August 2007 Archives

L’allocution de Monsieur Nicolas Sarkozy à l’occasion de la XV conférence des
ambassadeurs, tenue à paris le 27 août 2007, a suscité tracas et défiance
vis-à-vis de son confrère Poutine et des médias locaux. En effet, le passage
concernant la Russie pourtant loin d’être la clef de voûte du discours met en
garde le président russe sur sa conduite farouche en matière d’énergie :

« La Russie impose son retour sur la scène mondiale en jouant avec une certaine
brutalité de ses atouts, notamment pétroliers et gaziers, alors que le monde,
l'Europe en particulier, espèrent d'elle, une contribution importante et
positive au règlement des problèmes de notre temps que son statut retrouvé
justifie. Quand on est une grande puissance, on doit ignorer la brutalité. »

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Photo Reuters

Sarkozy s’oppose à son prédécesseur Jacques Chirac connu à la fois pour son
attachement à la culture Pouchkine et à son détachement outre-atlantique. Le
contre-pied est maintenant consommé. Mais qu’en sera-t’il en septembre prochain
quand le président de la république française atterrira au kremlin ? beaucoup
pense que le ton va changer puisque les usages et les intérêts économique
l’exigent ! Quoi qu’il en soit Gazprom et Total ont signé un contrat octroyant
à la France 25% des actions de l'opérateur de la première phase de la mise en
valeur du gisement géant de gaz de Chtokman, situé en mer de Barents et
l’entreprise française projette d’y injecter près de cinq milliards de dollars
dans les années à venir. Autant dire que Sarkozy pourrait vite oublier cette brutalité
féroce et mettra de l’énergie à parfaire son image d’invité de marque.

Pour la première fois dans l'histoire judiciaire suisse, le jugement rendu hier explique, en substance, que l'absence d'Etat de droit en Russie ne permet pas aux autorités helvétiques de donner suite à la demande de Moscou. La Cour reonnaît également que le procès fait à Mikhaïl Khodorkovski et Lebedev était un "show" politiquement motivé, où les droits des accusés n'ont pas été respectés. Il s'agit d'une grande victoire juridique, dont l'AFP retrace ci-desous l'historique.

AFP:

Ioukos: la Suisse refuse définitivement une entraide judiciaire à Moscou

GENEVE, 23 août 2007 (AFP)

Le Tribunal fédéral, plus haute instance judiciaire suisse, a refusé une demande d'entraide judiciaire de Moscou concernant l'affaire du pétrolier Ioukos, estimant que la procédure pénale est "instrumentalisée par le pouvoir en place", a indiqué jeudi l'agence de presse suisse ATS.

Pour les juges du Tribunal fédéral, "tous les éléments du dossier corroborent clairement le soupçon selon lequel la procédure pénale ouverte à Moscou serait instrumentalisée par le pouvoir en place", selon des extraits de l'arrêt cité par ATS.

Le Kremlin a pour but "de mettre au pas la classe des riches oligarques et d'écarter des adversaires politiques potentiels ou déclarés", ont encore commenté les juges suisses.

Le Tribunal a ainsi donné satisfaction à l'ancien patron de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski, et son bras droit Platon Lebedev, qui avaient présenté un recours contre la demande d'entraide judiciaire de Moscou.

Cette décision est une première en Suisse, a commenté Me Philippe Neyroud, l'avocat de MM. Khodorkovski et Lebedev. "C'est la première fois que la Suisse refuse à un pays une demande d'entraide judiciaire pour des motifs de violation des droits de l'homme, hormis dans des cas de demandes d'extradition", a-t-il déclaré à l'AFP.

En 2003, la Russie avait sollicité la coopération de la Suisse pour obtenir à la fois des documents de la holding financière Menatep, principal bailleur de fonds du groupe Ioukos, des deux groupes de sociétés opérationnelles Ioukos et Apatit (gisements minéraux), et la saisie des fonds des dirigeants de ces sociétés.

