mai 9, 2008

The Economist appelle Medvedev à libérer Khodorkovski

Russian%2520Bear%252001_2.gif

Selon The Economist, pour mieux comprendre le nouveau président russe, il faut surveiller ses actions, pas ses mots. Dans son éditorial du 8 mai, l'hebdomadaire fixe plusieurs critères pour juger d'un rapprochement possible entre la Russie et l'Ouest. La première condition serait que Medvedev libère Mikhail Khodorkovsky. The Economist rappelle aussi que "Medved" signifie "ours" en langue russe et que la pire façon de réagir aux ours est de montrer sa faiblesse et de courir dans tous les sens...

mai 8, 2008

La nomination de Poutine vue par Robert Amsterdam

De quels pouvoir Vladimir Poutine va-t-il disposer dans sa nouvelle fonction de Premier Ministre? Comment Dmitri Medvedev peut-il acquérir une autonomie face à Poutine?
L'analyse de Robert Amsterdam en vidéo:

L'OSCE appelle Medvedev à améliorer la liberté de la presse en Russie

1155819_4397_press_4_freedom_555.jpg

Le site Internet du journal le Monde a repris hier 7 mai une dépêche de l'AFP concernant la liberté des media en Russie. Le parlement russe a adopté ele mois dernier en première lecture un amendement justifiant la fermeture des journaux « coupables de diffamation de manière répétée ».
L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a appelé hier le nouveau président russe Dmitri Medvdedv à améliorer la liberté de la presse dans son pays.

"Avec votre engagement personnel, les autorités russes pourraient contribuer grandement à l'amélioration nécessaire du respect de leurs engagements sur la liberté de la presse pris dans le cadre de l'OSCE", a écrit Miklos Haraszti dans une lettre envoyée au président Medvedev entré en fonction mercredi.
Dans son courrier, également adressé au chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, M. Haraszti a dressé une liste de recommandations comprenant notamment la poursuite d'enquêtes "complètes et indépendantes" sur les meurtres de journalistes, l'amélioration du pluralisme, l'arrêt des tracasseries administratives contre les journalistes et la révision d'un amendement sur l'extrémisme qui empêche les journalistes d'enquêter sur des sujets sensibles.M. Haraszti a également plaidé en faveur de la dépénalisation de la diffamation pour respecter la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme.

mai 7, 2008

Russie : Kasparov a tenté en vain de mobiliser

15russia_xlarge2.jpg


Le site Internet du journal le Monde a repris le lundi 6 mai une dépêche de l'AFP qui décrivait pourquoi et comment le mouvement d'opposition L'Autre Russie de l'ex-champion d'échecs Garry Kasparov a dû annuler mardi une manifestation à la veille de l'investiture du président
Dmitri Medvedev, faute d'autorisation et après des menaces de la police et des interpellations.

