie. Personne ne savait comment cela fonctionnait, mais, comparé aux conditions d'existence en URSS, le développement des démocraties occidentales parlait de lui-même. Sous le communisme, on vivait mal. Il n'y avait donc qu'à imiter l'Ouest, recette imparable pour que les choses s'améliorent. Bien peu ont perçu que la véritable démocratie n'était jamais advenue sous Boris Eltsine, pas plus que l'économie de marché. La plupart des gens associent les réformes dites démocratiques et libérales à la terrible dégradation du niveau de vie qu'ils ont subie à cette époque. Quand la situation s'est améliorée, sous Vladimir Poutine, avec l'afflux de pétrodollars lié à la hausse des hydrocarbures sur le marché international, certains y ont vu le signe que la Russie se rapprochait de la démocratie! Autrement dit, la compréhension du concept chemine avec lenteur. Pourtant, on n'en est plus très loin. Car chacun peut constater qu'il y a énormément d'argent en circulation. Dans le même temps, nombre de citoyens voient leurs revenus dévorés par l'inflation, tandis que le gouffre s'accroît entre les riches et les pauvres. Ils attribuent cet état de fait à l'absence de contrôle sur les fonctionnaires qui sont complètement corrompus. Pour la première fois, chacun commence à ressentir la dépendance entre les libertés politiques et le niveau de vie - c'est-à-dire à comprendre que la transparence du pouvoir est le seul moyen de faire baisser la corruption.

Comment expliquez-vous le taux d'approbation dont bénéficie le chef de l'Etat?
Attribuer une valeur quelconque à des sondages effectués dans un Etat policier est une erreur. Dans l'Espagne de Franco, au Chili sous Pinochet, la population aurait à coup sûr réagi de la même façon si on lui avait demandé son avis sur les agissements du dictateur. Il faut aussi prendre en compte le traumatisme subi en 1991. Certes, il existait une forte réprobation à l'encontre du régime soviétique. Celui-ci a fait la preuve de son échec, l'URSS s'est effondrée, mais la vie ne s'est pas améliorée pour autant. Aujourd'hui, la même hantise persiste. Si nous nous soulevons et que le régime tombe, si le pays explose, la vie sera-t-elle meilleure? Le Kremlin a réussi à mettre en place une illusion de stabilité, de bien-être, de prospérité, une illusion de vie politique. Mais le quotidien des citoyens est très différent de cette réalité virtuelle. L'un des mythes les plus pernicieux relayés par les experts des milieux d'affaires est celui de la croissance des revenus de la population, qui auraient été multipliés par six sous ce régime. Autant calculer la température moyenne des patients dans un hôpital! Vladimir Poutine est surtout parvenu à multiplier par dix la cohorte des milliardaires russes en dollars. Mais on chercherait en vain dans la liste des nouveaux riches les noms du chef de l'Etat, du maire de Moscou et d'autres officiels. Pourtant, ils ne figureraient pas en bas de liste. D'après les statistiques, les fortunes accumulées par les 100 familles les plus riches du pays représenteraient deux fois les ressources annuelles du budget de l'Etat.

Vladimir Poutine lui-même?
S'interroger sur le fait qu'il soit ou non corrompu revient à demander si Staline savait pour la terreur, les exécutions, le goulag... Celui qui est à la tête de la pyramide est responsable de ce qui se passe de haut en bas. Et Poutine siège au sommet de la corruption. Croyez-vous qu'il reste d'une intégrité sans faille quand ses plus proches amis et associés, issus comme lui de Saint-Pétersbourg, contrôlent la plus grande partie de l'économie russe? L'Occident vit avec une liste d'oligarques désormais périmée. Un certain Guennadi Timchenko, patron d'une société de négoce pétrolier, Gunvor, basée à Genève, a beaucoup plus volé qu'un Berezovski. Il contrôle un tiers de l'exportation du pétrole russe. C'est un proche de Vladimir Poutine, comme les frères Kovaltchuk, qui possèdent la banque Rossia. Ces gens-là se sont enrichis avec une rapidité sans précédent.

Vladimir Poutine ne prétendait-il pas renforcer l'Etat en Russie?
Encore un mythe! Il est évident qu'il a, au contraire, détruit le système de gestion publique. Lequel fonctionne désormais non pas pour gérer le pays, mais pour en extraire le maximum de bénéfices. Les fonds les plus importants sont drainés vers les compagnies sous la coupe du Kremlin - Gazprom, Rosneft, Transneft ou, aujourd'hui, la société olympique de Sotchi [NDLR: la ville organisatrice des JO d'hiver de 2014]... L'argent réel est partagé entre ces groupes semi-publics, semi-privés, qui détiennent des privilèges accordés par l'Etat, mais sont exempts de toute responsabilité, si ce n'est à l'égard de leurs actionnaires - pour la plupart, des officiels dont l'identité n'est pas dévoilée. On nationalise les dépenses et l'on privatise les gains. C'est le principe de l'Etat Poutine: un mélange de Karl Marx et d'Adam Smith.

Des ingrédients aussi incompatibles peuvent-ils tenir très longtemps ensemble?
A mes yeux, le destin de ce régime est déjà scellé. Il peut durer encore deux ans, peut-être moins. La chute sera terrible: la Russie et le reste du monde en paieront le prix. Il y a des points communs avec la situation qui prévalait lors de l'effondrement de l'URSS, en 1991, mais aussi avec le contexte de 1916. Sauf qu'il est question non de révolution, mais de collapsus. De surcroît, malgré les capitaux en circulation et le cours des hydro- carbures, les problèmes du pays ne sont pas réglés. Le simple fait de réparer le réseau des conduites d'eau et de gaz ou les lignes d'électricité demanderait des centaines de milliards de dollars. L'affaire devient urgente, mais pratiquement rien n'est fait. Une crise bancaire se profile. Le mécontentement social s'accroît avec la hausse constante des prix. Le chef de l'Etat intervient - il nomme un nouveau chef de gouvernement - mais la flambée des prix persiste. Ces deux faits n'ont probablement aucun rapport entre eux, mais, pour beaucoup de gens, c'est une découverte. Alors le doute s'installe.

