Alors que Total a signé hier un accord important avec Gazprom certaines questions restent en suspend…
Comment Total, sans véritables expériences dans le forage en Arctique a pu être sélectionné par Gazprom pour devenir son premier associé sur le gisement de Chtokman. Certains observateurs estiment que le nouveau président de la République Nicolas Sarkozy a conclu un accord secret avec Vladimir Poutine pour permettre à Gazprom d’acquérir des parts dans GDF et Suez en échange d’avoir engagé Total à Chtokman.
Poutine et Sarkozy, lors de la réunion du G8. AP
D’autres bruits courent laissant entendre que Total aurait relâché ses positions sur l’accord de partage des productions à Kharyaga (l’exploitation d’un gisement pétrolier pour lequel Total avait conclu un contrat d’exploitation en collaboration avec Gazprom et qui fut, un moment, menacé sous la pression du législateur russe avant que ce dernier se rétracte. Il est donc très probable que la présidence est influencée cette décision.
Bien que Gazprom nie tout intérêt à une participation dans les actifs de Gaz de France ou Suez et que les sociétés françaises se refusent à faire le moindre commentaire, nombreux commentateurs sont convaincus du rôle important qu’a joué Sarkozy. Tout cela a démarré par un rapport dans Prime Tass qui pourrait n’être rien de plus que la tactique habituelle de Gazprom d’annoncer des accords avant qu’il ne soit conclus (comme ce fut le cas quand ils annoncèrent que Chevron cherchait à racheter les actifs de Iukos aux enchères, ce qui s’avéra faux quelques temps plus tard.
Malgré cela, trois choses paraissent assez claires pour l’instant :
1) Total a remporté l’appel d’offre de Chtokman avec l’aide de Sarkozy.
2) Gazprom recevra quelque chose d’important en retour.
3) La Russie cherche à se rapprocher directement des consommateurs d’énergie européens pour renforcer son influence politique.