"Jusqu'au dernier moment, nous avons essayé de trouver un compromis avec la mairie de Moscou. Nous ne voulons pas risquer des interpellations", a déclaré depuis le haut-parleur d'un véhicule de police le porte-parole de Garry Kasparov, Denis Bilounov, sur le lieu du rassemblement, au centre de Moscou. Une centaine de personnes, dont une majorité de journalistes, étaient présents, encadrés par un énorme dispositif policier, avec la présence
dans les rues avoisinantes de dizaines de camions des forces anti-émeutes. Deux manifestants, dont un avait déployé une banderole, ont été interpellés, a constaté une journaliste de l'AFP. "Ce n'était pas des élections, c'était une tragédie", a expliqué à l'AFP juste avant d'être interpellé Karen Makhmourien, 30 ans, évoquant le fait qu'aucune figure de l'opposition libérale, notamment M. Kasparov, n'a pu s'enregistrer comme candidat pour la présidentielle du 2 mars. Garry Kasparov, interrogé au téléphone par l'AFP, dénoncé "l'hystérie" policière des autorités à la veille de l'investiture de M. Medvedev et annoncé son intention de porter plainte contre le refus des autorités d'autoriser la manifestation en dépit du respect des procédures par son mouvement. L'Autre Russie, très marginalisée comme l'ensemble de l'opposition dite "démocratique", a expliqué entre autres la faible présence de ses militants mardi par l'interpellation préventive de plusieurs d'entre eux, notamment dans un appartement du sud de la ville, assiégé depuis le matin par la police. Selon un responsable policier cité par l'agence Interfax, il y a eu plusieurs dizaines d'interpellations à différents endroits de la ville. L'Autre Russie évoque 38 interpellations au total à proximité du lieu de la manifestation. La police de Moscou avait "recommandé" aux Russes de ne pas se rendre à la Marche du désaccord, organisée par des "provocateurs". "La majorité des Moscovites ne souhaite pas que l'ordre et la sécurité soient menacés. Les Moscovites se préparent aujourd'hui à une fête sainte : la fête de la Victoire (de la Seconde guerre mondiale, le 9 mai) et la grande fête politique qu'est l'investiture du président", avait ainsi estimé son chef, Vladimir Pronine. Les ONG russes Pour les droits de l'Hommme et le Groupe Helsinki de Moscou ont écrit mardi une lettre au maire de Moscou, Iouri Loujkov, en lui demandant d'autoriser la manifestation, en vain. Mais les actions de l'opposition, qui ont réuni jusqu'à plusieurs milliers de personnes en 2007, se déroulent dans un climat d'indifférence croissante.

mai 6, 2008

La fausse sortie de Vladimir Poutine

20070718111717.jpg


Fabrice Nodé-Langlois, le correspondant du Figaro à Moscou, est sceptique quant à la réalité du départ de Vladimir Poutine du Kremlin. Selon lui, dans un article publié dans l'édition du 5 mais, "jamais la Russie n'aura autant mérité son aigle à
deux têtes". Poutine quitte certes le Kremlin pour s’installer deux
kilomètres plus loin au siège du gouvernement fédéral. Et il a assuré que le seul
objet qu'il emportera du Kremlin sera un stylo-plume. Mais comme le remarque
Fabrice Nodé-Langlois, “il faudrait ajouter quelques centaines de fonctionnaires
qui le suivent“.

Le tandem surprenant formé d'un premier ministre ex-président et d'un président
ex-vice-premier ministre donne lieu à toutes les spéculations. La formule permet à Vladimir Poutine de rester au pouvoir sans violer la Constitution qui lui interdit un troisième mandat… consécutif. Depuis l'élection présidentielle remportée avec 70 % par le dauphin (à l'issue d'une campagne jugée «inéquitable» par les observateurs du Conseil de l'Europe), «Medvetine et Poudev», comme les surnomment des humoristes, mettent en scène un couple harmonieux. Il s'agit de détromper ceux qui ne voient dans le jeune Dmitri Medvedev, 42 ans, qu'une marionnette, comme ceux qui annoncent une cohabitation sanglante. Derrière l'apparence de cette transition maîtrisée, la lutte des clans fait rage en coulisses depuis des mois. Elle ne se réduit pas à l'affrontement des «libéraux» contre les «silovikis» (les hommes des forces de sécurité et du renseignement). Elle ne recouvre pas non plus une hypothétique bataille entre «poutiniens» et «medvedevistes». Rivalités d'ambition, défense de prébendes et enjeux financiers colossaux sont à l'origine de multiples manœuvres compromissions, arrestations, destitutions dans les cercles du pouvoir depuis l'automne.Medvedev le juriste, sans appuis solides connus dans les «services», y résistera-t-il ? «En Russie, on associe la politesse à la faiblesse, remarque un homme d'affaires européen qui l'a côtoyé. Medvedev est bien élevé, très poli. Mais il a une volonté qu'on sous-estime. Il connaît très bien les rouages du pouvoir. Au Kremlin, comme chef de l'administration présidentielle, il a appris à gérer les oppositions.»
Jamais la Russie n'aura autant mérité son aigle à deux têtes, symbole des tsars hérité de l'Empire byzantin, restauré dans les armoiries de la nouvelle Russie. Combien de temps les deux têtes s'entendront-elles pour faire voler l'aigle ? Un étranger bien introduit dans les cercles du pouvoir russe avertit : «Si l'Occident s'amuse à jouer Medvedev contre Poutine, ce sera dangereux et contre-productif, ça ne fera que les rapprocher davantage.»

