Le quotidien Le Monde publie aujourd'hui un article reprenant des éléments d'une interview accordée le week-end dernier par l'ancien patron de Ioukos aux media américain et allemand Newsweek et Die Welt. "Reconnaître la culpabilité dans les crimes inexistants est inacceptable pour moi", explique -t-il notamment dans cet un entretien.h_9_ill_651317_russia-yukos-trial-khodo-24.jpg

Début juillet, Dmitri Medvedev, avait déclaré que Mikhaïl Khodorkovski ne serait pas gracié s'il ne reconnaissait pas sa culpabilité : "cette procédure doit être menée telle que définie par les lois de notre pays (...). La personne en question doit s'adresser au président, reconnaître sa culpabilité et faire une demande pour qu'une telle décision soit prise en compte", avait déclaré M. Medvedev dans un entretien à des médias italiens.  

Selon une dépêche de l'AFP datée d'hier la chancelière allemande Angela Merkel a demandé jeudi au président russe Dmitri Medvedev de faire respecter les droits de l'Homme, à la veille d'une rencontre sur la mer Noire. Les meurtres d'une militante des droits de l'Homme cette semaine en Tchétchénie et de son mari sont "absolument inacceptables", a déclaré Mme Merkel dans une interview diffusée par l a radio publique Deutschlandradio Kultur.
 
ALeqM5gVDMKCg0d8PEq8a2A-A35SKBL0kA.jpgInterrogée sur l'attachement du président russe aux droits de l'Homme, elle a répondu: "Je veux croire que ce sujet lui tient à coeur. Mais il faut passer aux actes".
Mme Merkel doit avoir des entretiens de quelques heures vendredi avec le président russe dans sa résidence d'été à Sotchi, sur la mer Noire.

Romandie News a repris hier 4 août une dépêche d'AFP annonçant que le juge russe Valery Moussine a démissionné de la Cour européenne des droits de l'Homme après avoir été nommé membre du directoire de Gazprom, par crainte d'un "conflit d'intérêt" dans l'affaire Ioukos. Selon un porte-parole de la Cour le juge, qui faisait partie de la commission ad hoc chargée d'examiner la plainte contre Moscou de l'ancien groupe pétrolier Ioukos, dont Gazprom a repris plusieurs actifs, s'est récusé à la suite d'une demande de la Cour européenne qui craignait un "conflit d'intérêt".

 

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M. Moussine a été élu membre du directoire de Gazprom le 26 juin, lors de l'assemblée générale des actionnaires. Son retrait de la Cour européenne pourrait encore retarder l'examen de la plainte de Ioukos qui a été introduite il y a cinq ans à Strasbourg, selon le porte-parole.

Voici la nouvelle Lettre Mensuelle des avocats de Mikhaïl Khodorkovski et Platon Lebedev. Pendant la torpeur de l'été, la mascarade continue au procès des anciens dirigeants de Ioukos, tandis que l'actualité russe continue de ne pas suffisamment alerter l'opinion internationale.
 
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Avec ses assez hauts: la visite à Moscou de Barak Obama et son intérêt, exprimé dans une interview écrite, pour le cas de Mikhaïl Khodorkovski, "qui semble jugé deux fois pour les mêmes faits", et pour le respect des droits de l'homme en général en Russie. Et ses très bas: l'assassinat épouvantable de Natalya Estemirova, quelques jours plus tard, qui illustre une fois de plus le peu de respect, pour dire le moins, pour les droits de l'homme dans ce pays.

L'agence RIA Novosti rapporte aujourd'hui 29 juillet après le quotidien Kommersant que la Cour européenne des droits de l'homme de Strasbourg a proposé au juge Valeri Moussine, qui participe à l'examen de la plainte de Ioukos contre le gouvernement russe, de se déporter, autrement dit de se récuser. Strasbourg estime que la nomination de M. Moussine au poste de membre indépendant du directoire de Gazprom fait douter de la possibilité pour lui de participer à l'examen de l'affaire Ioukos, car cela pourrait entraîner un "conflit d'intérêts".

media_xl_955027.jpgGazprom contrôle plusieurs anciens actifs de Ioukos qui ont été vendus après la faillite de cette compagnie, rappelle le journal. Valeri Moussine doit donner sa réponse avant le 1er août. S'il devait se récuser, le président Dmitri Medvedev devrait trouver un autre candidat au poste de juge pour l'affaire Ioukos 

Courrier International reprenait hier 22 juillet une interview au Financial Times de l'ancien Premier ministre russe Mikhaïl Kassianov (2000-2004), qui a renforcé la thèse du procès politique. Kassianov a rapporté les déclarations que lui aurait faites en privé Vladimir Poutine en 2003. Le président d'alors expliquait les raisons des poursuites engagées contre le patron de Ioukos : il reprochait à Khodorkovski d'avoir financé sans son autorisation le Parti communiste de Russie, la principale force d'opposition, alors que les élections législatives approchaient. Kassianov avait déjà rapporté cette confidence dans le cadre du premier procès Ioukos.

 kasyanov072009.jpgLe 30 juin dernier, son témoignage a aussi été transmis à la Cour européenne des droits de l'homme, qui a récemment déclaré recevable l'action intentée par Khodorkovski contre les autorités russes. Le Parti communiste nie avoir reçu des financements de Ioukos, rapporte Vedomosti. Mais le journal financier moscovite rappelle que plusieurs hauts cadres de Ioukos ont été élus à la Douma en 2003 sur des listes communistes.