Quelle sera votre riposte si la Commission électorale centrale refuse d'enregistrer votre candidature à la présidentielle?
Pourquoi «si»? Les membres de cette commission ont été nommés pour que des trublions tels que moi ne puissent pas se présenter et recueillir des suffrages!

«La vie est une partie d'échecs», s'intitule votre dernier livre. Est-ce vrai de la politique?
C'est une simple métaphore qui me convient pour aider le lecteur à analyser ses propres actions et à trouver son algorithme personnel de prise de décisions. Je cherche des analogies avec les échecs quand je suis dans une situation critique. Mais dans tous les domaines, donc également dans le combat politique, le processus qui aboutit à la décision fonctionne à l'identique à partir des mêmes ingrédients.

Quelle est votre stratégie?
Créer une situation où l'adversaire cède à la nervosité. Dès lors, il commet des erreurs que vous exploitez pour le faire mat.

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Une poupée de Vladimir Poutine parmi tant d'autres. (Source: Heathcliff O'Malley, The Daily Telegraph)


Vladimir Poutine a affirmé mardi qu'une nette victoire du parti Russie Unie aux élections législatives du 2 décembre lui donnerait le "droit moral" d'exercer une influence sur la Russie après son départ de la présidence en mai 2008. Le russe, Vladimir Tchourov, président de la Commission électorale centrale (CEC), est mécontent des propos tenus par le co-rapporteur de l'APCE Luc van der Brande s qui a jugé que tous les partis participant aux élections à la Douma n'avaient pas un accès égal aux médias électroniques.

La Géorgie a accusé la Russie d'avoir déployé plus de 200 hommes en Abkhazie, région séparatiste pro-russe de Géorgie les séparatistes démentent. La tension monte en Géorgie car présidentielle anticipée est prévue le 5 janvier. "Selon nos informations, pendant toute la journée du 12 novembre, la Russie a illégalement introduit des armes lourdes et des militaires sur le territoire abkhaz", a déclaré le ministre en charge de la Résolution des conflits, David Bakradzé, lors d'une conférence de presse.
L’etat d'urgence pourrait être levé dans les tout prochains jours en Géorgie a déclaré l’émissaire américain envoyé à Tbilissi.

La Russie est et restera un fournisseur d'énergie fiable pour l' Europe, a déclaré Victor
Khristenko le ministre russe de l'énergie
lors du congrès mondial de l'énergie à Rome.
La société russe de pétrole Rosneft, contrôlée par l'Etat, prévoit de tripler ses rapports avec l'Asie, passant de 6% du total des livraisons actuellement à 20% d'ici 2020, a annoncé son président Sergueï Bogdantchikov lors d'une conférence de presse lundi à Rome, dans
le cadre du Congrès mondial de l'énergie.`
L'entreprise canadienne Magna International (MG.A) est en discussion avec Chrysler sur la possibilité de construire une usine d'assemblage en Russie et qui produirait des véhicules sous-compacts et compacts pour le troisième créateur de voiture nord-américain, selon le Globe and Mail.

La Russie et l'Inde ont convenu d'explorer la Lune ensemble, un accord a été signé lundi à Moscou lors de la visite du Premier ministre indien Manmohan Singh à Moscou. l'Inde pourrait ainsi prendre part à la seconde mission lunaire de la Russie sous le programme Moon-Globe
prévu pour 2011. Après avoir rencontré Viktor Zoubkov, le Premier ministre indien Manmohan Singh a achevé sa visite de deux jours en Russie, un voyage qui rend espoir dans la consolidation de la coopération bilatérale traditionnelle, tout en suscitant un doute parmi les analystes sur leur perspective.
Le ministre norvégien des Affaires étrangères Jonas Gahr Stoere est attendu en visite à Moscou les 20 et 21 novembre prochains, indique l'ambassade norvégienne à Moscou. Il rencontrera son homologue russe Sergueï Lavrov, ainsi que le président de la Douma Boris Gryzlov. M. Stoere devrait discuter avec des membres de la société civile de la liberté de la presse en Russie.
Le premier ministre finlandais attendu en Russie le 27 novembre
Ce qui s'annonce comme l'une des pires catastrophe écologique qu'ait connu la Mer Noire a été provoquée par la rupture de la coque d'un pétrolier durant une tempête qui a coulé par ailleurs onze navires, dimanche.
Les autorités russes essaient d'évaluer les dégâts potentiels du drame mais on sait déjà que Le bilan humain est lourd: les corps de trois marins ont été retrouvés tandis que cinq autres sont portés disparus. De plus 30 000 oiseaux ont étés tués et le coup dur pour les pêcheurs paraît si dramatique qu’il est difficile à évaluer.
Les mauvaises conditions météo ont interrompu aujourd’hui les opérations de nettoyage de la marée noire.

Le Financial Times a fait paraitre une réponse de Robert Amsterdam aux propos d'Alexandre Medevedev sur la "sécurité énergétique" que son entreprise Gazprom entend incarner en Europe.

Le 25 Septembre le Financial Times a publié une lettre ouverte d’Alexandre Medvedev, vice président de Gazprom, revendiquant le dévouement de sa société à approfondir la sécurité énergétique de l’Europe. Quand la Russie et d’autre pays pétroliers cherchent à se promouvoir autour de ce concept, nous avons un sérieux problème de définition. De quelle sécurité est on en train de nous parler ?

Dans l’Union Européenne, la sécurité énergétique est progressivement devenue un contresens : un concept qui par l’usage de la rhétorique a été piraté afin de faire valider ses fournisseurs et limiter les options des importateurs. Un nombre incalculable de mauvaises réglementations ont ainsi été crées au nom de ces impératifs, aboutissant à un radical manque de concurrence, à une accentuation de la vulnérabilité politique et à la désagrégation générale de la règle de droit.

