September 2007 Archives

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Voici une traduction française des déclarations de Mikhaïl Khodorkovski quelques heures après que le tribunal de Sibérie orientale ait décidé de prolonger jusqu'au 2 janvier sa détention.

« Je vous prie d’informer tous mes avocats que la défense ne participera pas aux audiences relatives à l’extension de ma détention provisoire.
La raison de ce refus est l’intime conviction qu’il est sans intérêt de s’en remettre à une défense judiciaire lorsque le bureau du procureur et la cour ignorent le droit de manière aussi flagrante.
Dans de telles circonstances, je considère que la présence d’avocats de la défense est préjudiciable, dans la mesure où elle rend l’arbitraire légitime.
Chacune de nos objections a déjà été présentées aux audiences précédentes. Rien n’a changé depuis. »

Tous les jours, Robert Amsterdam puise dans l'actualité russe, les dépêches qui lui paraissent les plus importantes afin d'informer l'opinion publique des grandes questions qui boulversent la société russe à quelques mois des echéances éléctorales.


Tentant de promouvoir sa popularité, le premier ministre Zoubkov a visité la ville russe de Penza, offrant cadeaux et chocolat à des enfants et à des pensionnaires. Elvira Nabiullina, la nouvelle ministre du développent économique a dit que l’adhésion de la Russie à l’organisation mondiale du commerce était essentielle pour l’expansion économique du pays : « Notre priorité est de continuer à promouvoir des réglementations favorables à la diversité de l’économie russe afin d’assurer sa stabilité sur le long terme ». Le député et ministre Serguei Naryshkin ne pense pas que les relations familiales entre des membres du gouvernement soient de nature à nuire aux performances de ce gouvernement. L’actuel gouvernement de Poutine n’est d’ailleurs qu’une famille de vieux copains. Est-ce que le départ de German Gref serait il en mesure de mettre en péril la stabilité économique du pays ? Poutine va-t-il même lui trouver un remplaçant ? Le ministère du développement économique n’a fait que des très légers ajustements dans sa façon de mesurer les indices de développement socio économique du pays, mais n’a toujours pas publié de prédiction concernant l’inflation. Le président de la Douma, Boris Gryzlov estime que les partis politiques faisant campagne pour les élections ont tendance à baser leurs discours et leur idéologie en s’opposant à la politique de son parti : Russie Unie.

La Court d’arbitrage de Basmanny a ordonné RusRating, une agence d’évaluation indépendante de payer des dommages et intérêts à la banque Russy Standart pour lui avoir nuit en publiant une analyse qui lui était défavorable. La société pétrolière Zarubezhneft a augmenté son capital d’action en décuplant de 1,5 milliards de dollars l’implantation du gouvernement dans la société Vietsovpetro. Le gouvernement russe dépense déjà plus de 200 millions de dollars en rehaussant ses parts de 1,9% dans la société OAO RusHydro, le plus grand producteur d’hydrocarbure du pays. Severstal, le plus grand aciériste en Russie, a commencé à construire une usine de métal soudé de plus de 100 millions de dollars et envisage de construire une nouvelle usine de 60 millions de dollars afin de produire du métal léger destiné à la construction. Atvodor continuera de construire le réseau autoroutier russe jusqu’en 2012 pour un projet d’une valeur de 160 milliards de dollars. Novatek, le second plus large producteur de gaz en Russie a acheté 50% des actifs dans le gisement gaziez et pétrolier de El Arish. Le producteur de pétrole Surgutneftnaz va construire une raffinerie de près de 6 milliards de dollars dans la région de Leningrad d’ici 2011 afin de combler les nouvelles demandes. Le conglomérat russe Sistema s’est introduit dans la prometteuse industrie de télécommunication indienne en achetant 10% des parts de marché de la société Shyam Telefink pour 11,4 milliards de dollars. Rostekhnadzor, l’organe fédéral qui surveille les questions écologiques, a soumis une proposition d’amendement à la loi sur l’évaluation écologique, qui obligerait les constructeurs à demander une autorisation à l’Etat pour construire sur un territoire protégé.