Dans l'édition du quotidien Le Monde datée du 23 juillet André Glucksmann, le philosophe et essayiste, rappelle que nul ne devrait être surpris par les meurtres sauvages des représentants des droit de l'homme russes en Tchétchénie. Il dénonce la faiblesse des réactions des diplomates, des chancelleries et des ministres des affaires étrangères occidentaux qui, par leur volonté de ne pas mettre en péril le "business as usual" valident par défaut les choix inacceptables des dirigeants du Kremlin. Dans ce texte très fort et d'une grande virulence contre Kadyrov, mais aussi Poutine, et d'une grande ironie concernant Medvedev et le comportement des démocraties occidentales, Glucksmann rend hommage à Natacha Estemirova, nouvelle martyre de la vérité, abattue pour les mêmes motifs que la journaliste Anna Politkovskaïa: la recherche de la vérité et l'exigence de la justice.
 
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Vous savez tout. Depuis longtemps. Il n'y a aucun mystère. Natalia Estemirova a été supprimée parce qu'elle combattait le mensonge et l'obscurité d'Etat, parce qu'elle parlait trop, parce qu'elle enquêtait trop précisément, parce qu'elle mettait en cause les commanditaires des crimes quotidiens en Tchétchénie, le dictateur Kadyrov, les services secrets de l'armée russe, les diverses mafias lâchées la bride sur le cou, et leurs patrons au Kremlin.

Le quotidien Le Monde rapporte dans l'article datée du 16 juillet sur le meurtre de Natalia Estemirova, la journaliste de formation et militante des droits de l'Homme. Arrivée lors de la seconde guerre de Tchétchénie (1999-2000), elle n'avait cessé, depuis, d'enquêter sur les abus et violations des droits de l'homme et sur les conditions des femmes, victimes de meurtres commis en toute impunité.

estemirova071609.jpgTout le monde savait qu'elle était menacée, elle la première." Pour Anne Le Huérou, chargée de mission à la Fédération internationale des droits de l'homme, comme pour la plupart des connaisseurs de la situation en Tchétchénie, le meurtre, mercredi 15 juillet, de Natalia Estemirova n'est pas une surprise.

Fabrice Nodé-Langlois, le correspondant du quotidien le Figaro à Moscou, évoque aujourd'hui 8 juillet la rencontre hier entre le président américain Barack Obama et les défenseurs des droits de l'homme russes, réunis pour un forum à l'hôtel Métropole.  Elena Loukianova, une des avocats de Mikhaïl Khodorkovski, l'ancien patron du groupe pétrolier Ioukos, incarcéré depuis près de six ans, était aussi du petit cercle. mikhail-khodorkovsky.jpg

Le programme n'a cessé d'évoluer jusqu'au dernier moment, mais, finalement, Barack Obama a bien rencontré hier des défenseurs des droits de l'homme réunis pour un forum à l'hôtel Métropole, et, à quelques centaines de pas, des opposants, à l'hôtel Ritz Carlton où résidait le président américain. Et sans être accompagné de Dmitri Medvedev, ce qui aurait rendu l'échange plus formel, comme le craignaient les adversaires du régime.

Dans l'édition d'hier du Figaro le journaliste Fabrice Nodé-Langlois analyse le conflit entre les gestes de détente du président Medvedev qui dans son discours d'investiture plaida pour le respect «des droits de l'homme et des libertés», et un recul persistant des libertés en Russie. Sans même parler des exactions qui se poursuivent dans le Caucase russe sur fond de résurgence du terrorisme, la justice reste aux ordres comme vient de le pointer un rapport du Conseil de l'Europe. Affaire emblématique entre toutes, celle de l'ex-magnat du pétrole Mikhaïl Khodorkovski condamné en 2005 à huit ans de travaux forcés pour fraude fiscale.
 
medved070509.jpgIls sont nombreux à avoir fait, dernièrement, le voyage de Washington. Lioudmila Alexeïeva, la doyenne des militants russes des droits de l'homme, Alexandre Verkhovsky, le directeur du centre Sova qui recense les crimes racistes en Russie, ou encore Vladimir Rijkov, ex-député de l'opposition libérale apprécié des chancelleries occidentales.