L’essentiel du problème est la croissante dépendance de l’Europe sur le gaz naturel importé de Russie, et son inhabilité ou réticence à répondre avec cohérence et collectivement aux nouvelles formes de nationalisme en matière énergétique. L’étroite obsession de l’Europe sur la sécurité en matière de fournisseurs a facilité de nombreux développements en Russie, y compris le changement de législation garantissant le monopole d’Etat sur les gazoduc d’exportation, le refus de ratifier le traité sur l’énergie, la fréquence des arrangements non transparents et la rapide acquisition de parts sociales dans les entreprises énergétiques de puissants Etats, tout cela combiné ayant largement affaibli la concurrence.

Pendant ce temps, le Kremlin s’est engagé dans une campagne énergique en matière de réglementation énergétique étrangère, afin de coordonner ces activités avec d’autres exportateurs énergétiques, ayant aboutit à un dépeçage des marchés et de moins en moins d’options de fournisseurs pour l’Europe. L’exemple le plus tangible de ces démarches fut le mémorandum de 2006 entre Gazprom et l’algérien Sonatrach, qui plaçait théoriquement 69% des importations de gaz naturel en Italie sous le contrôle d’un seul distributeur, créant le début de la controverse sur un cartel gazier. Les consommateurs italiens ont été alarmés par cet accord, et même Paolo Scaroni, le président exécutif de Eni, a avertit Bruxelles que une alliance entre les trois ou quatre exportateurs les rendrait plus puissant que l’OPEP.

Puis, à la fin de l’année dernière, Eni a signé un accord important avec Gazprom, en faisant son premier client dans le monde.
En juin dernier, M. Scaroni et Romano Prodi, le premier ministre italien, ont invité des personnalités russes à Rome pour faire l’annonce du projet de gazoduc South Stream, qui porte un coup fatal au gazoduc Nabucco, pourtant conçu afin de développer une diversité de fournisseurs pour l’Europe. Le communiqué de presse de Eni à l’époque annonçait que le projet « permettrait d’améliorer de manière significative la sécurité des fournisseurs énergétiques pour l’Union Européenne »

Le gambit adroit réalisé par la Russie en Italie n’est pas qu’un exemple isolé de la manipulation opérée autour du concept de sécurité énergétique. La sécurité énergétique est aussi régulièrement utilisée comme rationnelle à la relation privilégiée entre la Russie et l’Allemagne, et leurs intentions commune pour le gazoduc « Nord Stream ». Nord Stream est constamment estimé comme trois fois plus chères qu’une route de pipeline habituel.
Citant ce besoin de sécurité énergétique, des traités bilatéraux comme celui-ci ont été conclus entre des pays européens et la Russie, semant la discorde entre des états membres, diminuant leur influence dans les négociations et aboutissent à une plus bien plus grande influence politique de Moscou. Ceux qui résistent et ne vacillent pas, comme l’Estonie ou la Pologne, sont souvent accusés d’entretenir leurs différents historiques, plutôt que reconnu pour mettre l’index sur des préoccupations légitimes.
Il y a aussi un puissant élément cœrcitif dans l’habilité qu’à la Russie de conclure des accords bilatéraux à l’avance des arrangements multilatéraux.
Plus inquiétant, cette recherche de sécurité énergétique a plusieurs fois conduit l’Europe à abandonner la règle de droit au nom de ce besoin. Même si la Russie est légalement tenu par ses signatures du traité énergétique, peu en Europe aspirent à presser Moscou sur ce point.
S’inclinant par intimidation, l’Europe a largement ignoré les expropriations illégales et les intimidations dont ont été victime les investisseurs étrangers en Russie, et a abdiqué devant les coupures énergétiques politiquement motivées sur les ex pays soviétiques. L’Europe doit réaliser que c’est seulement par le jeu d’ concurrence saine qu’une véritable sécurité énergétique peut être atteinte.
Au-delà de la signature d’un rapide accord d’approvisionnement, les Etats membres devraient concevoir une définition plus sobre de la sécurité énergétique, répondant à trois critères : l’indépendance des forces géopolitiques ; l’indépendance par rapport aux leaders du marché ; et garantir que le système répond aux urgences, même en cas de conflit sur les prix.

La sécurité juridique peut paraître un terme positif, mais tant que l’Europe sous estimera son sens, il fera davantage de tort que de bien.

Robert Amsterdam est associé dans le cabinet d'avocat Amsterdam et Peroff. Il est l’avocat de Mikhaïl Khodorkovski.

Le Monde: Grigori Pasko, en dissidence surveillée

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Dans Le Monde: Grigori Pasko est un vétéran parmi les victimes des répressions politiques de l'ère Poutine. Après ses études de journalisme, achevées en 1983 à l'Institut politico-militaire de Lvov, dans l'ouest de l'Ukraine, il est muté à Vladivostok, dans l'Extrême-Orient soviétique. L'effondrement de l'URSS ouvre des possibilités sans précédent pour la presse. L'officier de marine Pasko s'illustre dans le journal de la flotte du Pacifique, Boïevaïa Vakhta (Sentinelle de combat). A l'information officielle, il préfère l'investigation.

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La présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey a signé à Moscou un mémorandum d'entente avec le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov. Cet accord vise à approfondir les relations entre la Suisse et la Russie.