Alexandre Losyukov, un député russe et membre du ministère des affaires étrangères a démenti toutes implications de la Russie dans la vente de tuyaux aluminiums à la Corée du Nord susceptible de permettre l’enrichissement d’uranium : « Je peux garantir qu’aucun accord n’a été conclu récemment ». Le leader turque Berdymukhammedov a déclaré que les discussions entre la Turquie et la Russie concernant les questions énergétiques étaient plutôt tendues ces derniers temps et a laissé entendre qu’il était prêt à envisager de nouvelles options concernant l’exportation de gaz. La Russie et la Chine ont bloquées les propositions faites par les Nation Unies pour sanctionner le gouvernement de Birmanie pour les réactions sanglantes des autorités contre les manifestants cette semaine. Le président géorgien, Mikhail Saakashvili a déclaré à la communauté internationale que la Russie s’interefere dans la politique locale de son pays et s’engage dans une attitude désespérée et dangereuse. Le directeur régional de l’agence de transparence internationale a indiqué que si la corruption s’aggrave dans les pays de l’Est de l’Europe c’est notamment à cause de l’influence croissante de la Russie sur ces pays. Le premier ministre de l’Inde Manhoman Singh entends visité la Russie en Novembre.
Le bureau du procureur général a refusé de considérer Nicolas II et sa famille comme des victimes de la répression politiques.

Chirac en Russie.

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Jacques Chirac est actuellement en visite à Sotchi en compagnie de M. Schröder suite à l’invitation de Vladimir Poutine. Ils sont censés rencontrés les actionnaires du consortium germano-russe Nord Stream, chargé du projet de gazoduc sous la Baltique.
Gerhard Schröder, à la fin de son mandat de chancelier, a été engagé par Gazprom pour diriger le conseil de surveillance du consortium germano-russe chargé de construire ce gazoduc sous la mer Baltique, dont Gazprom détient 51%. Schröder avait lui-même arrêté la construction de ce pipeline en tant que chancelier ce qui avait suscité de vives critiques.

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Shroder, Poutine, Chirac nouveaux associés?

Quand est il pour Jacques Chirac ? Sa visite n’a probablement rien de touristique. Est-ce que l’ancien président français compte suivre le même parcours que son homologue allemand?
On sait que Chirac entretient depuis longtemps des rapports très privilégiés avec Poutine et à l’heure ou la diplomatie française semble incontestablement changer de cap dans ses relations avec la Russie, Poutine pourrait tenter comme il l’a fait avec Schröder de nouer des liens privilégiés avec la France afin de faire pression sur les pouvoirs publics, particulièrement à l’heure ou l’Union européenne semble de plus en plus hostile à l’expansion des activités de Gazprom en Europe. Si rien ne nous permet encore de conclure que Chirac va faire du lobying pour Gazprom, il n'empêche qu'il faudra suivre de près son attitudes dans les prochaines semaines.

Un article de Robert Amsterdam est paru il y a quelques jours dans la publication juridique américaine JURIST. Voici la traduction française.

Dans le dossier actuel qui oppose le gouvernement russe à mon client Mikhaïl Khodorkovski, deux décisions historiques viennent récemment d’être rendues : une en Suisse, l’autre en Russie. Dans l’affaire Khodorkovski contre le ministère public fédéral suisse, le tribunal fédéral a rendu en Août une décision qui pour la première fois dans l’histoire de ce pays mise à part des demandes d’extraditions, détermine que la Suisse ne peut pas rendre d’aide juridique à un autre Etat si des violations aux droits de l’homme et des discriminations à caractère politique ont été constatées contre un défenseur.
La défense estime que cette décision qui fait date souligne l’illégalité de chacune des incarcérations et persécutions qu’ont subis Khodorkovski, Platon Lebedev et les autres défenseurs associes de Ioukos.

Cette décision suisse rappelle aussi explicitement que l’incarcération de Khodorkovski en lointaine Sibérie est un indice clair des motivations politiques dans la conduite de ce dossier par la fédération russe. Il était parfaitement clair que cette incarcération était illégitime et que rien ne justifiait les autorités russes à placer ces détenus dans un exil virtuel.
La décision indique : « ce choix de détention locale, sans aucune justification objective, ne peut être comprit autrement que le recours à des moyens d’isolation. »
Nous soulignerons que la juridiction suisse était en pleine possession des nouvelles accusations fabriquées, quand elle a rendu sa décision et qu’elle a motivée son refus de coopérer à l enquête pour cause notamment de « réponses évasives et confuses » de la Russie aux questions qu’il lui étaient posées.