mai 5, 2008

Eckhart von Klaeden: le président et le prisonnier

070129_r15881_p465.jpg

Eckhart von Klaeden, le porte parole du groupe CDU-CSU au Bundestag, s'est exprimé dans un "Point de vue" publié dans l'International Herald Tribune. Il estime que le sort réservé par le Kremlin à Mikhaïl Khodorkovsky donnera une indication importante quant à la direction que Dmitri Medvedev entend faire prendre à la Russie. Selon von Klaeden, la Russie se doit de renforcer l'autorité de la loi, avec des juges et des procureurs indépendants puisqu'elle doit absolument encourager l'afflux des investissements étrangers afin de stabiliser son économie. Le discours de Medvedev à Krasnoyarsk, dans lequel il a évoqué la lutte contre le "nihilisme légal", donne des motifs d'espoir. Ce dont la Russie a besoin, c'est d'une rupture complète avec le système Poutine, souligne von Klaeden.

Dmitri Medvedev, du nouveau dans la continuité?

PutinenMedvedevTJ%5B1%5D.jpg

Alors que Dmitri Medvededv, juriste peu expérimenté en politique étrangère,
s'apprête à fêter son accession officielle au pouvoir le 7 Mai, les
observateurs, diplomates et analystes se demandent s'il "maintiendra le cap fixé
par son prédécesseur Vladimir Poutine ". L'Express.fr reprenait le 4
mai une dépêche de l'agence Reuters qui souligne que "Medvedev reste un mystère
dès qu'il s'agit de relations internationales".

Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker, l'un des rares dirigeants étrangers à l'avoir longuement rencontré depuis son élection à la présidence le 2 mars, décrit Medvedev comme "intelligent, avec une excellente maîtrise des dossiers et un bon sens de l'humour", dans des remarques écrites adressées à Reuters. S'il projette, à 42 ans, une image "à l'occidentale", rien ne la justifie encore en pratique, estime pourtant Nikolaï Zlobine, de l'institut de la sécurité mondiale à Washington. "Je suis pessimiste. Je n'aime pas la façon dont les médias russes et le Kremlin s'efforcent de dépeindre Medvedev comme un type moderne à l'occidentale. Parce que je ne vois toujours pas ça", explique-t-il. La Russie ne montrera un visage plus amical envers les investisseurs étrangers ou ses voisins que lorsqu'elle sera confrontée à un ralentissement économique, dont elle est pour l'instant préservée par ses gigantesques recettes tirées du gaz et du pétrole, prédit cet analyste.Medvedev n'en a pas moins annoncé que ses premiers voyages à l'étranger après son accession à la présidence le conduiraient au Kazakhstan et en Chine, ce qui est un geste chargé de sens aux yeux de Fiodor Loukianov, rédacteur en chef du magazine Russia in Global Affairs."Peut-être que dans cinq ou sept ans, la Russie se posera une question importante: comment garder la parité politique avec la Chine. D'un point de vue économique, c'est assez clair, nous sommes loin derrière", souligne-t-il.Loukianov ne prévoit aucun changement de fond, au-delà d'un climat plus positif, envers les Etats-Unis ou l'Europe, sur lesquels Poutine a menacé de pointer des missiles si Washington persiste dans son projet de bouclier."Etant donné la popularité de la politique de Poutine, aucun responsable, dans aucun pays, ne serait assez fou pour en changer", déclare-t-il.

mai 4, 2008

Concert pour les libertés publiques à Berlin.