Orange Business Services, la filiale de services aux professionnels de France Télécom, annonce être devenue le seul fournisseur international de services de communications à obtenir le statut d'opérateur longue distance en Russie.L'entreprise explique que cette licence la place en position idéale pour fournir dès le début 2008 des services de téléphonie longue distance nationaux et internationaux aux grandes entreprises, ainsi qu'aux entreprises de taille moyenne, à travers tout
le pays.
Le nouveau statut d'Orange Business Services en Russie, combiné à la puissance internationale de France Télécom, nous procure un avantage concurrentiel unique pour la prestation de services aux entreprises présentes à la fois en Russie et dans le reste du monde, explique Dmitry Ivannikov, le directeur général d'Orange Business Services pour la Russie et la CEI.
Le réseau est connecté à tous les opérateurs russes, locaux et longue distance.
Moscou et Kiev sont proches d'un accord sur le prix du gaz russe pour l'Ukraine en 2008, à 160 dollars les 1.000 m3, a déclaré vendredi le vice-président de Gazprom Alexandre Medvedev sur la chaîne russe Russia Today. Interrogé sur le prix de 160 dollars, M. Medvedev a répondu: "L'essentiel est que ce prix arrange l'Ukraine. Nous estimons que c'est un prix raisonnable pour l'année prochaine et que nous pouvons poursuivre le travail dans ce sens".
http://www.romandie.com/infos/news2/071109174811.1vqpdmnj.asp
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s'est dit vendredi inquiet des "risques d'aggravation" de la situation dans les régions
séparatistes géorgiennes pro-russes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud après
l'instauration mercredi de l'état d'urgence en Géorgie.

Orange a déployé son infrastructure longue distance en Russie en investissant environ 136 millions d'euros afin de créer un réseau de IP (Internet Protocol) de dernière génération, basé sur la technologie MPLS.

Orange Business Services emploie aujourd'hui 800 personnes en Russie. Sa clientèle compte plus de 4000 entreprises dans le pays.
17 000 personnes ont péri dans des incendies en Russie durant l'année 2006.
Dans la perspective des législatives russes du 2 décembre, Poutine fait une campagne "interactive" sur le Net. Il est difficile de mesurer l'efficacité de ces initiatives. Elles s'inscrivent néanmoins dans la vague de soutien au président Poutine, y compris en faveur d'un troisième mandat que lui interdit la Constitution.
Un segment russe de la Station spatiale internationale (ISS) sera augmenté d'ici 2011 avec le lancement de trois modules de recherches et l'équipe de l'ISS s'accroîtra de trois à six membres en 2009-2010, a déclaré vendredi le directeur de l'Agence spatiale fédérale (Roskosmos), Anatoly Perminov.
Moscou et Kiev sont proches d'un accord sur le prix du gaz russe pour l'Ukraine en 2008, à 160 dollars les 1.000 m3, a déclaré vendredi le vice-président de Gazprom Alexandre Medvedev sur la chaîne russe Russia Today. Interrogé sur le prix de 160 dollars, M. Medvedev a répondu: "L'essentiel est que ce prix arrange l'Ukraine. Nous estimons que c'est un prix raisonnable pour l'année prochaine et que nous pouvons poursuivre le travail dans ce sens".

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s'est dit vendredi inquiet des "risques d'aggravation" de la situation dans les régions séparatistes géorgiennes pro-russes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud après l'instauration mercredi de l'état d'urgence en Géorgie.

Moscou a démenti vendredi avoir trouvé un accord avec l'Allemagne pour autoriser la compagnie Lufthansa à continuer le survol de la Russie, compliquant encore la dispute avec Berlin.

L'Agence France Presse rapporte les propos de Khodorkovski tirés d' une lettre publiée sur le site de la radio indépendante Echo Moscou.

Khodorkovski appelle les Russes à ne pas voter comme "des moutons"

MOSCOU, 7 nov 2007 (AFP) - L'ancien patron du géant pétrolier russe Ioukos Mikhaïl Khodorkovski, opposant au Kremlin et détenu en Sibérie, a appelé mercredi les Russes à voter pour les "petits partis" lors des législatives du 2 décembre pour montrer qu'ils n'étaient ni des "esclaves, ni des moutons".
"Allez obligatoirement voter, il vaut mieux voter pour l'un des petits partis qui ne suscitent pas le mépris", écrit Mikhaïl Khodorkovski dans une lettre publiée sur le site de la radio indépendante Echo Moscou.
L'ancien homme le plus riche de Russie fait référence aux partis comme Iabloko (opposition réformatrice) ou SPS (libéraux), pas assurés de rentrer à la Douma (chambre basse du Parlement) au lendemain des législatives du 2 décembre.
"Cela sera un signal clair de votre part: je suis un citoyen, j'ai le droit de voter et je vais voter, je ne suis ni un esclave ni un mouton", ajoute M. Khodorkovski dans cette lettre où il rejette l'idée de boycott du scrutin avancée par une partie de l'opposition russe.
L'ancien homme d'affaires dit ne se faire aucune illusion sur le résultat du scrutin dont le parti Russie Unie de Vladimir Poutine est grandissime favori.
Russie Unie "et ses satellites vont avoir la majorité constitutionnelle à la Douma, et les partis libéraux à priori ne vont pas y être représentés", estime-t-il.
"La bureaucratie (...) se sent très bien dans les conditions d'apathie sociale. Cela constitue pour elle une confirmation de son droit unique à diriger le pays à sa guise", critique M. Khodorkovski.
Arrêté en octobre 2003, l'ex-PDG a été condamné en 2005 à huit ans de prison pour escroquerie et fraude fiscale à grande échelle au terme d'un procès considéré comme largement inspiré par le Kremlin pour rétablir le contrôle de l'Etat sur de précieux actifs pétroliers et mettre au pas un homme d'affaires manifestant des ambitions politiques.
En février, il a fait l'objet de nouvelles accusations et risque jusqu'à quinze ans de prison.

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Le 90e anniversaire de la Révolution bolchevique a été célébré humblement en Russie aujourd’hui.
Tragédie pour les uns, victoire de la liberté pour les autres, le défilé était en fait une reconstitution de parade militaire datant de 1941. En effet, la fête portait plus sur l’héroïsme du peuple russe lors de la seconde guerre mondiale contre les nazis que sur l’anniversaire de la rêvolution russe. Cinq ville russes ont d’ailleurs été qualifiées parVladimir poutine de ville de la gloire militaire mais le chef du kremlin n’a pas prononcé un mot sur le régime communiste.