En discussion cette nuit avec mon collègue en Russie, Yuri Schmidt, concernant la procédure menée, il m’a demandé d’alerter les lecteurs américains du fait que depuis avril dernier , le gouvernement a été oblige sous le coup de la loi Russe de transférer Khodorkovski à Moscou. Cette responsabilité imposée par la loi n’a pour l’instant toujours pas été respectée par les autorités russes. M Schmidt, l’un des avocats les plus respectés et les plus expérimentes, a déclaré que selon lui cette conduite par les procureurs était sans précédent aussi bien dans l histoire russe que sous la période soviétique.
Il a déclaré sans ménagement que « le procureur se place lui même plus haut que les tribunaux. »
Ces développements respectifs en Suisse et en Russie continue à nous rappeler la nécessité d’une action politique urgente vis à vis des membres de Ioukos.

Le temps des mains tendues et de la franche amitié franco-russe serait elle révolue ?
Depuis l’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy et de Bernard Kouchner, la diplomatie française se démarque de plus en plus de celle de ses prédécesseurs.
Le Monde sous la plume de Nathalie Nougeyrede analyse dans un éditorial les enjeux de la future visite de Nicolas Sarkozy à Moscou.

La France et la Russie

Le Monde- Avant même la visite officielle que Nicolas Sarkozy doit faire à Moscou au mois d'octobre, un constat s'impose : les relations ont changé entre la France et la Russie. L'heure n'est plus à l'amitié, voire à la complicité, qui liait Jacques Chirac et Vladimir Poutine.

Ce changement tient à deux facteurs. D'abord, la relève politique à Paris. Le nouveau président de la République n'a pas pour la Russie la fascination, mélange d'admiration et de crainte, de son prédécesseur. Avant son élection, il avait annoncé vouloir mettre la défense des droits de l'homme au coeur de sa politique étrangère. Il avait semblé tempérer son ardeur après sa première rencontre avec M. Poutine, au sommet du G8, mais, devant les ambassadeurs français réunis à Paris, il n'a pas hésité à parler de la " brutalité " de l'attitude russe, en particulier dans le domaine énergétique.

Avant d'arriver au Quai d'Orsay, Bernard Kouchner était connu pour ses positions critiques à l'égard du pouvoir poutinien. Il n'a pas changé depuis qu'il est ministre. Lors de son récent passage à Moscou, il a rendu visite au journal Novaïa Gazeta, où travaillait Anna Politkovskaïa, assassinée l'année dernière, et il a reçu publiquement les ONG qui sont dans le collimateur du Kremlin. M. Kouchner a beau donner du " mon ami Sergueï " à M. Lavrov, son collègue russe, ces gestes tranchent avec la volonté affichée jusqu'alors par la diplomatie française de ne pas peiner - on disait " humilier " - les autorités russes.

Le second facteur est dû à la multiplication des divergences de fond. Sur le Kosovo, dont les Russes rejettent l'indépendance, sur l'Iran, contre lequel Moscou refuse d'imposer de nouvelles sanctions, et sur beaucoup d'autres sujets, les positions se sont éloignées. Les petites ouvertures tentées par Paris n'ont pas été payées de retour. Un général russe vient même de ressortir une vieille revendication du temps de la guerre froide : l'inclusion de la force de dissuasion française dans l'arsenal occidental, en cas de nouvelles négociations sur la limitation des armements.

Il est cependant un domaine où les positions françaises pourraient trouver quelque écho favorable à Moscou. Il s'agit de l'élargissement de l'OTAN. Les Américains font pression pour que, après les Baltes, d'autres Etats de l'ex-URSS soient acceptés dans l'organisation militaire atlantique, et en premier lieu la Géorgie. La Russie juge cette perspective inacceptable et elle peut compter sur les réticences de la France - entre autres - pour freiner le processus d'adhésion.

C'est un des rares points où les intérêts de Paris et de Moscou paraissent aujourd'hui converger. M. Sarkozy devra donc montrer une grande habileté pour mener avec M. Poutine un dialogue sans concession. L'exemple d'Angela Merkel devrait l'encourager.

