Les réformes de Bruxelles

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La commission européenne a présentée hier un plan de réforme de l’énergie, visant les entreprises à séparer leurs activités de production et de transport d’énergie, afin de favoriser la concurrence et baisser les prix. De plus, elle a prévu d’introduire une clause de réciprocité pour que les entreprises non européennes soient assujetties aux mêmes conditions. Il s’agit la d’un pas important franchi par l’Union Européenne, sous la férule du commissaire européen à l’énergie Andris Piebalgs et de son homologue à la concurrence Neelie Kroes, dans le contrôle qu’elle se doit d’exercer sur les ressources énergétiques, enjeu éminent à l’heure ou certains pays notamment la Russie profite de leur puissance énergétique pour imposer leur choix politique comme on l’a vu il y a quelques mois vis-à-vis de l’Ukraine. Cette nouvelle attitude courageuse, responsable, qui symbolise parfaitement la nouvelle politique européenne plus protectionniste en matière de concurrence ne doit cependant pas laisser croire que cette affaire est dans le sac. Tout d’abord, d’un point de vue interne à l’Europe, la France et l’Allemagne très touchés par cette mesure quant à leurs champions EDF et EON vont largement tenter de s’opposer à cette future réglementation. D’un point de vue international cette mesure que beaucoup considèrent déjà comme anti Gazprom risque de provoquer les foudres de la première entreprise énergétique de Russie qui détient déjà près de 30% des parts de marché européen en matière de gaz. Son président Dmitri Medvedev a toujours été très hostile à l’égard de Neelie Kroes et de sa politique menée en matière de concurrence. On peut donc s’attendre à une vaste campagne de lobbying de la part de Gazprom. Celle-ci pourrait faire valoir que la société est victime d’une bureaucratie protectionniste envers la Russie alors que leurs services s’avèrent fiables. Reste à savoir si l’attitude adoptée par Barosso, Kroes et Piebalgs portera ses fruits et que la Russie ratifiera la charte européenne de l’énergie.

bruxelles220907.jpg Barosso, Kroes et Piebalgs

Le Courrier international fait paraitre aujourd'hui une analyse de la situation:

"A peine annoncées par Bruxelles, le 19 septembre, les propositions de réforme du secteur énergétique sur le marché européen ont fait réagir la presse russe et internationale. "La Commission européennne s'attaque à Gazprom", titre le quotidien moscovite Nezavissimaïa Gazeta. Bruxelles veut changer les règles du jeu pour les compagnies issues d'un pays tiers. Elles ne pourront pas acquérir de réseaux et infrastructures énergétiques au sein de l'UE si leur pays d'origine n'a pas conclu d'accord avec Bruxelles. Pour Vremia Novostieï, "c'est une référence directe à la Russie, qui refuse depuis longtemps de ratifier la Charte énergétique. Ce document qui, d'après les Européens, donnera accès au système de transport du gaz en Russie mais aussi aux investissements dans l'extraction de pétrole et de gaz, est la pierre d'achoppement à la signature d'un nouvel accord de coopération stratégique entre Moscou et Bruxelles, alors que l'ancien expire à la fin de cette année."

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