Le chef du Parlement, Sergueï Mironov, a déclaré quant à lui qu’ils ne devaient pas avoir honte de leur histoire.
Dans un discours télévisé à la nation, le président géorgien Mikheïl Saakachvili a annoncé l'expulsion de plusieurs collaborateurs de l'ambassade de Russie à Tbilissi, après les manifestations réclamant sa démission. Il a notamment accusé les services spéciaux russes d'être "impliqués" dans les troubles à Tbilissi : « La Géorgie fait face à des troubles et des hauts responsables des services spéciaux russes sont impliqués. Certains d'entre eux sont en Géorgie, d'autres à Moscou,(…),ils se sont livrés à des activités subversives, d'espionnage. Ils vont être déclarés persona non grata et quitter la Géorgie dans les jours qui viennent"
Entre 7.000 et 15.000 personnes avaient manifesté les jours précédents.

La Russie a fait un pas de plus mercredi vers un gel de sa participation au traité sur les Forces conventionnelles en Europe (FCE), ajoutant aux tensions avec Washington autour du bouclier antimissiles américain et de l'équilibre militaire sur le Vieux Continent. « Cette décision est motivée par le fait que le traité a cessé de correspondre aux nouvelles réalités militaires et politiques en Europe et de ce fait ne garantit pas la sécurité militaire de la Russie » a affirmé M. Poutine dans une lette adressée à Boris Gryzlov le président de le douma (chambre basse russe).

La cérémonie de clôture de la série d'événements de "l'Année de la Chine" s'est déroulée mardi soir à Moscou, marquant la fin des années thématiques réciproques dédiées à la Chine et à la Russie et qui a débuté en 2006.
Une "Année du russe" sera organisée en Chine en 2009 et une "Année du chinois" se déroulera en Russie en 2010, selon un communiqué conjoint signé mardi par le Premier ministre russe Viktor Zoubkov et son homologue chinois Wen Jiabao, en visite en Russie.
La Chine et la Russie vont renforcer leur coopération dans les domaines de l'économie, du commerce, de l'énergie, de la science-technologie, de l'énergie nucléaire, de l'astronautique, des transports et des banques, sur la base de la croissance équilibrée et de réciprocité, indique un communiqué signé mardi à Moscou.
Les autorités vétérinaires polonaises ont démenti mercredi avoir donné leur feu vert à des inspections russes dans les entreprises polonaises exportatrices de viande.
Le journaliste suisse Reinhard Meier estime que « rien ne symbolise mieux l'ambivalence de la Russie post-soviétique envers son passé soviétique que le fait que le corps embaumé de Lénine, père de la révolution, soit encore exposé sur la Place Rouge dans un mausolée de marbre qui tient lieu de sanctuaire national ».

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C’est la fin du périple pour Wen Jiabao, après s’être rendu en Ouzbékistan au Turkménistan et en Biélorussie le premier ministre chinois a rencontré son homologue Viktor Zoubkov ainsi que le président russe Vladimir Poutine en Russie. Outres les discussions de premier ordre concernant les intérêts communs des deux pays il assistera à la cérémonie de clôture du programme année de la Chine en Russie. Le ministre géorgien Guela Bejouachvili a appelé la Russie à ne pas faire abstraction du principe d’ingérence lors d’un entretien avec l'ambassadeur russe en Géorgie Viatcheslav Kovalenko mardi. L'accord entre Gazprom et le néerlandais Gasunie créera de meilleures conditions pour la réalisation du projet Nord-Stream selon Vladimir Poutine car selon lui "La participation de Gasunie à ce projet le rend multipartite et crée, cela va sans dire, de meilleures conditions pour sa réalisation » 30 personnes sont mortes dans un incendie d’une maison de retraite basée dans la région de Toula en Russie.

Le concert de musique russe organisé le lundi 29 Octobre a notamment été l'occasion d'entendre André Glucksmann et Pierre Lellouche parler de l'état des libertés publiques en Russie.

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André Glucksmann


André Glucksmann
Je serais très bref car ce qui compte ici, c’est le témoignage direct de ceux qui ont subis l’oppression et qu’on entendra tout à l’heure.