Les réformes de Bruxelles

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La commission européenne a présentée hier un plan de réforme de l’énergie, visant les entreprises à séparer leurs activités de production et de transport d’énergie, afin de favoriser la concurrence et baisser les prix. De plus, elle a prévu d’introduire une clause de réciprocité pour que les entreprises non européennes soient assujetties aux mêmes conditions. Il s’agit la d’un pas important franchi par l’Union Européenne, sous la férule du commissaire européen à l’énergie Andris Piebalgs et de son homologue à la concurrence Neelie Kroes, dans le contrôle qu’elle se doit d’exercer sur les ressources énergétiques, enjeu éminent à l’heure ou certains pays notamment la Russie profite de leur puissance énergétique pour imposer leur choix politique comme on l’a vu il y a quelques mois vis-à-vis de l’Ukraine. Cette nouvelle attitude courageuse, responsable, qui symbolise parfaitement la nouvelle politique européenne plus protectionniste en matière de concurrence ne doit cependant pas laisser croire que cette affaire est dans le sac. Tout d’abord, d’un point de vue interne à l’Europe, la France et l’Allemagne très touchés par cette mesure quant à leurs champions EDF et EON vont largement tenter de s’opposer à cette future réglementation. D’un point de vue international cette mesure que beaucoup considèrent déjà comme anti Gazprom risque de provoquer les foudres de la première entreprise énergétique de Russie qui détient déjà près de 30% des parts de marché européen en matière de gaz. Son président Dmitri Medvedev a toujours été très hostile à l’égard de Neelie Kroes et de sa politique menée en matière de concurrence. On peut donc s’attendre à une vaste campagne de lobbying de la part de Gazprom. Celle-ci pourrait faire valoir que la société est victime d’une bureaucratie protectionniste envers la Russie alors que leurs services s’avèrent fiables. Reste à savoir si l’attitude adoptée par Barosso, Kroes et Piebalgs portera ses fruits et que la Russie ratifiera la charte européenne de l’énergie.

bruxelles220907.jpg Barosso, Kroes et Piebalgs

Le Courrier international fait paraitre aujourd'hui une analyse de la situation:

"A peine annoncées par Bruxelles, le 19 septembre, les propositions de réforme du secteur énergétique sur le marché européen ont fait réagir la presse russe et internationale. "La Commission européennne s'attaque à Gazprom", titre le quotidien moscovite Nezavissimaïa Gazeta. Bruxelles veut changer les règles du jeu pour les compagnies issues d'un pays tiers. Elles ne pourront pas acquérir de réseaux et infrastructures énergétiques au sein de l'UE si leur pays d'origine n'a pas conclu d'accord avec Bruxelles. Pour Vremia Novostieï, "c'est une référence directe à la Russie, qui refuse depuis longtemps de ratifier la Charte énergétique. Ce document qui, d'après les Européens, donnera accès au système de transport du gaz en Russie mais aussi aux investissements dans l'extraction de pétrole et de gaz, est la pierre d'achoppement à la signature d'un nouvel accord de coopération stratégique entre Moscou et Bruxelles, alors que l'ancien expire à la fin de cette année."

Lire l'article intégral.

Général Zoubkov

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Selon l’ Agence France Presse, le chef du gouvernement Victor Zoubkov, investi au pouvoir depuis quelques jours à peine, a sermonné fortement l’ ensemble de ses ministres et promet un remaniement ministériel. De plus, monsieur Zoubkov a affirmé qu’il ne tolérerait aucune entorse à la ligne fixée par le Kremlin.

(Reuters) MOSCOU (Reuters) - Le nouveau Premier ministre russe Victor Zoubkov, chargé par Vladimir Poutine de faire fonctionner son gouvernement comme une "horloge suisse", a vigoureusement rappelé à l'ordre ses subordonnés lors de son premier conseil des ministres.

Dans un style rappelant le management à la soviétique, l'ancien directeur de sovkhoze nommé le 12 septembre par le chef du Kremlin a tancé un à un ses ministres "sous-performants", donnant du "camarade" à l'un d'entre eux.

"Dans certains domaines, nous avons réussi à avancer, mais dans d'autres, le travail a été ralenti ou totalement arrêté", a déclaré le chef du gouvernement dans un silence de cathédrale.

"Je veux vous rappeler votre responsabilité personnelle."

Zoubkov a promis des remaniements et il a rencontré Poutine mardi pour en discuter. Les journaux russes croient savoir que le ministre de l'Economie German Gref pourrait faire les frais de ces changements mais Zoubkov n'a rien dévoilé de ses projets.

Fidèle à sa réputation de loyauté envers Vladimir Poutine, le Premier ministre a prévenu qu'il ne tolérerait aucune entorse à la ligne fixée par le Kremlin.