L'association Arts pour les libertés publiques, présidée par Kenneth Weissberg, avocat international, a organisé lundi 21 Avril 2008 un second concert six mois après celui de Paris. Autour d' Aurélien Pontier, Tatiana Vassilieva, Alissa Margulis et Alexandra Grot, ont joué Haydn, Prokofiev, Brahms et Tchaikovski afin de rappeler les provocations perpétrées par les pouvoirs publics russes contre les libertés fondamentales.

IMG_0963.JPG De gauche à droite: Aurélien Pontier, Tatiana Vassilieva, Alissa Margulis, Alexandra Grot.

La soirée a été ponctuée par les discours de Gunter Nooke, secrétaire aux droits de l'Homme dans le gouvernement fédéral allemand qui a déclaré que : " L' Allemagne se réjouissait des déclarations apaisantes du futur président Medevedev qui souhaite en finir avec le nihilisme juridique dans lequel la Russie se complait". Cependant, Nooke a précisé que "tant que des personnes comme Mikhail Khodorkovski, Platon Lebedev et Vassili Alexanian, ainsi que beaucoup d'autres prisonniers politiques, resteraient emprisonnés, il fallait veiller à ce que les mots de Medevedev ne restent pas de vaines paroles". "C'est pourquoi la chancelière Merkel soutient Dimitri Medevedev pour atteindre ces objectifs, notamment quant à l'application de la règle de droit en Russie."


nooke.JPG
Gunter Nooke

Puis, Grigori Pasko, journaliste et ancien prisonnier politique a cité une célèbre expression russe: " Seule l'indifférence est à craindre car elle s'accommode de n'importe quelle horreur". Il a exprimé sa gratitude envers ceux qui se sentent concernés par les horribles crimes qui sont perpétrés en Russie aujourd'hui.

paskoberlin.JPG Grigori Pasko



avril 30, 2008

Les Européens affaiblissent eux-mêmes leur projet de gazoduc

BlairBrownBlairSteveBellEU2004.jpg

Dans un article publié dans la Rubrique BreakingViews.com du Monde daté du 2 mai, Pierre Briançon commente le refus de Romano Prodi de présider le gazoduc South Stream. Il remarque ironiquement que la tentative de recruter M. Prodi peut être comprise

comme le signe que M. Poutine prend Nabucco au sérieux. Si c'est le cas, il y croit plus que les Européens eux-mêmes.
Selon Briançon
le gazoduc de l'Union est marqué par la désunion - et manque de gaz. Indépendamment même de l'Allemagne et de l'Italie, ses membres actuels se chamaillent et ne parviennent pas à s'entendre sur sa composition.
Gaz de France vient ainsi de se voir refuser de rejoindre Nabucco en raison de l'opposition de la Turquie, contrariée par la loi française assimilant le massacre des Arméniens de 1915 à un génocide. Ce faisant Nabucco s'est privé à la fois d'un investisseur et d'un client.
Plus grave encore, le projet de Nabucco n'a aucun sens économique sans le gaz iranien - ce que les sanctions américaines et européennes contre l'Iran empêchent d'envisager pour le moment. M. Poutine n'avait même pas besoin de M. Prodi pour affaiblir Nabucco : les Européens s'y emploient très bien eux-mêmes.

avril 29, 2008

Romano Prodi refuse de suivre les pas de Schröder: il refuse l'offre de Gazprom

Russia%2520Ukraine%252001_1.gifThe New York Times rapporte aujourd’hui 29 Avril que l'ancien Président du Conseil italien, Romano Prodi, a refusé l'offre de Gazprom de prendre la tête du projet SouthStream. L'ancien chancelier allemand Schröder avait lui eu moins de scrupules en acceptant l'offre de diriger le projet NorthStream, concurrent du projet européen Nabucco. Schröder est il est vrai, depuis, sévèrement critiqué dans son pays et dans la plupart des pays occidentaux. La tentative de Gazprom d’attirer Romano Prodi montre néanmoins la détermination de cette compagnie de continuer à tenter de séduire les anciens responsables européens afin d'accroître encore son influence politique.

A propos de ce blogue

Glucksmann dans Le Monde

Categories

Powered by Movable Type 3.31
Hosted by LivingDot