Je tenais à dire deux choses.
La première, c’est que ce qui se passe actuellement en Russie, ce sont des méthodes d’intimidation. Il n’y a pas de répression de masse, sauf en Tchétchénie où là c’est une intimidation où on prend un très petit peuple pour faire un exemple et dire aux autres, c'est-à-dire tout le peuple russe, voila ce qui se passe quand vous n’obéissez pas aux ordres du Kremlin. C’est un exemple absolument affreux, quand on pense que Picasso a peint Guernica et bien personne n’a peint Grozny parce que ce n’est pas « peignable » comme événement. La destruction de Grozny, 450 000 habitants, première ville détruite par une armée européenne depuis Varsovie en 1944.
Mais tout n’est pas à cette énorme échelle de cruauté. On agit aussi au cas par cas et alors on prend un homme d’affaires et on en fait un exemple, on prend une journaliste et on en fait un exemple, on prend un ancien du KGB et on le fait mourir sous les feux de la rampe dans des conditions absolument abominables à Londres. Là, vous avez des crimes qui sont particuliers, qui sont commis en pleine lumière. A quoi servent-ils ? A intimider systématiquement l’ensemble des gens qui pourraient parler, raisonner, dire la vérité en Russie. Alors les journalistes - pensez à Anna Politkovskaïa-, les anciens du KGB -vous avez vu Litvinenko-, et les capitalistes, les oligarques vous voyez MBK en Sibérie : si il compte en sortir, on va lui faire un autre procès, comme cela se sera bien clair qu’il doit rester en prison et c’est cette méthode d’intimidation qui est mise en oeuvre . Cette méthode est en un sens un succès car la Russie a vécu des choses abominables pendant plus de 70 ans et il y a des vieux réflexes de peur qui sont systématiquement réveillés par des attentats qualitatifs. Je pense par exemple a Trépachkine, l’ avocat qui s’occupait des 300 morts dans les immeubles de Moscou qui allait devenir le prétexte, l’alibi a la seconde guerre en Tchétchénie et Trepachkine, qui est un ancien du FSB, est en prison gravement atteint par la tuberculose. C’est ce type d’agression qualitative qui vise à faire taire la société civile russe.
Alors que devons nous faire face à cela ? Nous devons ne pas nous taire, ne pas oublier, et expliquer..
Je trouve très bien ce que l’on fait ce soir, je trouve très bien ce que fait la municipalité de Paris, ce serait encore mieux si il y avait une rue de Paris qui consacre Politkovskaïa,si possible dans le 16ème arrondissement près d’une certaine ambassade…(rires).
Je pense aussi qu’il faut se dire qu’il y a des êtres dans une solitude mondiale et je vais parler de Mikhaïl Khodorkovski.Il est un oligarque, il est donc riche et les hommes de plume et les hommes d’argent, ça ne va pas toujours ensemble, mais il est aussi beaucoup plus : il faut comprendre ce que disent Mémorial et les autres associations qui défendent les libertés individuelles en Russie, c’est un prisonnier de conscience comme on les appelle en Russie, c'est-à-dire un prisonnier politique. Je vais prendre l’exemple de Sakharov, le père de la bombe russeMikhaïl Khodorkovski est le père de la plus grande entreprise de pétrole russe et c’est le même problème. Il aurait pu soit plier, soit quitter la Russie et s’installer à Londres et il ne l’a pas fait. Pourquoi ? Pas parce qu’il est idiot : ce n’est absolument pas le cas, c’est un homme d’une grande intelligence. Pas parce qu’il ne le savait pas, tout le monde le savait en Russie.Alors pourquoi ? Il a trouvé que l’enjeu valait la peine qu’il risquait d’avoir. Il y a des gens qui pensent que la liberté est plus importante que la vie et si je le compare avec Sakharov, c’est parce que si Khodorkovski avait aujourd’hui gagné son procès, , il n’y aurait pas de chantage au pétrole, pas de coupure de robinet pour faire chanter les ukrainiens ou les Georgiens. Parce que, aujourd’hui, l’arme de dissuasion principale en Russie, c’est justement l’arme du gaz et du pétrole. Et c’est là que Khodorkovski a tenté de faire régner la transparence comme une règle générale de gestion dans une civilisation relativement démocratique. Donc il a combattu comme Sakharov le pouvoir dissuasif de la Russie. L’abandon dans lequel il est tenu prouve non pas notre sécheresse de cœur mais notre petitesse de cervelle : nous n’avons pas vu l’enjeu de la chose et dites vous bien que la liberté et les droits de l’homme, les possibilités pour l’opinion publique de s’exprimer dans des medias relativement libres, c’est absolument essentiel quand il s’agit de la Russie car la Russie est la deuxième puissance nucléaire, c’est le deuxième marchand d’armes au monde et elle est la puissance énergétique qui domine largement l’Europe actuellement.
Donc le combat pour les conscience en Russie n’est pas de l’idéalisme, c’est un combat pour la paix et un combat pour la sécurité de nos enfants parce que dites vous bien que aux frontières de l’Union européenne s’élève une sorte de pouvoir qui n’est plus contrôlé de l’intérieur et que personne n’essaye de contrôler de l’extérieur. Comprenez bien qu’il ne s’agit pas uniquement des Russes, pas uniquement des Tchétchènes mais il s’agit de nos enfants. Merci.