"Qui a osé modifier les ordres présidentiels?", a-t-il demandé à Iouri Levitine, l'influent ministre des Transports à propos d'amendements à un projet de loi sur les ports maritimes.

"Qui représente le département financier?", a-t-il crié après avoir évoqué les retards dans la fourniture d'aide aux victimes d'un récent séisme sur l'île de Sakhaline, dans l'Extrême-Orient russe.

Le responsable du département, Anton Drozdov, a tenté de s'expliquer avant d'être brutalement remis en place.

"Je vous demande d'organiser une mission de travail à Sakhaline pour le camarade Drozdov et de le laisser là-bas jusqu'à ce que les habitants reçoivent leur argent", a-t-il dit au vice-Premier ministre Sergueï Narichkine.

Inconnu du grand public, Zoubkov, qui a dirigé un organisme de lutte contre le blanchiment d'argent, entretient des liens étroits avec Poutine depuis qu'ils ont travaillé ensemble à la mairie de Saint-Pétersbourg dans les années 1990.

Aux yeux des analystes, sa nomination permettrait à Poutine de conserver une solide mainmise sur le pouvoir tout en laissant ouverts les paris sur sa succession en mars 2008.

Une autre hypothèse serait que Zoubkov reste à la tête du gouvernement même après l'élection présidentielle pour garantir que le prochain président de la Fédération de Russie ne dévie pas de la ligne imposée par Poutine.

Depuis que Vladimir Poutine s’est engagé à ne pas réformer la Constitution pour pouvoir se succéder à lui-même, tout est prétexte aux suspicions. Hier Premier ministre russe, Mikhaïl Fradkov a démissionné expliquant aux médias qu’il voulait laisser au président « une entière liberté pour prendre des décisions, y compris personnelles ». L’administrateur discret du Kremlin a quitté le navire concédant sa place (usuellement très enviable à quelques mois des élections présidentielles) à son successeur Viktor Zoubkov. La surprise est de taille, en effet, Victor Zoubkov jusqu’alors directeur du service fédéral de surveillance financière étant un parfait inconnu aux yeux du public. Dernièrement, deux favoris étaient dans toutes les bouches: Sergueï Ivanov et Dimitri Medvedev, tous deux vice Premier ministre.

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Victor Zoubkov

Le premier, grand favori, est un ancien membre du KGB, ancien ministre de la défense, à la tête de la puissante commission militaro-industrielle et passe pour le candidat favori des organes de sécurité ; le second, plus libéral, est un juriste puissant puisqu’il dirige Gazprom et est en charge des « chantier nationaux » ; son atout: un meilleur soutien des milieux économiques. La compétition s’annonce donc encore plus tendue puisqu’un invité surprise haut placé s’est peut-être convié dans l’arène des prétendants au trône. Sauf si Vladimir Poutine veut simplement montrer, par cette nomination, qu’il tient à garder les cartes en main jusqu’au bout.
Courrier international publie aujourd'hui un article faisant le point sur la manière dont les médias russes analysent cette nouvelle nomination.

Le choix de Poutine a plus que surpris. Tout le monde pariait sur la nomination d'un favori à la succession au Kremlin, à savoir l'un des vice-Premiers ministres Dmitri Medvedev ou, surtout, Sergueï Ivanov. Pour la Komsomolskaïa Pravda, "jamais dans l'histoire de la Russie contemporaine on n'avait vu un changement de Premier ministre aussi captivant et aussi énigmatique", mais également "impitoyable pour les analystes politiques", obnubilés par la question du dauphin. "On a l'impression que le président se moque des commentateurs qui claironnaient d'une même voix que le successeur [de Fradkov] serait Ivanov", commente le politologue Sergueï Markov dans les Novyé Izvestia.

"Zoubkov serait-il un troisième dauphin ?" s'interroge la Komsomolskaïa Pravda. Dans les Izvestia, le politologue Evgueni Mintychenko estime que ce qui se joue en ce moment, c'est "la formation d'une nouvelle nomenklatura, chargée de diriger le pays dans une période transitoire", "une équipe de successeurs assurant une direction collective".


Pour lire l'article intégral.

