Depuis que Vladimir Poutine s’est engagé à ne pas réformer la Constitution pour pouvoir se succéder à lui-même, tout est prétexte aux suspicions. Hier Premier ministre russe, Mikhaïl Fradkov a démissionné expliquant aux médias qu’il voulait laisser au président « une entière liberté pour prendre des décisions, y compris personnelles ». L’administrateur discret du Kremlin a quitté le navire concédant sa place (usuellement très enviable à quelques mois des élections présidentielles) à son successeur Viktor Zoubkov. La surprise est de taille, en effet, Victor Zoubkov jusqu’alors directeur du service fédéral de surveillance financière étant un parfait inconnu aux yeux du public. Dernièrement, deux favoris étaient dans toutes les bouches: Sergueï Ivanov et Dimitri Medvedev, tous deux vice Premier ministre.
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Victor Zoubkov
Le premier, grand favori, est un ancien membre du KGB, ancien ministre de la défense, à la tête de la puissante commission militaro-industrielle et passe pour le candidat favori des organes de sécurité ; le second, plus libéral, est un juriste puissant puisqu’il dirige Gazprom et est en charge des « chantier nationaux » ; son atout: un meilleur soutien des milieux économiques. La compétition s’annonce donc encore plus tendue puisqu’un invité surprise haut placé s’est peut-être convié dans l’arène des prétendants au trône. Sauf si Vladimir Poutine veut simplement montrer, par cette nomination, qu’il tient à garder les cartes en main jusqu’au bout.
Courrier international publie aujourd'hui un article faisant le point sur la manière dont les médias russes analysent cette nouvelle nomination.
Le choix de Poutine a plus que surpris. Tout le monde pariait sur la nomination d'un favori à la succession au Kremlin, à savoir l'un des vice-Premiers ministres Dmitri Medvedev ou, surtout, Sergueï Ivanov. Pour la Komsomolskaïa Pravda, "jamais dans l'histoire de la Russie contemporaine on n'avait vu un changement de Premier ministre aussi captivant et aussi énigmatique", mais également "impitoyable pour les analystes politiques", obnubilés par la question du dauphin. "On a l'impression que le président se moque des commentateurs qui claironnaient d'une même voix que le successeur [de Fradkov] serait Ivanov", commente le politologue Sergueï Markov dans les Novyé Izvestia."Zoubkov serait-il un troisième dauphin ?" s'interroge la Komsomolskaïa Pravda. Dans les Izvestia, le politologue Evgueni Mintychenko estime que ce qui se joue en ce moment, c'est "la formation d'une nouvelle nomenklatura, chargée de diriger le pays dans une période transitoire", "une équipe de successeurs assurant une direction collective".
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