Pierre Lellouche

Il n’est pas simple de parler après André Glucksmann. Je veux dire combien je suis heureux de voir dans cette salle des représentants de la nation de droite comme de gauche qui sont ici pour témoigner de notre attachement commun pour les libertés et des questions plus vastes qui touchent en effet à la sécurité de l’Europe. Peu avant l’été j’ai été l’objet d’attaques assez violentes par une presse contrôlée par le Kremlin où j’ai été traité ainsi qu’André Glucksmann d’anti-Russe. En fait je veux d’emblé vous dire que j’aime la Russie, j’aime sa culture, sa littérature, son peuple, un peuple extrêmement courageux et dur à la peine, qui a une histoire très compliquée. Simplement je fais partie de ceux qui pensent que Russie peut rimer avec démocratie. Et c’est ça qui est considéré comme antirusse aujourd’hui à Moscou. Au fil des années dans ma vie professionnelle en tant que responsable politique j’ai eu d’abord la malchance de voir un pays renfermé, puis j’ai vu le mur de Berlin tomber, j’ai vu un Kremlin où cohabitait pendant un moment Eltsine et Gorbatchev. Puis les années difficiles qui ont suivi 1998 et qui ont mené à la fin du régime Eltsine et à l’arrivée de cette équipe d’anciens membres du FSB et de Saint Petersbourg qui domine aujourd’hui la Russie. C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai vu au fil des années disparaître mes amis démocrates, aujourd’hui plus aucun député russe n’est un authentique démocrate. Ils sont soit communistes, soit ultra nationalistes soit membres du parti au pouvoir. Et la nouvelle loi électorale va rendre totalement impossible l’élection de gens qui sont des démocrates. J’ai vu au fil des années la presse être de plus en plus contrôlée. La mort exemplaire au sens propre du terme d’Anna Politkovskaïa, qu’André avait beaucoup soutenu ici en France en est l’exemple le plus frappant. J’ai vu la politique étrangère russe prendre des allures de retour vers le futur. Qu’il s’agisse de la dénonciation du traité de désarmement établi dans les années 90, des traités contre la prolifération des armes nucléaires, de l’annonce d’une super bombe conventionnelle. J’ai vu des forces dites de paix russe en Ossétie du Nord comme en Abkhazie sur le territoire géorgien où la Russie contrôle de véritables enclaves ; en Moldavie, comment le conflit du Haut-Karabakh est entretenu par le Kremlin pour diviser les pays du Caucase sud ; sans parler de la Tchétchénie. J’ai vu une politique étrangère au Proche Orient et sur les dossiers iraniens qu’on aurait pu espérer commune, car nous partageons avec la Russie les mêmes intérêts stratégiques s’agissant de la prolifération au Sud. J’ai vu le gaz être utilisé comme un moyen de pression sur le processus électoral en Ukraine puis aujourd’hui sur l’Europe de l’Ouest. J’ai vu les exportations géorgiennes soudainement arrêtées pour tuer l’économie géorgienne ou encore la traque des Géorgiens à Moscou. Toute sorte de choses, et André en a rappelé un certain nombre d’autres, qui franchement m’attriste et m’inquiète. Je ne dis pas par un réflexe de guerre froide mais tout simplement parce que j’avais rêvé d’une Russie qui retrouverait sa place dans la famille européenne. Ca n’est pas le cas pour un tas de raisons. Et depuis 1998 on a un pays qui se crispe, qui se referme et qui majoritairement se regroupe derrière le drapeau national, voir nationaliste, anti-européen anti-occidental, qui se rapproche d’une espèce de fierté qui rappelle quelque part l’Allemagne de Weimar nationaliste et un peu revenchiste qui a mal vécu la fin de l’empire. Tout cela n’augure rien de bon dans un monde où il y a aussi plein de dangers de sécurité au Sud et où nous avons besoin d’une Russie stable, d’une Russie démocratique. Elle pourrait l’être, c’est la raison de ma présence ici alors que je suis en plein milieu du vote du budget et que je dois vite y retourner. Je voulais simplement vous dire et là encore, André Glucksmann a totalement raison, que cette affaire n’est pas juste celle d’un homme d’affaire emprisonné ou celle d’une journaliste assassinée c’est l’affaire de tout un pays que j’espère devenir notre ami et qui pour l’instant prend la mauvaise direction. Donc face à cela, mon souhait c’est que nous ayons une politique claire et que nous disions les choses sans agressivité, sans être donneur de leçons mais nous devons avoir une politique étrangère où la morale retrouve sa place. On a vu lors du voyage récent du Président de la République que parler de morale est courageux. Je préfère ce voyage difficile aux accommodements d’un passé récent, voire aux choix d’un ancien chancelier d’Allemagne devenu l’employé d’une société qui fabrique du gaz. Donc je souhaite que l’Europe sans aucune agressivité, soit capable de dire au gouvernement russe que nous souhaitons autre chose que ce régime dur et difficile et qu’au contraire nous souhaitons le voir évoluer vers la démocratie et travailler en cohérence avec nous comme contributeur à la stabilité mondiale et non comme du temps de la guerre froide où tout ce qui nuisait à l’Occident était en quelque sorte quelque chose de positif pour la Russie. Je voulais simplement vous remercier d’être ici, car plus il y aura de Français mobilisés de droite comme de gauche sur cette affaire, plus il y aura consensus et plus nous avancerons. Merci.

Un nouveau site à vu le jour pour la libération de Mikhail Khodorkovski et Platon Lebedev. Vous pourrez apporter votre soutien en signant la lettre ouverte, voir des vidéos, ou encore écrire des messages.

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Une campagne agressive

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Depuis que la campagne pour les élections législatives a été lancée, tout d’abord par le vote des militants de l’Autre Russie en faveur de Gary Kasparov puis par l’annonce du président Poutine qu’il jouerait un rôle important dans le futur politique de sa nation, on ne compte plus les coups bas du pouvoir en place pour promouvoir son action politique et surtout pour discréditer celle des autres.
En quelques jours cette attitude peu démocratique devient une habitude ; le parti majoritaire a annoncé par l’intermédiaire de Andreï Vorobiev, président du comité exécutif de Russie Unie que son parti « ne participerait pas aux débats » privant ainsi les autres partis de toute véritable couverture médiatique. Le parti au pouvoir surf sur sa vague d’opinion favorable sachant parfaitement qu’il a tout à perdre en se confrontant à ses opposants.
Encore plus inquiétant, la réaction surprenante de Moscou qui réduit drastiquement la mission de l’OSCE pour les prochaines législatives. Cet institut, créé pour contrôler la bonne marche des élections ne déplacera que 400 observateurs pour 95.000 bureaux de vote, ce qui ne permettra pas une véritable observation.
Plus anecdotique, mais tout de même surréaliste dans une démocratie moderne, la récente opération du parti pro Poutine qui réalise une campagne de distribution de gadgets, (bouteilles de vodka et couvercles de bocaux) pour fidéliser ceux qui ne verraient aucun intérêt à aller voter !
Enfin dernière trouvaille machiavélique du pouvoir en place, cette manifestation devant l'édifice de la Maison des journalistes, à Moscou d’une quinzaine de sans-abri, ivres pour la plupart, qui scandent sans trop de conviction: «Kasparov, Kasparov!».
Tout cela en une petite semaine, cela devient préoccupant et nous veillerons à vous tenir informer si à l’avenir nous assistions encore à de tels actes.

Ci dessous, un article tiré de RIA Novosti:

MOSCOU, 1er novembre - RIA Novosti. Un tribunal d'Amsterdam a statué que la mise en liquidation judiciaire de l'ancien géant pétrolier Ioukos en Russie était contraire aux normes de la Justice hollandaise et a jugé que le changement de dirigeants de Ioukos Finance était illégal, écrit jeudi le journal Kommersant.

Le nouveau propriétaire de la compagnie - Promneftstroï de Stephen Lynch - devra maintenant s'entendre sur le sort de ses actifs avec le groupe Menatep. Mais la décision du tribunal hollandais présente un intérêt particulier à la veille de l'examen de l'affaire Ioukos par la Cour européenne des droits de l'homme à Strasbourg qui conteste la légalité des griefs fiscaux qui avaient conduit le groupe à la banqueroute.