Deux cent millions de francs suisses (122 millions d'euros) sont toujours bloqués sur des comptes bancaires suisses.

Le Ministère public de la Confédération suisse avait rendu une première décision favorable à l'entraide judiciaire en 2004, qui avait aussitôt été attaquée devant le Tribunal fédéral par les dirigeants déchus des sociétés.

Le Tribunal fédéral s'était alors prononcé pour un réexamen des cas par le Ministère public, qui avait rendu un deuxième avis favorable à la Russie en décembre 2006.

Le nouveau recours des avocats de MM. Khodorkovski et Lebedev contre la décision du Ministère public a été accepté par le Tribunal fédéral le 13 août, mettant ainsi un terme à toute entraide entre Berne et Moscou sur l'affaire Ioukos. La décision n'a été rendue publique que jeudi.

Pour Me Neyroud, il s'agit là de l'ultime décision suisse, aucun recours n'étant en effet possible contre cette décision du Tribunal fédéral.

La porte-parole du Ministère public de la Confédération suisse, Jeannette Balmer, a confirmé à l'ATS que l'entraide judiciaire n'était plus possible dans ce dossier.

Ioukos avait été placée en liquidation judiciaire en août 2006, à la suite d'un procès retentissant pour fraude fiscale et escroquerie à grande échelle, largement considéré comme lancé par le Kremlin pour contrecarrer les ambitions politiques affichées par son patron, Mikhaïl Khodorkovski.

L'ancien patron du groupe pétrolier et son homme de confiance sont depuis internés en prison en Sibérie.

© 2007 AFP

Le Figaro dans un article de LAURE MANDEVILLE s'inquiete des méthodes révisionistes utilisées par Poutine, instrument d'une propagande cherchant a réinstauré l' instinct patriotique du peuple russe.


Autre exemple : l'ancien directeur de l'Institut des archives, Iouri Afanassiev, qui avait créé l'Université humanitaire de Moscou, a dû quitter son poste en 2006, pour avoir accepté d'être financé par l'ex-pétrolier Mikhaïl Khodorkovski, aujourd'hui incarcéré en Sibérie. « Les pressions ne sont pas directes, on fait comprendre qu'il vaut mieux s'en aller... », affirme l'historien Nikita Petrov, qui note « un accès de plus en plus restreint aux archives » et le retour d'« une histoire mythologique ».

Le même pessimisme gagne le cinéaste Nikolaï Dostal, qui constate que « de nombreux films restent en souffrance s'ils ne collent pas avec l'idéologie patriotique ». Son dernier film sur la vie du grand écrivain des camps Varlam Chalamov, reflet terrifiant du siècle de Lénine, a toutefois été diffusé en prime time en juin à la télévision.

Larissa Arap, journaliste russe, défendant l'opposition et proche de Gary Kasparov a été internée dans un hôpital psychiatrique, rappellant avec tristesse les pires méthodes d'intimidation du régime soviétique.


Depuis le 6 juillet, Larissa Arap, une journaliste de Mourmansk, port de la mer de Barents dans le nord-ouest de la Russie, est enfermée dans un hôpital psychiatrique. De force, et en raison de ses activités politiques, accuse Elena Vassilieva, la présidente locale du Front civil uni, qui a révélé l'information samedi à l'AFP. Le Front civil uni est le mouvement dirigé par le champion d'échecs Garry Kasparov, membre de la coalition d'opposants à Vladimir Poutine, l'Autre Russie.

Larissa Arap a été arrêtée le 6 juillet alors qu'elle attendait dans une clinique les résultats d'un examen médical obligatoire pour obtenir le permis de conduire. « Le docteur lui a dit d'attendre dans le couloir, et tout à coup la police est arrivée avec une ambulance et ils l'ont emmenée de force », raconte Elena Vassilieva. Après avoir été détenue dans une clinique, Larissa Arap a été transférée jeudi dernier dans un hôpital psychiatrique fermé, à 150 km de Mourmansk.

Voir l'article intégrale du Figaro.