Quoi de plus affriolant, de plus excitant, pour la première entreprise russe, au service du Kremlin, que de posséder une publication telle que le « Wall Street Journal » ? Le « Times » dévoile que Gazprom aurait lancé une offre alléchante sur le célèbre quotidien new-yorkais le 10 juillet, concurrençant ainsi l'intéressé groupe de médias News-Corporation présidé par Rupert Murdoch. Cette tentation de diriger un groupe médiatique de grande ampleur n'est pas neuve: en 2001 déjà, Gazprom achetait NTV, une station de télévision russe, puis en 2005 faisait l’acquisition des Izvestia, célèbre quotidien local. Des médias qui aujourd'hui ne font même plus semblant de faire preuve d'indépendance vis-à-vis du Kremlin...
Selon le Times, ce récent enthousiasme pour Dow Jones and company(contrôleur du Wall Street Journal) permet de prendre conscience des « ambitions mondiales de Gazprom et de la Russie ». Nonobstant, le journal estime que la proposition a très peu de chance d’aboutir car les Etats-Unis bloquent régulièrement les offres publiques d’achat de ce type déclenchées par des entreprises
étrangères.

Yulia Latynina: La vraie campagne

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La vraie campagne (électorale)

Yulia Latynina - The Moscow Times

Mercredi 12 septembre 2007 page 8

Les partis sont tous prêts pour la prochaine saison de campagnes (électorales). Je ne parle pas de ceux qui sont déjà en lice pour les élections rendues officielles par le décret du Président Vladimir Poutine paru dans “ Rossijskaya Gazeta ”, mais de partis plus importants: ceux qui font des campagnes permanentes pour gagner de l’argent et du pouvoir.

La court fédérale Tverskoi de Moscou, a, par exemple, gelé les actifs de la compagnie pétrolière Russneft le 9 août. Pourquoi ? Deux personnes tentent de mettre la main sur Russneft : Igor Sechin, chef adjoint de l’administration présidentielle et président de la compagnie pétrolière publique Rosneft, et Oleg Deripaska, le magnat proche du Kremlin, à la tête de la holding Basic Element. Avec la bénédiction de Poutine, Derispaska veut racheter Russneft.

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Ensuite, Derispaska revendrait vraisemblablement Russneft à l’Etat. Alors pourquoi geler les actifs ?

Une des raisons invoquées serait si l’un des adjoints du premier ministre, Dimitry Medvedev ou Sergei Ivanov, devenait Président: Derispaska pourrait faire machine arrière et revendre Russneft à une entreprise contrôlée par Sechin. Empêcher Deripaska de vendre après les élections pourrait diminuer l’influence politique de Sechin.

Cette analyse suggère que la bataille autour de Russneft n’est pas seulement de nature commerciale. C’est l’influence politique de personnes au sein du cercle de Poutine qui est en jeu; une influence qui se mesure en milliards de dollars.

Il y a eu également l’arrestation de Vladimir Barsukov, un riche homme d’affaires et peut-être ancien patron de la pègre, en août dernier à St Petersbourg. La ville mérite son surnom de “ capitale du crime ”, non seulement parce qu’elle est pleine de bandits, mais car ces bandits comptent parmi eux l’élite politique et du milieu des affaires. A en juger par la composition du groupe qui a orchestré l’arrestation de Barsukov, cela ressemble à une victoire majeure pour Sechin et ses alliés contre le clan de ses ennemis.

Non seulement des entreprises mais aussi des régions entières sont ainsi : Poutine a installé un gouverneur qui a des relations avec Gazprom dans la région de Sakhaline et un autre qui a des liens avec Rosoboronexport, l’exportateur d’armes, monopole d’état, dans la région de Samara.

De nouvelles entreprises d’Etat sont créées en hâte, avec de confortables avantages et privilèges pour leurs dirigeants. Poutine confie ces entreprises d’Etat à ses amis au même rythme que la Grande Catherine distribuait ses biens.

Personne ne sait qui sera le successeur de Poutine mais tout le monde comprend que sous n’importe quel successeur, il y aura un changement fondamental dans la répartition des biens et du pouvoir. Avant cela, chaque clan du Kremlin essaie d’empocher autant d’actifs de source privée ou publique que possible, acquérant ceux saisis par le gouvernement dans l’espoir que cela s’ajoutera à leur poids politique – mesuré en milliards de dollars. Ainsi, quel que soit le nouveau président, il devra composer avec cette force imposante capable d’écraser, d’acheter et même de détruire.

Les dirigeants des partis officiels, comme “ A Just Russia ”, Sergei Mironov et “ United Russia ” Boris Gryzlov, n’ont plus leur place dans les campagnes aux enjeux importants, tout comme ces femmes du XIXème siècles vêtues de façon voyante dans les bals des palais pendant la bataille d’Austerlitz.