"Je considère cette décision comme odieuse, a déclaré Edouard Rebgoun, actuel administrateur judiciaire de Ioukos, car mes pouvoirs ont été reconnus (en août 2006) lors d'un précédent procès analogue aux Pays-Bas. La cour fédérale des Etats-Unis à New York et l'arbitrage commercial international de Londres ont également reconnu mes pouvoirs. J'ai agi en stricte conformité avec la législation russe et c'est en conformité avec celle-ci que le tribunal d'arbitrage a mis Ioukos en faillite".

1.492 millions de dollars provenant de la vente de 53,7% des actions de la raffinerie de pétrole lituanienne Mazeikiu nafta en 2006 et de 49% de la compagnie slovaque Transpetrol représentent les actifs les plus importants de la compagnie Ioukos Finance. D'après les données des anciens employés d'Ioukos contrôlant Ioukos Finance, la compagnie possède pour plus de 2,7 milliards de dollars d'actifs et d'argent. Le 15 août, Ioukos Finance a été vendue pour 308 millions de dollars à Promneftstroï.

Les Pays-Bas sont le premier pays de l'UE à reconnaître l'illégalité de la liquidation judiciaire de Ioukos, fait important à la veille de l'examen de l'affaire par la Cour européenne des droits de l'homme. L'article 6 de la Convention européenne stipule que "toute personne a le droit que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial". Ioukos se réfère à cet article dans la plainte qu'il a émise contre les poursuites fiscales et la mise en faillite dont il a fait l'objet.

La date des audiences n'est pas encore fixée, mais la Cour européenne des droits de l'homme manifeste déjà sa méfiance envers les verdicts prononcés par les tribunaux russes sur l'affaire Ioukos: le 25 octobre, elle a jugé illégale la détention de Platon Lebedev, ancien actionnaire du groupe Menatep. Par ailleurs, Dmitri Stepanov, juriste du cabinet d'avocats Ioukov, Khrenov et Cie, doute sérieusement que la décision du tribunal hollandais puisse influer sur la position de la Cour européenne de Strasbourg. "La Cour européenne des droits de l'homme ne dépend nullement des décisions des tribunaux des pays d'Europe occidentale, affirme l'expert. Ainsi, la compagnie SPI de Iouri Schefler alors en procès aux Pays-Bas, entre autres, à cause d'un litige concernant les labels de sa vodka, avait obtenu un verdict favorable; la Cour de Strasbourg s'était cependant prononcée unanimement en faveur de la Russie".

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti

Les résultats légaux

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Voici ci-dessous la traduction exclusive d’un article de Vladimir Milov paru dans le journal russe Vedomosti le 31 Octobre 2007.

L’une des conséquences importantes de la présidence de Poutine est la dégradation menaçante des institutions légales en Russie, la perte totale du rôle qu’avait la loi dans la société Russe. Cela peut paraitre étrange étant donné que Poutine et la plupart des membres de son entourage ont eu une formation juridique et n’hésitent pas à s’en vanter. Comme un collègue du conseil de l’Europe, m’avait un jour laissé croire, « je pense que Poutine est au fond un légaliste, du fait qu’il a une formation juridique. »

Le fait que les leaders d’un pays aient une formation juridique ne garantit pas qu’ils fassent la promotion du droit. Comme Poutine l’affirmait lors de sa première déclaration devant l’assemblée fédérale en 2000 : « nous insistons sur un seul type de dictature, la dictature de la loi ». En 2002, devant la même assemblée, il mentionna aussi « le murissement de la règle de droit » comme l’un de ses principaux objectifs.

Après plusieurs années, les phrases relatives à la création de la règle de droit et celles sur la « dictature de la loi » ont disparu du vocabulaire officiel. L’affaire Ioukos est devenue l’apothéose de la destruction et du discrédit du système légal russe. Cette affaire a lancé une odieuse campagne de terreur sur l’impôt (qui en pratique est basée sur le transfert de la présomption d’innocence de l’imposable vers une présomption de culpabilité) L’affaire a aussi montré la dépendance totale des tribunaux envers le pouvoir exécutif. Aussitôt que les parts de Ioukos sont passées d’un propriétaire à l’autre, les tribunaux ont révisé leur décision antérieures relatives aux dettes fiscales.

La réforme judiciaire est un échec total. La Russie a gagné la première place en matière de recours devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Il est à noter que l’Etat Russe a perdu contre ses propres citoyens 90% des affaires que la CEDH à eu à traiter.

Le rôle de la règle légale en tant que tel a largement diminué dans la société russe. La dépendance du pouvoir judiciaire a permis d’interpréter des lois vagues en faveur de l’exécutif. La création récente d’une majorité pro présidentielle à la Douma a permis la possibilité illimitée de changer les lois selon les besoins du gouvernement. Les lois ont perdu leur caractère systématique à la faveur d’un système informel d’arrangements. Une loi spéciale limitant l’accès des investisseurs étrangers à des secteurs économiques stratégiques n’a toujours pas été adoptée. Malgré cela, les autorités ont limité arbitrairement l’accès des étrangers. Elles n’ont tout simplement pas besoin de lois, étant donné la réalité informelle des mécanismes qui déterminent tout.

Ce n’est pas que la Russie a simplement échoué à créer un Etat de droit. Pendant la présidence de Poutine, les institutions informelles ont triomphé par rapport aux institutions légales. De façon générale les doutes sur la constitutionnalité des pouvoirs de Poutine, ont à mon esprit concentré les principes constitutionnels fondamentaux de séparation des pouvoirs par la liquidation du Parlement et du pouvoir judiciaire. Cela constitue alors une bien plus sérieuse violation de la lettre et de l’esprit de la Constitution, que, par exemple, la suppression des élections directes des gouverneurs régionaux ou bien la possible prolongation du mandat présidentiel de Poutine.