Il faut comprendre que la Douma est devenue inutile : non seulement parce qu'elle n’inclut pas de partis d’opposition mais aussi parce que les clans puissants n’y font pas leurs affaires. S’étant enrichis et ayant acquis leur statut clandestinement, ils détestent la publicité – même s'ils sont aussi présents à travers les partis qu’ils ont mis dans leur poche. United Russia ne décidera pas si Rosneft aura le contrôle de Russneft. De même, Mironov ne déterminera pas si Rosoboronexport se portera acquéreur de Magnitogorsk Iron et de Steel Works.

Si vous voulez connaître le véritable paysage politique du pays, ne regardez pas vers la Douma. Il vaut mieux se tourner vers ceux qui ont été récemment emprisonnés à Lefortovo ou dont les condamnations sont passées par la cour fédérale Basmanny de Moscou.

Yulia Latynina anime une émission politique sur la radio Ekho Moskvy.

Brutal Kremlin

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Aujourd'hui dans son éditorial le journal Le Monde dresse un portrait sévère de l'attitude adoptée par le Kremlin ces derniers mois. Constatant les manoeuvres d'intimidation employées par Poutine afin de scléroser toute organisation civile qui n'est pas directement controlée, l'éditorialiste estime que la pression internationale se doit de réagir et encourage les efforts entretenus par Nicolas Sarkozy, notamment lors du discours tenu devant la diplomatie française consacré à sa politique internationale.

"En Russie, la mise en oeuvre d'une loi sur les ONG, entrée en vigueur en 2006, menace désormais les libertés, contraignant à la fermeture ou favorisant la reprise en main de nombreuses organisations liées à la société civile. Vladimir Poutine est méthodique. Le régime qu'il a mis en place, appelé tour à tour " verticale du pouvoir ", " démocratie contrôlée " ou " dictature de la loi ", poursuit brutalement sa stratégie de corsetage du pays. Afin que ne subsistent que des ONG contrôlées ou dépendantes du pouvoir, le président russe utilise une vieille recette : présenter la Russie comme une forteresse assaillie d'ennemis.

M. Poutine est convaincu que, si elles n'étaient pas surveillées, les ONG bénéficieraient de fonds versés par les services secrets étrangers, dont l'unique objectif est d'affaiblir la Russie et de se mêler de ses affaires intérieures. Il faut donc les soumettre. Ce verrouillage se produit alors qu'approche la fin du mandat de M. Poutine, prévu en mars 2008.

Cette reprise en main intervient au moment où l'enquête officielle sur l'assassinat de la journaliste d'opposition Anna Politkovskaïa, tuée dans l'escalier de son immeuble, à Moscou, voici bientôt un an, a abouti à un résultat visiblement destiné à blanchir les réseaux du pouvoir russe.

Nicolas Sarkozy a critiqué, lors d'un discours de politique étrangère prononcé le 27 août, la Russie qui " impose son retour sur la scène mondiale en jouant avec une certaine brutalité de ses atouts, notamment pétroliers et gaziers ". Après les complaisances des années Chirac, c'est indéniablement un raidissement français à l'égard de M. Poutine. Hasard ou non, il survient au moment où Moscou présente son propre candidat à la direction du FMI, contre celui de la France, Dominique Strauss-Kahn. La déclaration du président français était en tout cas la bienvenue. Elle exprimait un soutien clair aux pays voisins de la Russie - et de l'Union européenne - exposés depuis plusieurs années aux pressions et intimidations de Moscou.

Pour autant, M. Sarkozy s'est gardé d'évoquer l'évolution interne de la Russie. Le président français a fait la connaissance de Vladimir Poutine en juin, à l'occasion du sommet du G8 en Allemagne. Le rôle de Moscou va être crucial dans les mois qui viennent, à propos notamment du Kosovo et de l'Iran.

Peut-être est-ce la raison pour laquelle, en public, depuis son élection, M. Sarkozy évite d'évoquer d'une façon ou d'une autre ce qui se passe en Russie : l'autoritarisme qui gagne, les pressions contre les ONG, les assassinats de journalistes, les emprisonnements à caractère politique, les crimes perpétrés dans le Caucase du Nord, les disparitions, la torture. Il n'a fait que la moitié du chemin."